Alerte A Malibu

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Le succès public est-il gage de qualité d’une série ?

Dans ce cas, Alerte A Malibu serait la meilleure série des années ’90. Et si c’était le cas, il y a bien longtemps que je me serais arraché les yeux avec une fourchette rouillée. Viens me chercher le tétanos, viens me chercher!

Jugez plutôt: la série se vantait à l’époque d’être la série la plus regardée avec un milliard de téléspectateurs par semaine selon les producteurs, 200.000 selon la police des séries. Qui peut aujourd’hui me citer un épisode marquant? Quel personnage peut se vanter d’une construction cohérente et complexe? Quel a été l’apport de la série au niveau cul-turel? Comment? J’ai buté sur cul-turel? C’est étrange. J’ai du faire un lapsus.

Révélateur sur le contenu de la série… et des téléspectateurs qui la regardaient. Car finalement, qu’attendait-on d’Alerte à Malibu? De la fesse galbée, du téton rebondi, de la chevelure chatoyante, du bronzage uniforme, de l’épilation intégrale et rien de plus. Le dévoilement du casting de chaque saison et la photo officielle qui l’accompagnait ne laissait aucun doute à ce sujet. On avait plus l’impression de regarder la jaquette d’un film porno ou d’un calendrier des dieux du stade.

Chaque nouvelle saison faisait la part belle à sa nouvelle babe et l’Apollon du moment, nonobstant leur jeu d’acteur souvent réduit d’ailleurs à la minauderie ou la course effrénée sur la plage. Au ralenti. C’est mieux. Et ça permettait d’apprécier davantage la force d’inertie des implants mammaires.

Véritable publicité pour la chirurgie esthétique, Alerte A Malibu n’avait pourtant pas bien commencé en termes d’audience. Elle avait même donné des sueurs froides à son trio de créateurs: Michael Berk, Doulas Schwartz et Gregory Bonann. Ce dernier, ancien sauveteur, s’était inspiré de ses souvenirs de plage pour créer les scénarios de la première saison. Inutile de vous dire à quel point il était palpitant de voir des sauveteurs scruter la plage avec leurs jumelles, se jeter à l’eau dès qu’un baigneur imprudent s’éloignait de la côte et le ranimaient à coup de massage cardiaque à longueur d’épisode. Un pitch fascinant qui explique les résultats désastreux de la première saison diffusée le réseau NBC dès 1989. Elle avait même été stoppée net en raison de ses coûts de production.

Mais flairant le potentiel érectile du matériau, son acteur principal David Hasselhoff, décide de reprendre les choses en main, s’investit comme producteur exécutif et diffuse la série en syndication. Jackpot! Les téléspectateurs découvrent le plaisir de voir Pamela Anderson vêtue d’un maillot rouge fort seyant courir sur la plage. Ces mesdames ne seront pas en reste puisque le frenchie David Charvet et le surfeur Kelly Slater auront de quoi humidifier leur culotte grâce à leurs pectoraux gonflés à coups de stéroïdes.

Pas dupes de la qualité franchement minable de ses scénarios, l’équipe a fini par assumer la dimension craignos de la série. Au fur et à mesure des saisons, et il y en a eu 11, Alerte A Malibu se vautre dans le soap opera bas de gamme en multipliant les scénarios à rebondissements, les situations abracadabrantes et les personnages qu’on croyait morts mais qui sont finalement bien vivants. Au final, tout le monde s’en foutait! Ce qui importait le plus était la taille du bonnet de la future naïade.

La série se veut d’ailleurs un modèle du genre dans la catégorie « que sont-ils devenus? ». David Hasselhoff cuve son whisky en tant que juré à America’s Got Talent, Pamela Anderson oscille entre les caméos parodiques et les allers-retours incessants chez son plasticien sponsorisé par les prothèses PIP, tandis que David Charvet tente de nous faire croire qu’il est chanteur. Et les autres? On s’en fout!

C’est bien ça le problème avec les séries qui misent tout sur le gonflement de l’entrejambe de la gente masculine, ça monte vite, ça plait au moment même, ça fait du bruit, ça joue des muscles… Mais ça s’endort une fois terminé… Et puis ça laisse des tâches!

Le succès public est-il gage de qualité d’une série ? Dans ce cas, Alerte A Malibu serait la meilleure série des années '90. Et si c’était le cas, il y a bien longtemps que je me serais arraché les yeux avec une fourchette rouillée. Viens me chercher le tétanos, viens me chercher! Jugez plutôt: la série se vantait à l’époque d’être la série la plus regardée avec un milliard de téléspectateurs par semaine selon les producteurs, 200.000 selon la police des séries. Qui peut aujourd’hui me citer un épisode marquant? Quel personnage peut se vanter d’une construction cohérente et complexe? Quel a été…

En quelques mots...

Nathanaël Picas
Alexandre Marlier
Sarah Sepulchre
Sophie Sourdiaucourt
Tilman Villette

Alerte A Malibu

Critique de l'auteur: Des maillots rouges et des seins silliconnés expliqueront le succès mondial d'une série pourtant pas folichonne.

Note des auditeurs/lecteurs 0.9 ( 1 votes)

À propos de Nathanaël Picas

Nathanaël Picas a suivi des études de journalisme à l’Université Catholique de Louvain. Sa formation terminée, il a travaillé en tant que journaliste free lance pour la presse écrite et télévisée. Il a également été animateur sur Musiq’3. C’est à cette époque qu’il a rejoint l’équipe d’AFDS. En 2005, il devient attaché de presse dans une agence de communication.

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