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MIF: 1.01 Urgence Disparitions, C’est L’Amérique!

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Salut, auditeur! Je te l’avais promis, je suis de retour! Non pas pour te jouer un mauvais tour, mais bien pour te faire voyager à nouveau! Après avoir exploré les vastes plaines australiennes recouvertes de Spinifex, je t’emmène encore plus loin! Oui, tout là-­bas au nord… Non, non pas au Groenland! Au nord… de la Belgique!

Bienvenue en Flandre! Laisse-moi te guider dans cette terre hostile: là où les politiciens sont tous de vilains fachos, où la moindre phrase en néerlandais te rappelle un raclement de gorge de Christophe Maé et surtout, là où la Mer du Nord est perçue comme un gage de qualité, de par sa jolie couleur émeraude.

Pour commencer cette aventure titanesque, nous allons entamer Vermist ou Urgences Disparitions en français. Oui… Urgence Disparitions, on ne peut pas dire que ce soit un titre très accrocheur. Et malheureusement, son doublage en version française est tout aussi pourri.

Créée en 2008 par Bas Adriaensen et Philippe De Schepper, la série Vermist est en fait le prolongement du film de Jan Verheyen, du même nom, sorti en 2007. Il raconte le quotidien d’hommes et femmes travaillant à la Cellule des personnes disparues de la Police Fédérale Belge. Au total 5 saisons, qui rencontreront un succès assez commercial en Flandre. Cela représentait tout de même 20 % de parts de marché lors de sa diffusion en 2008 sur VT4.

Cette chaîne privée, qui appartient à SBS Belgique, est connue pour intégrer de nombreuses séries américaines dans sa programmation. Et cela se ressent particulièrement lorsque l’on regarde Vermist. La série a également été diffusée au Québec et en France sur W9 et M6. Son succès grandissant lui a permis d’être nominée 7 fois, ce qui n’est pas rien, au Monte Carlo Tv Festival en 2012 et 2013.

Niveau casting, les acteurs choisis ont pour la plupart très peu d’expérience. Mais, on constate que beaucoup d’entre eux deviendront par la suite très connus! Prenons l’exemple de Koen De Bauw, à l’affiche un an plus tard de l’énorme succès d’Erik Van Looy “Lost”, avec entre autre Matthias Schoenaerts que l’on a pu voir dans “Rundskop” (Tête De Boeuf), “De Rouille Et D’Os” de Jacques Audiard et récemment “The Drop”. Un remake américain sortira d’ailleurs le 14 octobre et sera présenté au Film Fest de Gand.

On retrouve également dans un épisode Stef Aerts et Rick Verheye en tant que meilleurs amis, un duo qui fonctionne tellement bien qu’on a pu retrouver les deux compères en 2010 dans “Adem” de Hans Van Nuffel. Vermist, comme de nombreuses séries flamandes, fait donc figure de tremplin pour de nombreux acteurs belges néerlandophones.

Mais… parce qu’il y a un mais, au-­delà des bonnes critiques générales et de l’intérêt du public pour cette série, je n’arrive pas à y accrocher. Entendons-­nous bien, si vous aimez Les Experts, Les Experts: Miami,… vous adorerez sûrement ceux de Knokke­-Le-­Zoute. Il y a tout pour vous plaire! Des personnages clichés au possible: le comique, le sanguin, le boss aigri, la fragile et ce qui est encore plus énervant, c’est le traitement des personnages.

Constamment, à chaque épisode, on a droit à une révélation d’une subtilité égale au dernier clip de J­-Lo et Azealia Banks. Et ça se repère à des kilomètres, même pas besoin de mirador! Prenons un exemple concret: un des inspecteurs se lamente “Cet enfant est victime de harcèlement. Il me fait penser à quelqu’un que je connaissais. Chaque jour, il espérait pouvoir mettre un terme à tout ça”. Et là, une de ses collègues lui assène: “Je parie que ce garçon, c’était toi hein?”.

Et l’intrigue est réalisée sur le même mode opératoire! Le meilleur exemple pour illustrer ce manque d’ampleur est sans doute celui de l’épisode 4. Un couple et leur bébé sont sur le parking d’un supermarché. Sans même fouiller dans son sac, la femme se rend compte qu’elle a oublié sa carte de crédit. Elle repart au magasin, la récupère et lorsqu’elle revient, son mari a disparu, laissant son bébé dans le caddie. “Où est mon mari?” s’exclame-t-elle comme une abrutie. “Excusez­-moi” déclare une voix féminine, “je suis de la cellule disparition, j’ai entendu dire qu’il manquait quelqu’un…”. Plan sur la pauvre mère en larme, générique et c’est parti!

Moins d’une minute 30 pour placer l’intrigue, autant de temps que pour l’écrire sans aucun doute. Tout au long de l’épisode, on essaye de nous attirer sur une première piste, qui se révèle, sans exception, fausse et nous devrons attendre les dernières minutes pour avoir une résolution. Un schéma narratif qui se répète sans cesse. Nous sommes dans un véritable feuilleton télévisé, avec un montage dynamique, sur fond de musique de rap et de techno. Sortez les cerveaux, réchauffez les pop-corns.

Néanmoins, je dois bien reconnaître que la série a quelques atouts. Par moment, Vermist fait preuve d’un réalisme troublant qui prend aux tripes, ne serait-­ce que le temps d’une scène. Il faut dire que le tout est porté par des acteurs très bons! Et c’est là que le bât blesse, les acteurs sont très justes, mais leurs personnages sont trop figés. Les méchants sont vraiment méchants et les gentils très gentils! On retrouve ce manichéisme également dans le film “Ben X” de Nic Balthazar, un film très apprécié du grand public et qui a failli se retrouver dans les finalistes pour représenter la Belgique aux Oscars en 2008. Mais là, c’est beaucoup trop!

Au final, que retenir de Vermist/Urgence Disparition? Hé bien, c’est une tentative de concurrencer Les Experts, et plus généralement le style des séries policières américaines. Et il faut reconnaître que la tentative est plutôt réussie, même si elle est légèrement en dessous des standards US.

Cependant, mon manque d’affinité avec le style de la série en elle-­même ne me permet pas de l’apprécier. Amateurs de divertissements policiers, courrez donc voir Vermist, cela vous apportera un vent de fraîcheur. Les autres, passez votre chemin!

Salut, auditeur! Je te l'avais promis, je suis de retour! Non pas pour te jouer un mauvais tour, mais bien pour te faire voyager à nouveau! Après avoir exploré les vastes plaines australiennes recouvertes de Spinifex, je t'emmène encore plus loin! Oui, tout là-­bas au nord... Non, non pas au Groenland! Au nord... de la Belgique! Bienvenue en Flandre! Laisse-moi te guider dans cette terre hostile: là où les politiciens sont tous de vilains fachos, où la moindre phrase en néerlandais te rappelle un raclement de gorge de Christophe Maé et surtout, là où la Mer du…

En quelques mots...

Sébastien Porcu
Alexandre Marlier

Urgence Disparitions

Critique de l'auteur: Sébastien est de retour! Cette année, il vous embarque avec lui dans le grand nord... belge! Première escale, Vermist/Urgence Disparitions. Une série policière qui tente de calquer ses grandes soeurs américaines.

Note des auditeurs/lecteurs Soyez le premier ou la première !

À propos de Sébastien Porcu

En 2012, Sébastien Porcu est diplômé en journalisme à l'UCL. Fan de cinéma, il consacre son mémoire de fin d'études sur les drames sociaux belges en y comparant les approches francophones et flamandes. Sa venue dans AFDS va de paire avec son envie de partir en Australie. Une occasion de plus pour découvrir de nouvelles séries!

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