Flash Gordon

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Il s’agit de ne pas confondre Flash Gordon et Flash, comme je l’avais fait. A part qu’ils sont tous deux des héros de comics au départ, adaptés à la télévision, ils n’ont pas grand chose à voir… Flash, c’est le type qui court vite. Flash Gordon, c’est le type qui court vite. Ah oui, mince.

Steven Gordon a été surnommé Flash par son père parce qu’il montre des talents à la course à pied. D’ailleurs dans le premier épisode de la série, il gagne son troisième marathon et est une vedette sportive locale. Mais bon, même s’ils courent vite tous les deux, il n’empêche que Flash et Flash ne sont pas du tout les mêmes personnages. Flash porte un costume rouge avec un éclair jaune. Il évolue dans notre monde et a des super pouvoirs. Flash Gordon ne porte pas de costume, il évolue dans notre monde et sur une autre planète appelée Mongo et il n’a pas de super pouvoir.

Flash Gordon fait partie de ces séries dont on se dit constamment qu’il leur manque un petit quelque chose, mais le problème c’est que c’est dans à peu près tous les domaines. Les protagonistes sont mal campés, les acteurs sont bof, les personnages secondaires ne servent à rien, le monde est mal installé, les scénarios sont poussifs, les effets ne sont pas très spéciaux et les outils science-fictionnels issus d’autres mondes et de recherches scientifiques de pointe ressemblent furieusement aux jouets qu’on peut gagner à la pèche aux canards.

Les scénaristes ne méritent quand même pas la potence car si vous avez 15 ans et tombez facilement amoureuse des types genre New Kids On The Block, ça peut vous accrocher juste ce qu’il faut pour passer son mercredi après-midi devant l’écran de télé. Mais bon, il faut quand même avouer que plus personne ne sait qui sont les New Kids On The Block et que le boys band a l’excuse de dater des années ’90 alors que la série a été créée en 2007. Pour tout vous dire, on dirait Stargate SG-1, qui n’est quand même pas la meilleure série de tous les temps, mais dans laquelle on serait plongé sans aucune explication. Il faut au moins deux épisodes pour commencer à comprendre ce qui se passe globalement.

Donc, en gros, c’est l’histoire d’un méchant empereur extraterrestre qui attaque la Terre, on ne sait pas trop pourquoi, et qui envoie ses combattants à travers des failles trans-dimensionnelles. Tous ses petits extraterrestres se retrouvent dans le bled où habite Flash Gordon parce que c’est son père qui semble avoir ouvert la première faille par accident alors qu’il travaillait sur un projet secret sur la matière noire pour la Nasa. On ne sait pas trop pourquoi non plus, Flash et ses acolytes, l’ancien assistant de son père Zarkov, et son ex, une journaliste, Dale Arden, ne peuvent rien dire à personne sinon ce sera le Big Bang. Je vous laisse écouter vous même l’explication.

Bon je n’ai toujours pas très bien compris pourquoi ils ne peuvent rien dire. Mais une fois que vous mélangez failles trans-dimensionnelles, matière noire et fusil à proton, c’est souvent un triplé gagnant donc… pourquoi s’en priver.

Flash, Dale et Zarkov vont donc se balader entre deux planètes, combattre les extraterrestres envoyés par l’empereur Ming et tenter de retrouver le papa de Flash qui doit certainement être en vie quelque part (ce qui est le cas). Accessoirement, on sent que Dale et Flash sont toujours attirés l’un par l’autre et que Jo le nouveau fiancé va bien devoir l’apprendre un jour. Enfin, la vie n’est pas totalement rose sur la planète Mongo non plus, même si l’atmosphère baigne dans une lumière violette-fushia, car Ming est un tyran qui contrôle le marché de l’eau, adore qu’on diffuse des vidéos géantes de lui sur les bâtiments (genre Big Brother dans 1984) et semble tenir les différentes populations de son monde dans l’ignorance.

Il y a une autre chose qu’on comprend assez mal dans tout ça. Dès le second épisode, on sait que Ming est très intéressé par un objet que possédait le papa de Flash et qui s’appelle l’Imex. Et franchement, on ne peut pas lui en vouloir, car ce n’est rien moins qu’une puce qui renferme toutes les connaissances de l’univers. Sauf que Flash trouve cet Imex, s’arrange pour faire croire qu’il l’a détruit. Alors quoi, me direz-vous? Et bien, s’il est en possession de l’Imex, de toute la science infuse de l’univers, pourquoi ne s’en servent-ils pas pour concevoir des armes performantes, un moyen de transport efficace entre les deux planètes, un bouclier pour protéger la Terre des attaques, ou comprendre l’histoire de la planète Mongo et les raisons qui poussent l’empereur à agir ainsi? Oui, pourquoi?

Ben, je vais vous le dire moi pourquoi: sans ça, vous n’auriez pas passé vos mercredis après-midi devant le poste à vous languir d’amour pour le New Kids On The Block blond et franchement si vous n’en êtes pas honteux, c’est que vous êtes irrécupérables.

Il s’agit de ne pas confondre Flash Gordon et Flash, comme je l’avais fait. A part qu’ils sont tous deux des héros de comics au départ, adaptés à la télévision, ils n’ont pas grand chose à voir... Flash, c’est le type qui court vite. Flash Gordon, c’est le type qui court vite. Ah oui, mince. Steven Gordon a été surnommé Flash par son père parce qu’il montre des talents à la course à pied. D'ailleurs dans le premier épisode de la série, il gagne son troisième marathon et est une vedette sportive locale. Mais bon, même s’ils courent…

En quelques mots...

Sarah Sepulchre

Flash Gordon

Critique de l'auteur: Histoire de guerre des mondes incompréhensible avec un blondinet dans le rôle du personnage principal. Attention Flash Gordon, c'est pas Flash le super-héros rouge!

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À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.

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