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Steven Bochco
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Ecriture: 3 septembre 2010
Mise en ligne: 3 septembre 2010
Mise à jour:
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Si vous détestez les séries, si vous pensez que tout ce qui s’affiche sur le petit écran est de la sous-culture, si vous méprisez allègrement starlettes, jeunes premiers, vieux flics, sous-scénaristes et producteurs de facilité. Même à ce point, vous ne pouvez pas ne pas reconnaître le travail, le talent, les œuvres de Steven Bochco.

New York Police d’Etat apparaît en 1993. Le succès est immédiat. La série est réaliste, certains parlent de description quasi documentaire. Elle dépeint la vie d’un commissariat de New York. Fini, les flics violents, à la gachette facile, les beaux gosses, Bochco met en scène un groupe d’enquêteurs qui n’a rien d’extraordinaire. Choc technique également que cette série. Elle est tournée en caméra à l’épaule ou avec des steady cam. Le montage est rapide. Le téléspectateur est dans le vif de l’action.

Bochco réussit même à nous faire aimer un anti-héros. Andy Sipowicz, un flic alcoolique, violent, raciste, relativement vieux et pas nécessairement beau. Le téléspectateur vit sa descente aux enfers, sa sortie de la dépendance, ses bonheurs, mais surtout ses malheurs et ses deuils successifs. Sipowicz est devenu l’un des personnages les plus attachants de la télévision.

Mais Bochco n’est pas que le créateur de ce seul chef d’œuvre. Nous l’avons déjà plusieurs fois souligné, l’Europe n’a commencé à s’intéresser réellement aux séries que depuis le milieu des années 90, mais le genre existait déjà depuis 50 ans. Bocho est l’homme qui a secoué le milieu du polar et de la drama   dans les années 80. Steven Bochco et Michael Kozoll rencontrent les représentants de NBC  . Ils veulent écrire une série qui se déroule dans un grand hôtel. Mais Fred Silverman veut un policier qui mette en scène la vie personnelle des flics. Les deux scénaristes acceptent à condition d’avoir carte blanche. Hill Street Blues/Capitaine Furillo est sur les rails. Ce ne sont pas un ou deux, mais un groupe de flics que le téléspectateur voit évoluer dans leurs vies privées et professionnelles. Plusieurs histoires se développent et se croisent, le procédé deviendra la marque de fabrique de Bochco. Il sera congédié par TMT pour dépassement de budget et la série continuera avec David Milch et Jeffrey Lewis aux commandes.

Bochco excelle dans l’art du polar. Ce sont généralement ses séries les plus connues : New York Police d’Etat, Hill Street Blues, Brooklyn South. Mais il y a aussi Hooperman (1987) -l’histoire d’un flic qui hérite d’un immeuble et qui mène de front son travail et la conciergerie- Cop Rock (1990) -une série qui mêlent drama   et comédie musicale- ou Public Morals (1996) -une comédie qui se déroule dans un commissariat et qui n’est pas ce qu’il a fait de mieux quand on lit les critiques-.

Il a également fleurté du côté du judiciaire avec la Loi de Los Angeles ou Murder One, encore des séries d’exception. Pour La Loi de Los Angeles (1986), l’intrigue, cette fois encore, s’attarde sur tous les avocats du cabinet et non un seul. Bochco entremêle vies privées et vies professionnelles. Il a également su s’entourer : David Kelley collabore sur cette série. Ce ne sera pas la dernière de leurs collaborations. Murder One (1995) est un exercice de style. Tout le long de la saison  , la série nous montre l’évolution d’un seul et même procès, celui d’un serial   killer. Le groupe mis en scène est un peu différent. Il ne s’agit pas de montrer des collègues, mais bien de passer en revue toutes les personnes qui de près ou de loin sont concernées par le procès : victime, policiers, avocats, journalistes, etc.

Au milieu de toutes les autres séries créés par Bochco citons encore Docteur Doogie (1989), la vie de cet étudiant surdoué qui doit mener de front son métier de médecin et son adolescence. Une série souvent drôle et qui, avant Angela, 15 ans, dépeint les sentiments contradictoires de l’adolescence. City of Angels, lancée en 2000, reprendra le milieu hospitalier mais sur le ton d’une drama  . Particularité : les acteurs sont tous noirs ainsi que 70% de l’équipe de production.

Qu’ajouter sur Steven Bochco... Qu’il a osé mettre à l’antenne des séries a priori difficiles, mais tellement délicates et talentueuses. C’est probablement parce qu’il a toujours exigé d’être libre de faire ce qu’il voulait. Même afficher les fesses de Bobby Simone en plein prime-time  , une révolution sur un Network  , même si c’est courant sur HBO   !

Qu’ajouter ? Rien. Seules ses œuvres parlent très bien de lui.

Si vraiment, vraiment vous détestez les séries télévisées, regardez un épisode signé Steven Bochco.

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