Rechercher sur AFDS :
Disparitions
Ecouter l'Emission
Contacter L'Auteur
La cote
Les Infos
Ecriture: septembre 2004
Mise en ligne: octobre 2004
Mise à jour: 26 janvier 2007
impression 0 réaction
Share |
La Fiche Série
Titre Original :
(Steven Spielberg Presents) Taken
Durée :
10 épisodes de 120 minutes, soit 1 mini-série
Pays d'origine :
Chaîne de 1ère diffusion :
Période(s) de diffusion :
Du 2 décembre 2002 au 13 décembre 2002
Genre :
Science-Fiction
Créé par :
Steven Spielberg
Produit par :
DreamWorks SKG Televission
Avec :
Joel Gretsch , Dakota Fanning , Steve Burton , Tina Holmes , Ryan Hurst , Chad Donella , James N. Kirk , Eric Close , Desmond Harrington , Chad Morgan , Heather Donahue , Willie Garson , Anton Yelchin

Introduction

Présentée comme le plus grand évènement de l’histoire de la télévision (D’après les dires du site http://www.scifi.com/), Taken est une mini-série   ambitieuse qui se veut rivale des plus grandes productions hollywoodiennes. La série fut récompensée par les awards les plus enviés, avec entre autre la récompense de la « meilleure mini série 2003 » à l’occasion du « Annual Golden Satellite Awards » et le prix de la « meilleure représentation télévisuelle » aux « Saturn Awards ».

Cependant, loin des avis que l’on peut retrouver ici et là sur les sites web, Taken laisse tout de même un arrière goût de trop ou de pas assez, caché tant bien que mal derrière des effets spéciaux et un casting impressionnant.

Mais les chiffres sont là et il n’est pas possible de les contester, la série est un succès commercial énorme comme le rappelle Guillaume Fraissard et Macha Séry : « avec six millions de téléspectateurs par épisode en moyenne et près de 40 % de parts d’audience, `Taken´, la série produite par Steven Spielberg, a été le programme le plus regardé de la chaîne câblée américaine Sci-Fi en 2002 ». (Fraissard Guillaume, Séry Macha, « Sci-fi, la chaîne qui croit aux extraterrestres », Le Monde de la Télévision, 29.11.03.)

Synopsis

Taken, ce sont 50 ans d’histoire et trois générations centrés autour de trois familles : les Keys, les Crawford et les Clarkes. Russel Keys, vétéran de la seconde guerre mondiale est hanté par les cauchemars de son enlèvement par des extraterrestres durant la guerre. Pour sa part, l’accident de Roswell transforme l’ambitieux capitaine de l’Air Force Owen Crowford en un machiavélique conspirateur dans l’ombre du gouvernement. Au même moment, la malheureuse Sally Clarke fait la connaissance d’un extraterrestre qui se trouve être le père de l’enfant qu’elle porte.

Les années passent et chacun d’entre-eux est affecté par les agissements des extraterrestres. Une machination qui culmine lors de la naissance de Allie Keys qui s’avère être le produit final de l’expérimentation des extraterrestres.

Les créateurs

La série est produite par la chaîne de télévision Sci-Fi. Elle est spécialisée, comme son nom l’indique, dans la diffusion de programmes touchant de près ou de loin à la science-fiction.

Sous le titre complet de la série « Steven Spielberg presents Taken », on reconnaît un grand nom du cinéma. Spielberg est connu pour avoir produit parmi les plus grands Blockbuster du cinéma Hollywoodien dont Jaws (Les Dent de la Mer), E.T., AI ou encore Jurassic Park.

Dans le cadre de Taken, Spielberg est, plus précisément, producteur   exécutif. Le rôle de Spielberg n’est donc pas seulement de donner son nom à la série mais aussi de superviser l’ensemble de la production et de donner son accord aux différents choix qui s’offrent aux réalisateurs tels que le maquillage, les lieux de tournage, les costumes, etc.

A ses côtés, également dans le rôle de producteur   exécutif, apparaissent Steve Beers et le scénariste de la série Les Bohem à qui l’on doit également des film relativement célèbre comme le « Pic de Dante » ou encore le cinquième épisode de la série « Freddy » (Nightmare on Elm Street). Principalement habitué du cinéma, Les Bohem travaille ici pour la première fois comme scénariste d’une série télévisée.

C’est ce trio qui va donc gérer et surtout donner le ton à la série tout entière dans la mesure où chacun des épisodes est tourné par un réalisateur différent. Il y en a donc dix :

  • Breck Eisner (épisode « Jacob and Jesse »)
  • Félix Enríquez Alcalá (épisode « Maintenance »)
  • John Fawcett (épisode « John »)
  • Tobe Hooper (épisode « Beyond the Sky »)
  • Jeremy Paul Kagan (épisode « God’s Equation »)
  • Michael Katleman (épisode « Taken »)
  • Sergio Mimica-Gezzan (épisode « High Hopes »)
  • Bryan Spicer (épisode « Acid Tests »)
  • Jeff Woolnough (épisode « Dropping the Dishes »)
  • Thomas J. Wright (épisode « Charlie and Lisa »)

Chacun d’entre-eux a déjà un pied et une connaissance des séries télévisés qui constituent leurs activités principales. Notons d’ailleurs la présence de Tobe Hopper, le réalisateur du célèbre « Massacre à la tronçonneuse » et de Sergio Mimica-Gezzan qui a principalement tourné pour le cinéma comme premier assistant réalisateur de Spielberg depuis « La Liste de Shindler ».

Acteurs et personnages

Le site officiel de Taken, hébergé par la chaine de télévision Sci-fi, a l’avantage de donner un arbre généalogique des personnages principaux (reproduit ci-contre). Un outil bien utile dans la cadre de cette série qui ne met pas en scène un seul héros, voire même un groupe de héros, mais bien trois familles qui se trouvent bien malgré elles impliquées dans cette histoire peu commune. Chacune de ces familles va être le porte flambeau d’une attitude ou d’un rôle particulier tout au long de la série.

1- La famille Keys

La plus restreinte de toutes, la famille Key comporte 6 membres. C’est par eux que commence le tout début de l’histoire. Le capitaine Russel Keys (Steve Burton) est le premier à se faire enlever par les extraterrestres. Il est alors en pleine guerre et à bord de son avion. La guerre achevée, il n’arrive pas à se remettre de cet enlèvement et supporte difficilement les crises et les cauchemards qui le hantent.

Lui et chacun des garçons de sa famille font l’objet d’enlèvements répétés tout au long des dix épisodes de Taken. Ils sont les victimes des Aliens. Tout au long de leur quête, chacun des garçons tentera de comprendre tant bien que mal la raison de leurs enlèvements.

Autre particularité, c’est l’évolution de chacun des membres masculins de la famille. Les deux premiers sont des héros de guerre : Russel durant la deuxième guerre mondiale, Jesse (Desmond Harrington) durant le Vietnam. Cependant, l’approche des personnages resserre cette image de la guerre pour la rendre de plus en plus intime. Ce qui était une guerre mondiale pour Russel devient une guerre personnelle pour Charlie (Adam Kaufman). Ce dernier n’est pas un vétéran comme son père et son grand père, mais il concentre en lui seul toute les interrogations et les souffrances dont ont souffert ses parents. Dernière de la lignée, Alie (Dakota Fanning) est le personnage clé par lequel nous est rapportée toute l’histoire.

2- La famille Clarke

Les Clarke composent la famille la plus nombreuse avec ses sept membres. Sally Clarke (Catherine Dent) est celle qui va faire basculer tout l’avenir de ses enfants lorsqu’elle rencontre John, un extraterrestre qui la séduit et avec lequel elle a un enfant : Jacob (Anton Yelchin). Enfant illégitime, Jacob est le petit protégé de Tom (Ryan Hurst) et Becky (Chad Morgan). Tom devient d’ailleurs très vite un personnage pivot par tout l’acharnement dont il va faire preuve pour se venger du Capitaine Owen Crawford. Ce dernier, issu de la troisième famille va en effet faire usage de ses charmes surfabriqué (« You’re the sun and the moon to me. The sun and the moon. », soit : Tu es le soleil et la lune pour moi. Le soleil et la lune.) pour séduire Sally Clarke et enlevé le jeune Jacob. Une erreur qui le marquera à vie.

Les Clarke sont donc la parfaite famille américaine qui défend les droits de son pays. De cette manière, Tom, le seul personnage qui apparaît dans tous les épisodes de la série sans exception, devient une sorte d’écrivain journaliste qui défend le droit à l’information du peuple américain. Usant de stratagèmes divers, il est aussi l’ange gardien de Jacob et de la fille de Jacob, Lisa (Emily Bergl) qui s’avère elle aussi être une des clés de l’aventure en tant que mère d’Alie (Dakota Fanning).

3- La famille Crawford

Enfin, la famille Crawford pourrait être considéré comme le clan des méchants. Owen Crawford (Joel Gretsch) est un homme sans scrupule qui n’hésite pas à tuer à plusieurs reprises pour assouvir sa soif de pouvoir. C’est aussi par lui que la famille se retrouve, volontairement cette fois, mêlée aux extraterrestres. Les Crawford incarnent le mal commis par les humains qui ne s’avère finalement pas différent de celui fait par les extraterrestres. Le clan Crawford ne cessera de pourchasser les Clarke et les Keys allant jusqu’à torturer et assassiner des membres de ces deux familles.

Une soif de pouvoir que rien n’arrête, pas même les générations. Mary Crawford (Heather Donahue), dernière représentante et petite fille de Owen, personnage caricatural à outrance incarnant plus que jamais tout les défauts de son grand-père. Sam (Ryan Merriman), le seul à se différencier de cette ligne de conduite, perd la vie en s’opposant à son frère.

Analyse et critique

A première vue, la série semble très accrocheuse. « 50 ans de l’histoire des Etats-Unis, 3 familles, 3 générations », le tout mêlé d’aliens et de fantastique. On revoit avec nostalgie les années d’or des Etats-Unis. Chaque objet fait plaisir à voir, de la vieille voiture aux anciens poste de radios. C’est dire qu’un tel respect de l’époque ne peut que faire plaisir. Plus encore, la découverte des personnages, bien que ceux-ci s’avèrent fortement stéréotypés, est assez plaisante. D’autant que la mise en place de chaque famille s’alterne en rythme et se développe relativement rapidement, ce qui ne laisse pas trop de place à l’ennui.

L’équipe de Spielberg développe par ailleurs une histoire post-Roswell des Etats-Unis qui se savoure si l’on possède les connaissances nécessaires. A titre d’exemple, le site IMDB rapporte que dans « High Hopes », le troisème épisode, Owen Crawford examines la photo d’un couple marié non identifié enlevé par les aliens. La photo représente le véritable couple Betty et Barney Hill, qui devinrent célèbres au début des années 70 quand des séances d’hypnose révélèrent prétendument qu’il avait bien été enlevé par des aliens.

Mais très vite la première déception s’installe, ces cinquante années sont en réalité compressées en plus ou moins 5 épisodes. Les 5 derniers sont consacrés à notre époque et aux nombreuses aventures que doivent très longuement traverser la vie des héros de l’histoire. Cette saga qui nous faisait au départ découvrir sans cesse de nouveaux personnages et cette évolution dans les décors reconstitués prend subitement fin pour se concentrer uniquement sur de petites péripéties concentré autours de quelques personnages tirant le récit en longueur plus qu’il n’en est supportable.

C’est alors que les stéréotypes évoqués précédemment prennent tout leur sens. Jusque là, on pouvait encore accepter la mère au grand cœur battue par son affreux mari ou le mignon petit garçon sans cesse agressé par les extraterrestres, etc... (Une longue liste ne reprenant que les stéréotypes des seuls deux premiers épisodes est disponible dans un article en anglais disponible ici).

Cependant, dès l’épisode 6, la stagnation commence à faire ressentir la lourdeur de nombreux stéréotypes tant ils ne permettent aucune évolution réelle des personnages. Une impression qui se confirme dans l’épisode 7, centré presque uniquement autour d’une prise d’otage d’un groupe de psychothérapie. Le scénariste, visiblement à cours d’idées, allonge la sauce avec des scènes qui semblent durer une éternité, contrastant avec ce que l’on a vu auparavant.

Dès cette deuxième partie, chacune des familles se doit donc d’assumer un rôle bien défini que rien ne viendra plus bousculer. Ainsi, les Crawford se confirment dans leur rôles de « méchants-prêts-à-tout-pour-le-pouvoir » alors que les Clarke représentent plus que jamais la petite famille américaine modèle où chacun des membres s’unit pour combattre l’agresseur.

La bonne morale est omniprésente. C’est du Spielberg me direz-vous, c’est normal. Et je ne peux qu’acquiescer... Mais quand même... Faut-il vraiment nous faire la morale même quand ce n’est pas nécessaire. Le stratagème utilisé dans Taken est loin d’être finement dissimulé. Une voix off, en l’occurrence celle de Alie, ponctue chacun des épisodes par de petites phrases apportant une dimension pseudo philosophique à l’histoire. Ces discours ne font finalement qu’alourdir un récit qui s’avère déjà peu efficace dès la moitié de la série.

Mais, comme on parle de morale, celle de la série elle-même ne prête-t-elle pas à confusion ? L’intrigue se base sur une expérience des extraterrestres visant à créer une race pure et forte. C’est de cette façon que les famille Clarke et Kleys ont été choisies... Les américains seraient-ils de facto une race supérieure ? Ainsi, la série se centre uniquement sur les américains enlevé sans jamais se soucier du reste du monde. Il semblerait dès lors que seuls les américains soient victimes de tels enlèvements.

En conclusion, Taken est à la croisée des chemins entre « E.T. », les « Rencontre du Troisième Type » et « Signes ». Un scénario plein de bonnes intentions mais surtout très lourd et moralisateur. Il est dommage qu’une série d’un tel standing puisse souffrir de tels défauts.

A voir pour votre culture... Si vous en avez le courage !

Ce dossier ne peut être vendu, copié, publié, édité sans l'autorisation écrite de ses auteurs. L'émission "Aux Frontières des Séries" est © AFDS.tv/Kprod.be. Toute copie partielle ou totale de l'émission est interdite. Les "Dossiers" d'AFDS.tv étant uniquement informatifs, les quelques reproductions et les génériques qui les agrémentent ne sont là qu'à titre illustratif. Ils sont © par les studios.
Site réalisé avec SPIP par Silenis pour Kprod
© 1997-2010 afds.tv - Kprod.be - Tous droits réservés
Creative Commons