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Charlie’s Angels (2011)

Charlie's Angels (2011)

Accident industriel. Nanar suintant la naphtaline. Les mots sont durs pour décrire le naufrage de la résurrection des Drôles De Dames en série. Quatre petits épisodes diffusés et puis s’en vont. L’annulation de la série sur ABC a définitivement tourné la page d’une certaine idée de la télévision… et prouvé une chose: une série culte d’hier n’est pas automatiquement vouée au succès aujourd’hui. Car elle reste le reflet de notre époque et des attentes des téléspectateurs.

Petit rappel des faits: quand Aaron Spelling lance Charlie’s Angels en 1981, il sait qu’il tient un concept dans l’air du temps. Le féminisme est passé par là. Alors quoi de plus normal de proposer une série mettant en scène trois jeunes femmes, belles, intelligentes et indépendantes. A peine sorties de l’école de police, les 3 donzelles s’ennuient ferme sur le terrain car elles ne peuvent mettre en pratique leurs talents. Heureusement pour elles, elles se font remarquer par un richissime mécène, Charlie Townsend. Ce dernier décide de les engager dans une agence de détectives privés, supervisée par John Bosley.

Les trois anges se déchaînent alors pendant 5 saisons pour remplir des missions parfois franchement dangereuses. Mais toujours avec le sourire et la frange bien souple. L’histoire est en marche. Et la mythologie de la série aussi. Car outre ses gimmicks appelés à devenir des classiques (un boss que l’on ne voit jamais, un briefing par téléphone, un Bosley un peu benêt mais protecteur), ce sont les courbes affriolantes des 3 demoiselles qui permettront à la série de marquer le paysage audiovisuel. Et des millions de téléspectateurs mâles regarderont la série la main dans le slip pour suivre les aventures de Farah Fawcett, Jaclyn Smith et Kate Jackson. Une blonde, une brune et une noire. Le trio féminin n’intéresse pas vraiment le grand public pour ses intrigues policières, mais surtout pour la poussée de testostérone qu’il provoque.

Soyons honnête, outre l’impression de regarder un numéro du magazine Playboy en mouvement, la série originelle n’offre rien de fondamentalement croustillant à se mettre sous la dent. La série reste certes intéressante à analyser pour y comprendre l’évolution du statut de la femme (passée désormais de la ménagère à la femme fatale), mais au-delà de ça,… eh bien pas grand chose à signaler.

D’ailleurs, quant est venue l’idée d’adapter la série au grand écran, l’actrice et productrice Drew Barrymore avait bien compris qu’elle ne pouvait se contenter de créer un épisode plus long. C’est elle qui a proposé au faiseur de clip “McG” de réaliser un film à la limite du cartoon et de la caricature. Car 15 ans plus tard, le concept des Charlie’s Angels a de quoi faire rire. Les Drôles De Dames au cinéma devenaient ainsi une parodie de la série, pleine de pirouettes à la Matrix et d’humour absurde.

Alors, quelle mouche a pu piquer Drew Barrimore quand celle-ci a décidé de remettre le couvert en version télé? En 2010, elle approche Sony et ABC pour ressusciter l’agence de détectives et surtout la moderniser! Elle confie à Josh Friedman les rennes de la réalisation. Mal lui en a pris car ce dernier n’avait pas fait preuve d’un immense talent en mettant en scène Terminator, Les Chroniques De Sarah Connor. Le tâcheron s’évertuera hélas à appliquer à la lettre la formule originelle, avec une simple mise à niveau visuelle et technologique.

Seule différence notable: les 3 détectives ne sont plus des jeunes recrues de la police, mais des anciennes “criminelles” en pleine repentance. Oooouh les vilaines!

Niveau casting, on ne change pas le désormais grand classique capillaire des séries actuelles: une blonde, une brune tirant sur le roux et une noire. Mais, représentation des minorités oblige, la noire de cheveux est désormais black. Et Bosley a subi un lifting muy caliente puisque le voilà frappé d’origines latino. Les trois nouvelles poupées Barbie sont désormais interprétées par Annie Ilonzeh, Minka Kelly (vue dans Parenthood et Entourage) et enfin Rachael Taylor (aperçue dans Grey’s Anatomy). Trois jolis brins de filles qui avaient tout pour faire grimper la température dans les pantalons de ces messieurs. Alors pourquoi un tel échec?

Après un premier épisode poussif mais explosif, les nouvelles Drôles De Dames ont rapidement perdu leur public. La faute à un parti pris inacceptable à l’heure actuelle: les scénaristes et les producteurs ont tout misé sur un premier degré suicidaire. Aucun humour, aucune distance. Les nouvelles Drôles De Dames se prennent très au sérieux et enfilent des dialogues insipides au possible. C’est avec consternation qu’il nous faut entendre des répliques du type “elle a ouvert son coeur à l’amour, mais elle a dû faire la guerre“.

D’autant que la série tente de nous faire avaler que les trois jeunes femmes sont incroyablement intelligentes en plus d’être belles. Elles peuvent ainsi remarquer en un seul coup d’oeil sur une scène de crime qu’il y a 15 paires de chaussures mais seulement 14 boîtes à chaussures… et ce, sans sortir leur boulier chinois!

Si seulement il y avait de la viande fraîche à se mettre sous la dent. Mais la version 1.2 des Drôles De Dames se contente de la jouer prude. Une de nos héroïnes tombe à l’eau avec une robe? Tout le monde s’attend à assister à un concours de t-shirt mouillé à sa sortie. Un bout de sein esquissé à travers le tissu, quelque chose… Eh bien non! La jeune femme ressort de l’eau toute sèche. Déception onaniste totale.

Les nouvelles Drôles De Dames auront donc raté leur cible du début à la fin!

Accident industriel. Nanar suintant la naphtaline. Les mots sont durs pour décrire le naufrage de la résurrection des Drôles De Dames en série. Quatre petits épisodes diffusés et puis s’en vont. L’annulation de la série sur ABC a définitivement tourné la page d’une certaine idée de la télévision... et prouvé une chose: une série culte d’hier n’est pas automatiquement vouée au succès aujourd'hui. Car elle reste le reflet de notre époque et des attentes des téléspectateurs. Petit rappel des faits: quand Aaron Spelling lance Charlie’s Angels en 1981, il sait qu’il tient un concept dans l’air du…

En quelques mots...

Nathanaël Picas
Tilman Villette

Charlie's Angels (2011)

Critique de l'auteur: Accident industriel. Nanar suintant la naphtaline... Tout est dit!

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