Accueil > Les Dossiers d'AFDS > Dossiers Séries > Mystères De L’Ouest (les)

Mystères De L’Ouest (les)

wildwildwestimage

The Wild Wild West a été créée par Michael Garrison. Ambitieux est le mot qui lui convient le mieux: il avait fait le pari d’offrir aux téléspectateurs tout ce qu’un film leur donne, mais dans un épisode de 50 minutes. Uniquement l’essentiel passait: action, mystère, suspense, érotisme et exotisme. Son pari a tenu 4 ans, du 17 septembre 1965 jusqu’à 1969. Quand Michael Garrison meurt le 17 avril 1966, Bruce Lansbury prend le relais à la création de la série.

C’est la chaîne CBS qui a programmé Les Mystères De L’Ouest. Dès le début, la série fait de bons scores d’audience malgré la concurrence acharnée que lui opposent les deux autres network américains. Les Mystères De L’Ouest est, en effet, programmée le vendredi à 20 heures face à Tarzan sur NBC et Le Frelon Vert sur ABC!

Quatre saisons durant, les téléspectateurs sont au rendez-vous. Même lors de la dernière saison, l’audimat ne baissera pas. Pourtant Ross Martin est souvent absent suite à une crise cardiaque (survenue pendant le tournage). Il sera remplacé successivement par Charles Aidman (Jeremy Pike), William Schallert (Frank Harper), Alan Hale (Ned Brown), John Williams (Nigel Scott). Mais la chaîne décide de supprimer la série en 1969.

1979, CBS produit un téléfilm sur la série: The Wild Wild West Revisited (Le Retour Des Mystères De l’Ouest). Son succès motive les producteurs a en financer un second: More Wild Wild West. Ils furent tous deux réalisées par Burt Kennedy. Sans la mort de Ross Martin, de nouveaux téléfilms auraient probablement été tournés par la suite.

En France, Les Mystères De L’Ouest débarque en avril 1967 sur la deuxième chaîne. Malheureusement les épisodes ne seront pas tous diffusés et ceux qui le furent n’étaient pas dans le bon ordre! Il faudra attendre les années ’80 pour avoir une diffusion intégrale des quatre saisons. Un des deux téléfilms fut diffusé sur Antenne 2.

Le succès fut aussi au rendez-vous en France. Le doublage, excellent, dont a bénéficié la série n’est probablement pas étranger à cet engouement. C’est assez rare pour le signaler. Robert Conrad (James West) a la voix de Jacques Thébault, Ross Martin (Artémus Gordon) celle de Roger Rudel et Michaël Dunn (Docteur Miguelito Loveless) a les intonations de Pierre Trabaud.

Les personnages et leurs acteurs

James West: Robert Conrad tient le rôle de James West. Né le premier mars 1935 à Chicago, c’est pour son charme, ses qualités physiques et sa capacité à exécuter lui-même les cascades qu’il a été choisi. Dans sa jeunesse, Conrad avait été champion de boxe, ce qui explique probablement ses qualités physiques. Des blessures l’ont empêché de continuer sa carrière, il s’est donc tourné vers Hollywood où il a décroché plusieurs petits rôles.

1959, il est le détective de Hawaiian Eye. Sa carrière est véritablement lancée avec Les Mystères De L’Ouest. Après, il tournera encore dans The D.A., L’Homme De Vienne et surtout dans Les Têtes Brûlées. Il est aussi apparu dans Mannix (“The Playground” en ’69), Mission: Impossible (“Combats” en ’68, “Killer” en ’70 et “Billard Electrique” en ’72) et Columbo (“Exercice Fatal”). Il a tenu quelques rôles pour le cinéma et des téléfilms, mais ses apparitions étaient sans grande envergure. Notons quand même qu”il a joué dans Cinquième Missile avec David Soul (de Strasky & Hutch).

Il est le type même du héros moderne invincible, à l’esprit sain dans un corps sain! Il est doté d’une force peu ordinaire et est passé maître dans les arts martiaux. Il possède des qualités proches de celles des félins: puissance, souplesse, robustesse, rapidité, réflexes,… D’une intelligence remarquable, il sait aussi tirer partie du décor et des particularités de la nature lors d’un combat.

Il est proche d’un autre super héros: James Bond. Ils ont d’ailleurs le même prénom et se présentent de la même façon: “Mon nom est West, James West”. Leur comportement est similaire, jusque dans leurs goûts pour les jolies femmes. Une différence de taille s’est pourtant glissée entre les deux: West est accompagné d’Artemus Gordon.

Artemus Gordon: Ross Martin a d’abord fait des études de commerce et de gestion avant de se lancer en radio puis à Broadway. Il fut invité dans plusieurs séries (La Quatrième Dimension, Bonanza, L’Homme De Fer et Columbo) avant de signer pour le rôle d’Artemus Gordon. C’est le seul personnage important qu’il ait joué. Il s’est d’ailleurs beaucoup investi dans les scénarios, les costumes,… Il jouera quelques petits rôles pour le cinéma, mais rien d’important. Il meurt le 3 juillet 1981 d’une crise cardiaque.

Artemus Gordon est un scientifique doué. Il possède d’ailleurs un laboratoire personnel dans le train qui sert de maison aux deux héros. Il est passé expert dans l’art du grimage. Il fabrique lui-même ses postiches et ses déguisements qu’il allie à ses dons de bonimenteur, d’imitateur et de ventriloque. Il préfère les moyens d’enquête plus scientifiques que James West.

Les deux héros possèdent en fait toutes les qualités physiques (art du combat), intellectuelles (sens de l’observation, érudition,…) et morales (courage,…) pour mener à bien leurs enquêtes. Ils sont, de surcroît très professionnels: ils s’entraînent dans leur train. Ils ont donc mis toutes les chances de leur côté.

Un autre élément qui les sert régulièrement, c’est leur complicité. Souvent, ils n’ont même pas besoin de parler pour comprendre ce que l’autre pense ou va faire. Leur avantage sur leurs adversaires est donc substantiel. Leur amitié les amène très souvent à prendre des risques pour sauver la vie de leur compagnon.

Loin du feu de l’action, ils sont galants, courtois, polis, élégants. Ils côtoient les soirées mondaines et les spectacles, mais restent sobres et bien élevés dans toutes situations. Ils sont de grands séducteurs et charment très souvent les femmes qu’ils rencontrent.

Leur passé nous est inconnu. Nous savons juste qu’ils ont servi dans l’armée sous les ordres du général Grant lors de la Guerre de Sécession. Ils étaient tous deux capitaines dans la cavalerie américaine (“La Nuit Du Grand Feu” et “La Nuit Hors Du Temps”). Ils travaillent toujours sous les ordres d’un officier militaire, mais ils sont attachés au ministère de l’Intérieur et au Gouvernement.

Leurs supérieurs prennent les traits des colonels Richmond, Crockett et Armstrong. Ces hauts-gradés ne participent jamais à l’action. Ils interviennent seulement au début et à la fin des certains épisodes. West sera parfois épaulé par d’autres agents du gouvernement, Silas Grisby ou une secrétaire, mais ces personnages ont finalement assez peu de poids.

Le côté obscur…

Les méchants de plus ou moins grande envergure sont aussi importants dans la série. Ils ne correspondent pas au méchant type des westerns mais se sont des génies scientifiques psychopathes, des maniaques paranoïaques et des dictateurs. Ils sont donc plus proches de ce que l’on trouve dans James Bond.

Tous les personnages de méchants sont cruels. Ils ont tous une personnalité altérée et des tares physiques. Ils ne peuvent s’empêcher de dévoiler leurs plans. Ils ont une véritable passion pour les gadgets et les inventions scientifiques. Malgré leur physique peu avantageux, ils sont d’une courtoisie et d’une éducation exemplaires. Ils proviennent souvent des milieux aisés de la population et sont d’une intelligence supérieure. La société les a rejetés pour faute grave et ils vivent dans la marge en attendant le moment de se venger.

Ils sont des cerveaux mais ont besoin d’hommes de mains pour les protéger de West et Gordon. A l’inverse d’eux, ces hommes de mains sont stupides, violents, agressifs, musclés, et ils meurent toujours à la fin. Les femmes ne sont pas mises de côté pour autant et il en est toujours une pour faire partie du “camp des méchants”. Elles sont généralement ambitieuses et ne pensent qu’à elles. Elles n’hésitent pas à tuer. Si elles succombent au charme de West, elles n’en abandonnent pas pour autant leurs projets.

Le Docteur Miguelito Loveless est le méchant emblématique des Mystères De L’Ouest, même s’il n’apparaît que dans 10 épisodes. C’est aussi le plus dangereux. Miguelito Loveless est un nain névrosé. Il déteste la société et ne pense qu’à l’asservir par tous les moyens possibles et imaginables. Il est très nerveux et a des réactions d’enfant (il chante quand il prépare ses mauvais coups, il a des sautes d’humeurs). Il est toujours entouré des jolies filles qui le conseillent, le protègent et lui servent de nurses.

Il devient de plus l’ennemi juré et personnel de West: il est jaloux de sa beauté, de sa taille et de sa capacité a toujours sauver tout le monde. Dans “La Nuit Des Bandits”, il dira: “Vous m’ennuyez par votre esprit caustique, clair et bien ordonné, par votre corps parfait et robuste, par votre dévotion envers la société, par ce don que vous avez de surgir là où il faut au moment où il est le plus inopportun, vous m’ennuyez par le fait même d’exister”. Il adore mettre West à genoux et l’humilier. Il se grandit pour se mettre à sa taille.

Miguelito Loveless est joué par Michaël Dunn. Alors qu’il se destinait à une carrière de pianiste de concert, il est atteint à 15 ans d’une maladie congénitale, la Chondromatose, qui ankylose ses membres alors que son buste et sa tête se développent normalement. Il suit alors des études de sciences politiques qu’il termine premier de sa promotion. Il atterrit tout de même à Broadway, puis passe à l’écran (Max La Menace et Star Trek). Il n’aura pas de grands rôles: Miguelito Loveless est le sommet de sa carrière. Il meurt d’une overdose dans un hôtel de Londres, en 1973.

Les éléments clés de la série

La série est très dynamique. Elle est bourrée d’éléments visuels et thématiques, complexes et nombreux. Ils différent selon les saisons mais l’unité est garantie par certains gimmicks récurrents.

Le générique: c’en est un et ce n’est pas le moindre. C’est un générique exceptionnel pour une série. C’est un des rares a être en parfaite harmonie avec le reste des composantes de la série. Il est composé de trois parties: un dessin animé et un premier ensemble de titres, les noms des deux acteurs principaux et de leurs personnages, le titre de l’épisode et les noms de l’équipe technique réduite à sa plus simple expression.

Son but est de transmettre le maximum d’informations sur la série. Il donne donc le contexte du western de la fin du 19ème siècle. Le dessin animé est composé de cinq cases qui s’animent successivement. Un cowboy ouvre la danse. Il va ensuite se mesurer aux quatre autres personnages qui composent la fresque: un braqueur de banque, un tricheur au poker, un inconnu qui le tient en joue et une jolie femme qui tente de le tuer. Il déjoue tous les pièges et puis s’éloigne.

Tous les ingrédients qui font la série sont dans ce dessin animé: les vols de banques, les vols en général, la traîtrise, la corruption, la mort et l’amour. Le paysage est lui aussi celui des Mystères De L’Ouest: le grand Ouest américain avec sa chaleur, son aridité et sa sauvagerie. Ceci est symbolisé dans les couleurs utilisées. Elles sont chaudes et évoquent la terre, le soleil, le bois. Aucune verdure n’apparaît.

James West est également bien dépeint dans ce générique: ses qualités physiques, mentales et morales sont montrées, ainsi que son goût pour les femmes!!! Le générique est dynamique, rythmé et la bande sonore est en parfaite symbiose avec l’action. Il lui arrive même de faire office de bruitage (cigarette, coups,…). En trente secondes, on a donc tout en main!

En passant, j’attire votre attention sur le titre The Wild Wild West ou “l’Ouest très très sauvage”. Il a été traduit par Les Mystères De L’Ouest. La version française ajoute donc un élément fantastique par rapport au titre américain. Pour une fois, le titre français est meilleur que l’original!

Les gadgets: Il y en a dans chaque épisode. West est un véritable nid à gadgets, un inspecteur du même nom avant l’heure! Ses talons, ses bottes, ses manches, son col, ses poches intérieures débordent d’engins en tous genres, d’armes, de bombes, de dagues, de grappin,…

Gordon, quant à lui, est équipé de divers produits chimiques, scientifiques, de fumigènes, d’anesthésiants, d’explosifs qu’il cache dans les pans de son manteau. Le but de ses gadgets est purement défensif. Ils n’entraînent jamais la mort de quelqu’un.

Notons en passant que les habits mêmes de nos deux cowboy sont des gadgets: West arbore un costume moulant idéal pour les combats et Gordon est affublé d’un long et large manteau qui lui permet souvent de dissimuler des engins encombrants. Ils sont toujours en foncé afin de mieux se camoufler pendant la nuit.

Les inventions scientifico-diaboliques: Elles sont l’oeuvre des méchants qui veulent prendre possession du monde. Les inventions sont donc des engins de mort, des moyens de pression et de chantage sur le gouvernement. Ils reflètent le changement que subit la société du moment. Elle est de plus en plus tournée vers la science et la création scientifique.

“The Night Of…”: Le titre de chaque épisode commence toujours par “La Nuit De…”, un procédé que d’autres reprendront plus tard (Friends par exemple). Beaucoup de scènes se déroulent, en effet, la nuit. La séquence pré-générique est souvent nocturne (à quelques exceptions près). En tous cas le dénouement ses déroule toujours pendant les heures sombres.

Le train: C’est la demeure et le moyen de locomotion de West et Gordon. Il leur permet de voyager rapidement d’une partie du pays à une autre grâce au réseau de rails impressionnant que possèdent les USA. Il s’agit du QG des deux héros, c’est donc un outil de travail. A ce niveau, il est équipé d’un véritable arsenal, de laboratoires de pointe, d’un réseau de communications intérieur et extérieur fiable (télégraphe et pigeons voyageurs). Il est aussi un appartement de luxe avec salons, bureau, cuisine,…

Souvent l’action se déroule dans le wagon de queue, une pièce qui comme la série regorge de cachettes et compartiments secrets. Ils y entreposent armes, documents top-secrets, cartes,… C’est là que se clôture chaque épisode durant l’épilogue rituel. Le train fait le lien entre deux épisodes. Il part à la fin de l’un et arrive au début du suivant.

Les influences

Le western a connu sa période de gloire dans les années ’50 et le début des années ’60 que ce soit au cinéma ou à la télévision (Bonanza, par exemple).

1965, son déclin est amorcé. Les téléspectateurs et les cinéphiles se tournent alors vers les films d’espionnage: James Bond fait recette sur grand écran, Chapeau Melon Et Bottes De Cuir ou Des Agents Très Spéciaux mobilisent la petite lucarne. Les Mystères De L’Ouest mêle les deux genres…

La filiation avec le western est indéniable. La série s’inspire des premiers longs métrages sur le sujet tournés au début du siècle et des serials mettant en scène des personnages mythiques comme Tarzan. Les ingrédients s’y retrouvent: corps-à-corps, poursuites, bagarres, péripéties nombreuses, décors,…

Undersea Kingdom et Phantom Empire, deux films des années trente, ont déjà l’atmosphère fantastique dans laquelle se dérouleront les aventures de West. L’élément qui perd le western est son manichéisme trop généralisant. D’un côté, on a les bons cowboy, de l’autre les méchants indiens. La série reprend ce manichéisme: le beau, le fort, l’intelligent West affronte de cruels et stupides méchants. Le côté parodique sauvera Les Mystères d’une mort prématurée. Le charme naïf des décors, l’outrance des situations, le côté carton-pâte des lieux ressemble fort à ce que les téléspectateurs des années ’40 pouvaient voir.

A cela, vient s’ajouter le côté James Bond. West ne résout jamais des histoires de vols de banques ou de bagarres de saloon normales. Non, il affronte des scientifiques fous avides de pouvoir et de vengeance. Les thèmes du progrès scientifique, des inventions et des expérimentations, de l’apprenti sorcier sont exploités comme dans des films tels que Le Rayon Invisible (1936) ou Docteur Cyclops (1940).

Les thèmes de la science-fiction font recette: apocalypse nucléaire, monde dominé par des robots, mutations génétiques, expériences sur les humains, individualisme, criminalité, violence,… Quand ce n’est pas carrément au film d’horreur des années ’20-’30 que la série emprunte ses décors lugubres, ses atmosphères glauques, ses villes fantômes, ses puissances occultes et ses phénomènes surnaturels. Le Fantôme De L’Opéra (’25), Frankenstein (’33) et L’Homme Au Masque De Cire (’33) ont des résonances dans Les Mystères De L’Ouest. L’influence de Jules Verne se fait aussi sentir. Notamment pour les épisodes “La Nuit De La Sirène” et “La Nuit Du Monstre Marin”.

Par l’intrigue complexe, c’est aussi au film policier et d’espionnage que s’apparente la série. Les retournements de situation, les coups de théâtre, la découverte d’indices, les enquêtes multiples, les traîtrises, évasions, emprisonnements sont légions dans cet Ouest si sauvage… Dynamisme, montage alterné et rapide sont aussi une marque de fabrique commune aux deux genres et à la série.

Perversion de la réalité

Les Mystères De L’Ouest, c’est la série de l’anti-apparence. Rien n’est ce qu’il parait… Il faut se méfier de tout. Déjà, la série se présente comme un western, mais elle n’est pas ça. Ou plutôt, elle est plus que ça. Elle se déroule dans les lieux et les stéréotypes du western, mais il s’agit plus d’intrigues policières ou de retournements de situations à la James Bond.

S’ils ont l’allure de cowboy, nos deux héros sont loin de n’être que cela. Agents du gouvernement, ils ont bien plus de qualités physiques et intellectuelles que le vacher de base. Ils sont experts dans beaucoup de domaines. Ils ont des personnalités à multiples facettes, des secrets (nous ne savons rien de leurs vies antérieures). Tous les personnages d’ailleurs ont quelque chose à cacher. Ils peuvent tous être fourbes, ambitieux,… L’évolution de l’intrigue, démontre souvent leur duplicité et leur fourberie. Les sosies sont nombreux dans Les Mystères De L’Ouest, signe emblématique!

L’univers où on évolue est aussi chargé de secret. Il s’agit du far west avec ses déserts, ses montagnes, ses villes miteuses de la frontière mexicaine, ses métropoles fastueuses de l’intérieur du pays. La série ne se veut pas une juste description historique de l’époque. On ne voit que rarement la population locale, seuls les bâtiments où se déroule l’action sont décrits. Seulement, la toile de fond est assez juste.

Le monde de surface est banal, fidèle à un décor urbain normal… Pourtant ses murs cachent des passages secrets, ses caves mènent à des souterrains, ses grottes sont des repaires de méchants. On ne compte plus les statues à double fonds, les laboratoires secrets, les labyrinthes, les pièges, les fausses sorties et les voies sans issues.

C’est comme si, en dessous du monde, les criminels avaient aménagé un monde négatif aussi tordu que leur propre cerveau. Mais, ce deuxième monde déborde sur le premier parce que les criminels tentent d’influencer la surface. Ils essayent de l’anéantir. Plus grave encore, la menace se déguise dans les objets les plus anodins. Un piano, une chaise, un stylo deviennent des objets de mort. Cela installe peu à peu un climat d’insécurité.

Les lieux sont très importants dans cette série. Les deux agents démarrent toujours du train pour enquêter dans plusieurs endroits. Par un mouvement giratoire, l’intrigue se concentre dans un seul lieu, celui où se dénouera l’histoire. West et Gordon se retrouvent toujours enfermés dans ce lieu. Trouver le moyen de sortir, c’est anéantir l’endroit et son créateur.

C’est donc à un confinement que nous assistons alors qu’à l’époque historique du Grand Ouest, les espaces étaient ouverts. Il y a donc inversion des données historiques.

The Wild Wild West a été créée par Michael Garrison. Ambitieux est le mot qui lui convient le mieux: il avait fait le pari d'offrir aux téléspectateurs tout ce qu'un film leur donne, mais dans un épisode de 50 minutes. Uniquement l'essentiel passait: action, mystère, suspense, érotisme et exotisme. Son pari a tenu 4 ans, du 17 septembre 1965 jusqu'à 1969. Quand Michael Garrison meurt le 17 avril 1966, Bruce Lansbury prend le relais à la création de la série. C'est la chaîne CBS qui a programmé Les Mystères De L'Ouest. Dès le début, la série fait de bons scores…

En quelques mots...

Sarah Sepulchre

Les Mystères De L'Ouest

Critique de l'auteur: James West et Artemus Gordon parcourent le Grand Ouest pour sauver la veuve et l'orphelin (mais surtout la veuve). Une série atypique qui mêle anachronismes, décors de carton pâte et méchants très, très, très machiavéliques, mais qui fonctionne.

Note des auditeurs/lecteurs 4.8 ( 1 votes)

À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.
x

Regardez aussi

Magnum: 1.01 Don’t Eat the Snow in Hawaii

L'épisode pilote de Magnum P.I. ne se distingue pas vraiment beaucoup des autres... Sauf que la série s’ouvre sur le pari que Thomas Magnum va gagner et qui va lui permettre de squatter allègrement le domaine de Robin Masters et d’utiliser... la célèbre Ferrari rouge.

The Pacific

The Pacific, c'est tout un pan peu connu par les européens de la seconde guerre mondiale, de la bataille de Guadalcanal à une permission à Melbourne en passant par les traumatismes des combats, pour terminer par la bataille de Peoleliu, la victoire finale et le retour au pays...