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MIF: 1.02 Matrioshki, Poupées Russes…

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Goeiedag auditeur! Bienvenue dans ce deuxième podcast de Made in Flandre!

Aujourd’hui on continue notre découverte des séries flamandes avec Matroejska’s ou Matrioshki le trafic de la honte créée par Marc Punt et Guy Goossens. La série est diffusée dès janvier 2005 en Belgique sur VTM et BeTV et connaîtra son heure de gloire en France un peu plus tard la même année.

Première constatation: la thématique principale a de quoi mettre mal à l’aise. Au menu: prostitution et trafic d’êtres humains. L’occasion pour les créateurs de nous proposer un voyage initiatique dans les tréfonds de l’âme humaine à travers 2 saisons de 10 épisodes.

En 2005, la série nous raconte comment des danseuses russes et lituaniennes se font piéger par une bande d’escrocs. Pensant partir dans une tournée européenne de danse, elle se retrouvent bien malgré elles à faire du strip­tease au 69, une boite anversoise. Au plus la série avance, au plus elle plonge ses protagonistes dans l’horreur et l’enfer de la prostitution.

Une série ambitieuse qui alterne des scènes entre la Russie, Chypre, les Pays­-Bas et bien entendu la Belgique. Un côté très international donc, accentué encore plus au cours de la deuxième saison en 2008, où les nouvelles recrues sont démarchées également en Thaïlande.

Son côté réaliste et froid lorgne parfois du côté du documentaire. Un détail qui n’a pas échappé à l’oeil vigilant d’Amnesty International qui a diffusé la série à titre pédagogique en Pologne et en Lituanie. Autant le dire tout de suite, la qualité est au rendez­-vous!

Matrioshki fait partie de ces séries dont vous n’attendez rien. Le début est cliché au possible: les filles qui passent le casting sont complètement stupides, sauf une qui prévient tout le monde, mais comme vous pouvez vous en doutez, elle finira violée et battue à mort dans une poubelle. Il faut dire aussi que les méchants sont tous hystériques, colériques et impatients, ça n’aide pas à la conversation.

A côté de cela, on a un journaliste belge qui essaye également de mettre les filles en garde et qui sera copieusement insulté. Puis, au fil des épisodes, Matrioshki parvient à vous alpaguer, vous intriguer, vous choquer et vous emporter complètement avec elle! Si l’on peut prévoir comment l’histoire va se dérouler, on est à mille lieues de penser qu’elle va se complexifier et s’enrichir autant au fil des épisodes.

Malgré quelques personnages clichés et horripilants, la série dépeint avec beaucoup de réalisme ses victimes et ses bourreaux. Grâce à des dialogues particulièrement soignés agrémentés de cynisme et de justesse, l’empathie nous gagne facilement. Si au début, le groupe des filles semble ne former qu’une seule et même personne, il va rapidement évoluer. La cohésion laisse place à la rivalité, les expectatives se muent en désillusions, l’amour fait place à la haine.

Heureusement, le schéma ne fonctionne pas que par dégradation. De nouvelles amitiés se créent, des perspectives d’avenir sont envisagées, l’espoir est palpable. Cette alternance de moments doux et amers fonctionne à merveille.

Un soin tout particulier a été apporté aux personnages. Par exemple, chaque fille a son vécu, son intrigue et des intentions qui changent en cours de route. Aucune d’elle n’est laissée de côté, elles sont toutes intégrées à la diégèse.

Attention, ici il n’est pas question de misérabilisme pour autant: on expose les batailles, victoires et défaites de tout le monde. Ce qu’il faut bien admettre, c’est que Matrioshki brille surtout par le traitement de ses personnages plutôt que par son scénario. On constate certaines lenteurs et moments inconsistants dont on se passerait volontiers.

Si certains retournements de situation sont bien ficelés, ce n’est pas le cas de tous. On peut également déplorer un petit manque de cohérence au cours de la narration. Certains personnages disparaissent pendant quelques épisodes et ne refont surface que de manière sporadique par après. C’est un peu dommage surtout lorsqu’on se rend compte qu’une fois l’intrigue d’un personnage terminé, on préfère le cacher plutôt que d’inventer une suite à cette dernière.

Objectivement, Matrioshki est un must dans le genre et mériterait d’être vue par tout le monde! Des acteurs au top, une réalisation soignée, une bande son très juste et des moments paroxystiques. Ce cocktail explosif de scènes chocs et anxiogènes ne fait qu’exposer la réalité au grand jour.

Une triste réalité qui voit 2,5 millions de personnes se faire exploiter à travers l’Europe chaque année. La prostitution demeure d’ailleurs majoritaire. Elle concerne plus de 2/3 des personnes touchées par la traite d’êtres humains. Matrioshki ouvre, quant à elle, le regard sur ce phénomène en y apportant plusieurs angles de vues: prostitution, travail forcé, trafic de drogues,… En bref, une bonne série à ne pas manquer!

Goeiedag auditeur! Bienvenue dans ce deuxième podcast de Made in Flandre! Aujourd'hui on continue notre découverte des séries flamandes avec Matroejska's ou Matrioshki le trafic de la honte créée par Marc Punt et Guy Goossens. La série est diffusée dès janvier 2005 en Belgique sur VTM et BeTV et connaîtra son heure de gloire en France un peu plus tard la même année. Première constatation: la thématique principale a de quoi mettre mal à l'aise. Au menu: prostitution et trafic d'êtres humains. L'occasion pour les créateurs de nous proposer un voyage initiatique dans les tréfonds de l'âme…

En quelques mots...

Sébastien Porcu

Matrioshki, Le Trafic De La Honte

Critique de l'auteur: Matriokshki, Le Trafic De La Honte, une série choc sur le trafic d'êtres humains qui prend aux tripes.

Note des auditeurs/lecteurs Soyez le premier ou la première !

À propos de Sébastien Porcu

En 2012, Sébastien Porcu est diplômé en journalisme à l'UCL. Fan de cinéma, il consacre son mémoire de fin d'études sur les drames sociaux belges en y comparant les approches francophones et flamandes. Sa venue dans AFDS va de paire avec son envie de partir en Australie. Une occasion de plus pour découvrir de nouvelles séries!

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