Alias

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Sydney Bristow est en apparence une jeune femme bien sous tous rapports: étudiante sérieuse et motivée, amoureuse et fiancée, belle et sympathique. Jusqu’ici, l’histoire n’a rien de particulier. Pourtant, et c’est annoncé dans le titre, Sydney a plusieurs alias, plusieurs identités.

Je m’explique. Sept années plus tôt la jeune femme est mise en contact avec les services secrets. Elle accepte de devenir une espionne et après quelques entraînements, elle intègre le SD-6, ce qu’elle croit être une sous-branche ultra secrète de la CIA. Elle y travaille sous les ordres d’Arvin Sloane et se révèle être extrêmement douée.

Bien entendu, cette activité professionnelle doit rester secrète. Mais, dans le premier épisode, le pilote, Sydney avoue à son fiancé être une espionne. Malheureusement pour elle, le SD-6 l’apprend et tue son fiancé. C’est là que Sydney apprend de nombreuses vérités:

  1. le SD-6 n’est pas sous les ordres de la CIA mais est au contraire une division de l’Alliance, l’ennemi qu’elle croyait combattre! Folle de rage, la jeune femme jure de détruire le SD-6 et décide de s’engager à la CIA, la vraie. Elle devient ainsi agent double.
  2. elle apprend que son père n’est pas l’homme bien rangé qu’elle croyait connaître. Il est également espion… et est aussi agent double à la CIA et au SD-6.
  3. elle découvrira au fil des premiers épisodes que sa mère, qu’elle croyait morte dans un accident de voiture, est elle aussi une espionne et qu’elle est toujours vivante.

Et ceci n’est qu’un bref aperçu des révélations contenues dans Alias. La série est un condensé de faux-semblants, de non-dits, de personnages au passé lourd… Personne n’est ce qu’il se prétend être. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de Alias une très bonne série d’espionnage.

Mais J.J. Abrams ne s’arrête pas là. Il double sa série d’une intrigue fantastique, teintée d’ésotérisme. Ce qui donne d’ailleurs l’élément feuilletonesque d’Alias. Au fur et à mesure, Sydney découvre un certain Rambaldi, savant du XVe siècle, mélange de De Vinci et de Nostradamus.

Ce savant aurait été un précurseur et a dispersé nombre de ses inventions de par le monde. La CIA et le SD-6 se livrent une guerre sans merci pour les récupérer. De plus, Rambaldi a fait des prédictions et toutes se sont révélées exactes. Malgré elle, Sydney se fera embarquer dans cette quête puisqu’elle s’y trouve intimement liée. Et pour cause, le savant a fait des prédictions sur une femme que tout désigne être Sydney.

Vous suivez toujours? Parce que ça n’est pas fini. En plus de tout cela. Alias est également une série romantique. En effet, le contact de Sydney à la CIA s’appelle Michael Vaughn. Et comme il est joué par le très beau Michael Vartan (le neveu de qui vous savez) il ne faudra pas très longtemps pour que les deux personnages tombent fous amoureux l’un de l’autre. Mais de très nombreux événements viendront leur barrer la route du bonheur.

Enfin, parallèlement à cet amalgame insensé, Sydney tente de vivre une vie normale d’étudiante avec ses amis Will et Fran.

Le mélange des genres

Le mélange de genres est certainement un des points forts d’Alias. Il témoigne également d’une prise de risque intéressante de ses scénaristes: ils ont brisé les frontières entre les genres.

La plupart des séries restent fidèles aux codes qui leur sont imposés: sitcom, comédie, aventure, action… Mais dès le départ, Alias se présente comme une série qui mélange tout. Ce qui la rend franchement intéressante. Précisons toutefois que la mayonnaise ne prend pas à chaque fois et que ce mélange apporte parfois son lot d’incohérences.

Alias et la quête de vérité

Alias c’est une véritable ode aux mensonges et aux faux-semblants. C’est d’ailleurs le message qui apparaît le plus clairement dans Alias: la vérité tue. Tous les personnages qui apprennent la vérité ou qui découvrent un mensonge sont littéralement tués: le fiancé de Sydney, la femme de Sloane, la femme de Dixon (le collègue de Sydney). Ou au mieux sont punis: Will et même Sydney. Les personnages se voient ainsi dans l’obligation de mentir continuellement pour survivre mais également pour préserver leurs proches.

Cet aspect de la série rend également chacun de ses personnages passionnants: chacun ayant sa vérité à cacher se voit obligé de faire des choix souvent très difficiles pour s’en sortir. Ce parti pris permet à Alias d’évoluer rapidement.

En effet, ce n’est pas réellement l’intrigue qui permet à la série de durer (à savoir la destruction du SD-6) mais plutôt ses personnages et les relations qu’ils entretiennent. Chaque saison, voire même chaque épisode, redéfinit les relations entre les personnages.

Les saisons

Puisque je parle des saisons, je crois que je ne choquerai aucun fan en précisant que les deux premières sont de très haute qualité et que la 3ème marque un net coup de frein. Elle ne sembla avoir été mise en place que pour relancer l’intérêt de la relation entre Sydney et Vaughn.

Ainsi, la première saison est celle de la découverte. Sydney apprend à connaître son père, découvre la vérité sur le SD-6, rencontre Vaughn, entend parler pour la première fois de Rambaldi,… Cette saison jongle habilement entre les 3 genres mentionnés plus tôt: le fantastique, l’espionnage et le romantisme. Les révélations se font au compte-goutte et l’intrigue s’étoffe intelligemment.

La deuxième saison nous offre une famille dysfonctionnelle dans toute sa splendeur: Sydney rencontre sa mère. Cette dernière se rend à la CIA et promet de tout faire pour les aider. Mais ses objectifs réels restent flous. Aime-t-elle vraiment Sydney? Pour qui travaille-t-elle? Toujours est-il que sa présence a pour effet de redéfinir les relations de Sydney avec son père. Tout un programme.

Les relations entre les personnages sont nettement plus adultes et la série continue à jouer avec brio sur tous les tableaux… même si on sent que la dimension “réaliste” tend à disparaître. Je veux parler de la vie d’étudiante de Sydney et de ses amis. En témoigne, l’imbrication des amis dans l’intrigue d’espionnage. La tension dramatique atteint des sommets inédits dans les derniers épisodes.

La 3ème saison va tout redéfinir: Sydney devient amnésique et perd deux ans de sa vie. A son retour à la CIA, tout a changé. Vaughn est ainsi marié! Ce revirement des scénaristes est facile à comprendre: ils ont voulu pimenter la relation entre les deux agents.

Et pour cela, rien de tel que le triangle amoureux des plus classiques (inspiré d’Ally McBeal). Sydney aime Vaughn mais celui-ci est marié avec une autre, Lauren. Il est amoureux des deux femmes qui évidemment se détestent! A côté de cela, les situations deviennent de plus en plus abracadabrantes, la quête de Rambaldi est plus floue que jamais… Bref, une saison à risque.

J.J. Abrams, qui avait laissé son bébé aux mains d’autres scénaristes, s’est lui-même rendu compte de la très mauvaise tournure de sa série. Il a décidé de reprendre les choses en main et a promis de corriger le tir pour la 4ème saison. Les critiques l’ont considérée comme la saison de la dernière chance…

Apparemment, le pari est réussi puisqu’une 5ème saison a vu le jour. Nous y reviendrons plus loin.

Jennifer Garner

Il m’est presque impossible de faire l’impasse sur l’actrice principale de la série: la très belle Jennifer Garner. Personnellement, j’ai découvert Alias tardivement. J’ai donc avant tout entendu parler de cette actrice pour ses déboires sentimentaux dans la presse. D’abord avec son partenaire de jeu, Michael Vartan et ensuite avec Ben Affleck.

J’avoue que tout cela ne m’avait pas donné très envie d’en savoir plus sur elle. Honte sur moi! Elle se révèle être une actrice extrêmement intéressante. Elle passe ainsi du sourire le plus désarmant à la rage la plus totale et par le désespoir. Sa palette d’émotion est particulièrement riche. Et pour ne rien gâcher, la miss est on ne peut plus jolie.

Que dire de la série?

Comme je l’ai déjà annoncé précédemment, les saisons d’Alias sont inégales. Les deux premières valent vraiment le coup d’oeil et la troisième énerve par son virage à 180 degrés qui débouche sur une accumulation de clichés et de situations incohérentes. La saison part dans tous les sens et même le fan averti y perd son latin. Ce qui n’est pas peu dire.

La première critique qu’Alias reçoit en général est son manque d’accessibilité. Il faut bien l’avouer: si vous n’avez pas suivi la série depuis le début, vous risquez de ne rien y comprendre. Pourtant, les scénaristes ont tenté plusieurs fois de mettre les spectateurs à niveau. Exemple: dans la première saison, un épisode entier est dédié à la présentation de chaque personnage, des situations déjà vécues, des enjeux… Mais rien n’y fait, il vaut mieux regarder la série depuis le début pour l’apprécier à sa juste valeur.

Mais avant de se lancer à tête perdue dedans, j’ai deux ou trois avertissements à vous faire:

Premièrement, n’espérez pas trouver dans Alias un tant soit peu de “vraisemblable”. Alias, c’est James Bond au féminin. L’héroïne se retrouve inlassablement dans des situations les plus catastrophiques (le plus souvent celles qui clôturent l’épisode pour le cliffhanger: la marque de fabrique d’Alias) et s’en sort toujours in extremis.

De plus, Sydney est une véritable surdouée: elle maîtrise un nombre incalculable de langues, terrasse une armée de soldats musclés avec ses petits poings et est capable de désamorcer une bombe en une minute chrono. Une vraie pro! C’est un parti pris qu’il faut accepter pour apprécier Alias. Après, c’est un vrai régal de suivre les exploits de Sydney. D’autant que la demoiselle passe son temps à se déguiser comme une poupée Barbie.

Deuxièmement, certaines incohérences font partie même du scénario: les déplacements en avion de Sydney sont souvent courts même s’ils se passent à l’autre bout du monde. De plus, elle ne semble jamais affectée du décalage horaire. Et même après un combat acharné, elle n’a jamais un seul bleu. Les personnages semblent également bien rodés à l’exercice de la torture puisqu’ils y résistent quasiment toujours. Un coup de 50.000 volts? Même pas mal.

Enfin, les retournements de situation étant légion, ne vous attendez pas à ce qu’ils soient tous logiques!

Ces avertissements mis à part, Alias est une bonne série. Certains l’ont présentée comme une série innovante. Je suis d’accord avec eux en partie. Le mélange des genres est une vraie bouffée d’air frais (même s’il n’est pas toujours réussi).

Le montage, la mise en scène et la musique sont dignes d’une grosse production cinématographique. A côté de cela, nombre d’idées sont piquées dans d’autres séries, Buffy Contre Les Vampires entre autres.

Enfin, le traitement bon-méchant est trop simpliste: la CIA est du côté du bien et le SD-6 est le mal incarné. Voilà qui rappelle l’actualité mondiale, non?

Saisons 4 et 5

Nous l’avons dit plus haut, fin de la saison 3, J.J. Abrams décide de reprendre Alias en main, au vu des dérives scénaristiques de cette saison. Il sera donc aux commande de la saison 4. Et cela se ressent!

Contre toute attente, cette 4ème saison se révèle être une bonne surprise. D’abord parce que les scénaristes occultent en grande partie les événements de la saison 3, qui est quasiment passée sous silence, on n’en reprend quasi aucun élément.

Ensuite, parce qu’on revient sur un schéma plus classique, mais moins compliqué à suivre, composé d’histoires d’espionnage et de relations familiales entre les différents protagonistes. Exit en grande partie le mystère Rambaldi qui commençait sérieusement à tourner en rond.

Sydney démissionne de la CIA et intègre une division ultra-secrète, l’APO et, surprise, y retrouve tous ses anciens partenaires, mais aussi Arvin Sloane, qui jure par tous les dieux qu’il s’est repenti et met à disposition l’ensemble de ses contacts.

Malheureusement, en fin de saison, Rambaldi fait un retour fracassant et la série retombe dans ses travers les plus désagréables. Au final, une saison 5 sera toutefois commandée par ABC.

Et cette saison 5, me direz-vous? On continue dans les mauvaises idées, les histoires sont totalement rocambolesques et inintéressantes. La saison n’est composée que de retournements de veste de Sloane et de la mère de Sydney. On en est à un point tel qu’il faut absolument avoir vu un personnage se faire mettre une balle dans la tête pour être certain qu’il est bel et bien mort. Bref, les scénaristes sont proches des rebondissements les plus insensés de mauvais soap opera.

Ajoutez à cela la mythologie autour de Rambaldi qui part dans le grand n’importe quoi et vous obtenez cette bouillie indigeste qui forme la saison 5. La série se terminera d’ailleurs en queue de poisson.

Bref, comme nous l’avions dit précédemment, Alias ne vaut réellement que pour ses 2 premières saisons. Et éventuellement pour la 4ème, mais vraiment pour les fans inconditionnels. Pour les autres, passez votre chemin.

Sydney Bristow est en apparence une jeune femme bien sous tous rapports: étudiante sérieuse et motivée, amoureuse et fiancée, belle et sympathique. Jusqu'ici, l'histoire n'a rien de particulier. Pourtant, et c'est annoncé dans le titre, Sydney a plusieurs alias, plusieurs identités. Je m'explique. Sept années plus tôt la jeune femme est mise en contact avec les services secrets. Elle accepte de devenir une espionne et après quelques entraînements, elle intègre le SD-6, ce qu'elle croit être une sous-branche ultra secrète de la CIA. Elle y travaille sous les ordres d'Arvin Sloane et se révèle être extrêmement douée.…

En quelques mots...

Nathanaël Picas
Alexandre Marlier
Cindy Willeme
Sarah Sepulchre
Sophie Sourdiaucourt
Tilman Villette

Alias

Critique de l'auteur: La super héroïne vue par J.J. Abrams. Comme toutes ses séries, Alias commence sur les chapeaux de roue pour finir dans l'indifférence la plus totale. Et le grand n'importe quoi.

Note des auditeurs/lecteurs Soyez le premier ou la première !

À propos de Nathanaël Picas

Nathanaël Picas a suivi des études de journalisme à l’Université Catholique de Louvain. Sa formation terminée, il a travaillé en tant que journaliste free lance pour la presse écrite et télévisée. Il a également été animateur sur Musiq’3. C’est à cette époque qu’il a rejoint l’équipe d’AFDS. En 2005, il devient attaché de presse dans une agence de communication.

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