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Petit Historique Des Fictions A La TV

On se perd facilement quand on tente de fixer la date de création de la télévision. Doit-on s’arrêter à la naissance de tel ou tel procédé, de la première transmission d’une image, des premières démonstrations publiques, du premier service régulier ou de la création de la première télévision officielle ? Pas évident. Mais franchement tout ceci nous occupe assez peu dans le cadre de notre petite histoire des fictions.

1900 à 1949: la préhistoire

Quelques repères ne sont cependant peut-être pas inutiles. C’est déjà en 1907 que Arthur Korn, un Allemand, transmet pour la première fois une photographie de Berlin au bureau parisien de L’Illustration. Cela prend plus d’une demi-heure! La course à la télévision est ouverte en France, en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis.

Mais c’est un Anglais, John Baird qui réalise le premier ensemble émetteur-récepteur suffisamment perfectionné pour que soient effectuées des démonstrations convaincantes. En 1923, il créé son premier téléviseur. En 1925, il transmet l’image d’imparfaites silhouettes. Le 27 janvier 1926, il fait une démonstration devant 40 membres de la Royal Institution: l’image d’une figure humaine aisément reconnaissable est transmise d’une pièce à l’autre. A partir du 30 septembre 1929 à Londres, un service régulier de télévision est instauré chaque jour de 11 heures à 11 heures 30.

Il reste encore à ajouter le son. Une première démonstration de télévision parlante a lieu le 25 avril 1932 en France. Mais l’image n’est pas encore assez bonne. La réponse réside probablement dans le tube cathodique que l’Américain Vladimir K. Zworykin travaille depuis 1923 et qu’il présente en France dix ans plus tard. Le vendredi 26 avril 1935 a lieu la première émission officielle de la télévision française.

Jusque là les normes de l’image définie en nombre de lignes et longueurs d’ondes n’était pas fixées. Avec la naissance de ces émissions officielles régulières, l’industrie peut commencer à produire des appareils récepteurs. Je vous passe plusieurs épisodes, le choix de la transmission par onde ou le câble, le choix pour des émetteurs privés ou publics… Il faudra attendre la fin des années ’40 pour trouver des normes techniques acceptables et à coût suffisamment bas pour que le public puisse participer.

En 1938, la technique permet de voir avec netteté les personnages et les monuments. Le décorateur Huard a étudié des décors adaptés à la sensibilité particulière de la caméra électronique. A ce moment, la dramaturgie, la comédie,… bref, la fiction fait son entrée en télévision. Il s’agit de courtes comédies, d’évocation d’épisodes historiques, de féeries, entrecoupées de numéros de music-hall. Le Visage de la Marseillaise est diffusé cette année-là, il s’agit d’une pièce écrite spécialement pour la télévision. Ce qu’on appellera plus tard, une dramatique. Le développement de la télévision est interrompu par la deuxième guerre mondiale. Les Allemands créent Télé-Paris, mais peu de changements interviennent réellement.

Aux Etats-Unis, l’évolution se produit dans le même laps de temps. En 1928, un service de programme de télévision est diffusé à New York. On y voit des hommes qui parlent, rient et fument. Il s’agit du résultat des expériences du docteur Ernst F. W. Alexanderson qui travaillait pour la General Electric. Et oui, même les balbutiements de la télévision américaine sont privés et non publics!

Le 11 septembre 1928, la première dramatique (les Américains disent “television drama”) est programmée. Elle est diffusée simultanément à la radio et en télévision et procure donc à la fois l’image et le son! The Queen’s Messenger de J. Hartley Manners dure 40 minutes. C’est un mélodrame d’espionnage choisi parce qu’il mettait en scène seulement deux personnages, un officier et une espionne. Les répétitions commencèrent à 4 heures du matin pour synchroniser la voix et les images de trois caméras fixes. La pièce était à l’antenne à 13 heures 30.

Dans l’immédiate après-guerre, la télévision amorce un nouveau départ. On fait des recherches pour améliorer la zone de couverture, on commence à produire des récepteurs plus abordables, Jacques Armand est désigné en tant que premier directeur des programmes, il doit mettre en place des émissions dignes de ce nom. Le premier journal télévisé est diffusé en 1949. La télévision française quitte peu à peu sa préhistoire, les années ’50 seront celles des pionniers.

1950-1959

Les années ’50 seront donc celles des pionniers. En 1950, 3.794 récepteurs de télévisions sont répandus en France. C’est peu, mais il ne faut pas oublier que le réseau de relais qui permettra une diffusion nationale n’existe pas encore.

Pourtant, les fictions sérielles font déjà leur apparition sur écran. Pendant l’été 1950, Claude Barma utilise les studios désertés pour tourner L’Agence Nostradamus. Le tout premier feuilleton de la télévision française compte 10 épisodes. Il a été écrit par Jean Luc. Les dialogues sont de Pierre Dumayet. Il sera diffusé dès le 9 octobre 1950. Claude Barma le tourne sur support film. Le 16 mm permet, en effet, l’enregistrement, la diffusion en différé et la re-diffusion des oeuvres.

L’Agence Nostradamus est la première concrétisation d’une volonté de Jean Luc alors directeur de la télévision française: développer une production cinématographique propre à la télévision (L’Aventure de la télévision, des pionniers à aujourd’hui). Même constat pour Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret selon qui: “Les directeurs de programmes s’étaient rendu compte rapidement que le public, pour qui la télévision était le cinéma à domicile, voulait surtout voir de la fiction”.

Très vite les canons de l’écriture sérielle se mettent en place. En 1954, Charles Exbrayat, auteur dramatique, journaliste, romancier et scénariste, écrit la première série à héros récurrent. Il s’agit de l’inspecteur Grégoire, incarné par Olivier Hussenot. Malheureusement aucun titre générale n’unifie la série. Elle change de titre à chaque épisode et est donc assez difficile à tracer. Vous aurez noté, en passant, que ces innovations apparaissent principalement dans des policiers.

La production culte par excellence de cette décennie est elle aussi policière. Il s’agit des Cinq Dernières Minutes de Claude Loursais. La série est inspirée de jeux radiophoniques. Une enquête criminelle est menée par l’inspecteur Bourrel, incarné par Raymond Souplex. La solution est fournie par un indice visuel. Deux candidats suivent l’intrigue sur le plateau. Quand l’inspecteur s’exclame: “Bon sang, mais c’est bien sûr”, ils doivent donner la solution.

Le premier épisode, “La clé de l’énigme” est diffusé le 1er janvier 1958 à 20 heures 15. Elle est produite en directe. Un exploit d’autant que les candidats avaient initialement le droit de faire rejouer certaines parties! Les pépins sont nombreux: oublis du texte, objets parfois importants malencontreusement laissés en coulisses, des comédiens qui n’ont pas le temps de changer de costumes entre deux scènes… Dès le 6ème épisode, des inserts filmés précédemment permettent une plus grande liberté. La production décide également de supprimer la possibilité de rejouer des scènes avant de tout bonnement supprimer les candidats eux-mêmes. L’émission qui hésitait entre jeu et série s’oriente totalement vers la fiction. Plus qu’un culte, la série est un dinosaure de la télévision française, elle a duré plus de trente ans. Les derniers épisodes seront diffusés dans les années ’90!

Aux Etats-Unis également, les règles sont fixées très rapidement en début de décennie. I Love Lucy sur CBS en 1951 pose les canons de la sitcom. Lucy est mariée à un chef d’orchestre et ne rêve que d’une chose: devenir une star et cesser d’être une ménagère. Trois caméras sont utilisées au tournage afin de produire un montage plus dynamique. Côté dramatique, Dragnet en 1952 sur NBC ouvre la voie au policier. La série se veut documentaire, elle est inspirée des enquêtes de la police de Los Angeles. Flics et comiques ouvrent la marche, d’autres types de personnages s’emparent vite du petit écran. (Martin Winckler, Les Miroirs de la vie).

Gunsmoke, Bonanza ouvrent l’ère du western. Denis la malice, Zorro, Lassie, Les Petites Canailles ciblent les enfants. L’Homme Invisible inaugure la science-fiction, Perry Mason le judiciaire, Haine Et Passion le soap opera. En 10 ans, tous les genres sont visités.

La décennie se referme sur la splendide Quatrième Dimension de Rod Serling. L’anthologie est encore programmée aujourd’hui. Elle se laisse encore regarder. Preuve qu’en 10 ans, la télévision a atteint un niveau de production tout à fait honorable, tant sur le fond que sur la forme.

3.794 récepteurs de télévision répandus sur le territoire français avons-nous dit plus tôt. En six ans, on atteint presque le demi-million. En 1956, 442.433 postes ont trouvé acquéreur. Le boum se produit sur les quatre dernières années de la décennies. En 1959, 1.406.242 foyers sont équipés soit presque 1 million de plus. On est loin de l’omniprésence actuelle et pourtant, on peut lire sur le site de l’Office Nationale de Filmographie du Canada, section historique, que “l’avènement de la télévision effraie plusieurs cinéastes”. Déjà. Et “en 1955, la télévision bouleverse l’équilibre des productions. Près de la moitié des films de l’ONF est destinée au petit écran”.

En 1954, les Américains lancent le premier magnétoscope professionnel sur le marché. En mars 1956, la RTF présente différents systèmes de télévision en couleurs étudiés en France sur base de ce qui s’exploite déjà aux Etats-Unis et s’étudie en Angleterre et aux Pays-Bas. Ce ne sont que des débuts, les résultats des recherches sur les magnétoscopes et la couleur n’arriveront dans les salons que durant la décennie suivante. Celle du pop, des starlettes et de la nouvelle-vague.

1960-1969

Les Golden Years… Cette décennie est probablement celle qui fait jaillir le plus d’images mentales, de clichés. Johnny Hallyday, Joe Dassin, Claude François, Les Beatles, Jim Morrison, Andy Warhol. Les années ’60 sont celles de la croissance économique. Le pouvoir d’achat du peuple augmente, la notion de loisir s’impose. On assiste donc à la naissance d’une culture de masse, produite pour le plus grand nombre. On la taxe rapidement de “culture populaire”. Les années ’60 sont aussi celles du triomphe de la jeunesse. Une génération apparaît qui n’a pas connu la seconde guerre mondiale et qui veut s’amuser. Les adolescents ont leur argent, leurs loisirs, leur culture, leurs magazines, leurs émissions, leurs idoles. Les élites se rebiffent. La culture était alors consommée en classe: le Times et les films d’auteurs pour les bourgeois, les comics et les sentimentaux pour le peuple. La culture de masse mélange les classes, rend les repères obsolètes.

La télévision joue un rôle fondamental dans la naissance et l’expansion de cette culture de masse. En 1967, 97 % du territoire reçoit la première chaîne et 70 % la deuxième. La démocratisation des prix fait entrer le récepteur dans de plus en plus de foyers tant bourgeois que populaires. Déjà la télévision occupe l’essentiel du temps libre, 30 % du temps des loisirs. Normal puisque les téléspectateurs ont plus de choix. En avril 1964 naît la deuxième chaîne française, par comparaison les Anglais ont deux chaînes depuis 10 ans déjà. Conséquence logique, plus d’heures de diffusion et augmentation du nombre de programmes. Généralement, on se tourne vers les fictions sérielles. De nouvelles formes apparaissent comme les feuilletons découpés en tranche de 13 ou 26 minutes diffusés avant les journaux télévisés (Un Gars, Une Fille n’a donc rien inventé). Rocambole ou L’Abonné de la ligne U sont de ceux-là. En 1969, déjà, on commencera à parler publiquement d’une troisième chaîne française.

Ouverte en 1961 par le premier homme dans l’espace et refermée sur la mission Apollo 11, la décennie sera aussi celle de l’avancée technologique de la télévision. En février 1960, les retransmissions de l’orchestre national et du match de Rugby Toulouse-Vichy ont ceci de commun: elles sont enregistrés, on dit alors “ampexées”. Le magnétoscope inventé par la société américaine Ampex (d’où l’adjectif) est réellement utilisable depuis 1956, industrialisé en ’57 et importé en Europe en ’58. La mondovision fait ses débuts, les satellites de télécommunication sont placés en orbite, le célèbre Telstar notamment. Les régies sont désormais équipées d’ordinateurs.

Depuis 1962, les britanniques peuvent lire le supplément du Sunday Times en couleurs. Les années ’60 sont yéyés, elles ne pouvaient être convenablement honorées que par l’apparition du spectre complet sur écran. Je vous passe les problèmes créés par les différents systèmes existants de par le monde (625 ou 819 lignes, le Pal ou le Secam) et qui retarderont l’arrivée de la couleur. Et pourtant, le 25 août en Allemagne, le 1er octobre en France marque ses débuts officiels. Pour beaucoup pourtant, la soirée concoctée pour l’occasion ne sera visible qu’en noir et blanc, les vieux récepteurs sont toujours en place.

Pour une fois les Américains ne sont pas sensiblement en avance. Si le noir et blanc sied très bien à La Famille Adams, évidemment, ou aux séries hors temps comme Zorro, ou la Quatrième Dimension, la couleur est un plus pour bon nombre d’autres séries. C’est lors de sa troisième saison, en 1966-1967, que Ma Sorcière Bien Aimée passe à la couleur. Certain disent que la série en deviendra encore plus burlesque. La couleur sera partie intégrante de l’image pop des Mystères De L’Ouest ou de Batman. Max la menace, Daktari, Star Trek, Mission: Impossible sont toutes entières en couleur. On mesure l’importance du changement et son apport dans l’écriture visuelle.

L’Angleterre joue un rôle fondamental dans cette décennie. David Bowie et le Swinging London, Mary Quant et la mini-jupe. Elle fait jeu égal avec les Etats-Unis. Destination Danger, Le Prisonnier, Dr Who, Le Saint, Chapeau Melon Et Bottes De Cuir, L’Autobus A Impériale, c’est l’âge d’or de leur télévision.

Belphégor, Janique Aimée, Belle et Sébastien, Thierry la Fronde, Bob Morane, Le Temps Des Copains, les Shadocks, Arsène Lupin, Columbo, Le Frelon Vert, Le Fugitif, Hawaï Police D’état, Mannix, Tarzan, Flipper le Dauphin, Perdus Dans L’espace, Peyton Place, Stalag 13. Vous savez quoi? C’est impossible de les citer toutes.

A la fin de la décennie, la jeunesse embrase Mai ’68 en France. Des lois en faveur de l’homosexualité, du divorce, de la contraception, de l’avortement sont votées en Angleterre. Les Beatles se séparent. Les noirs revendiquent leurs droit, les assassinats de Martin Luther King et de John Kennedy se produisent aux Etats-Unis. Les années psychédéliques pointent le bout de leur nez accompagnées des traumatismes liés à la guerre du Vietnam qui marqueront l’imaginaire américain.

1970-1979

Les années ’70 seront celles du combat de l’ancien contre le nouveau. Aux Etats-Unis, cela se traduit par un simple dilemme: aborder ou non les sujets qui fâchent… Mais je veux dire les sujets qui fâchent VRAIMENT. La décennie s’ouvre sur All In The Family (1971), une série inédite en Europe. Archie Bunker est un Américain moyen furax: il doit travailler avec une équipe multi-ethnique… Or Archie est raciste. Et pour ne rien arranger sa fille, Gloria, est une progressiste de gauche mariée avec un polonais. Norman Lear, le producteur, a voulu une série provocatrice. Elle durera 12 ans durant lesquels Archie devient plus modéré. All In The Family donnera même naissance à un spin-off, les Jefferson (1975), qui se paie se luxe d’aller encore plus loin. Les héros sont noirs, les voisins de Archie, en fait, qui ont fait fortune et déménagent pour une banlieue bourgeoise de New York. Les voisins des Jefferson sont le premier couple mixte de la télévision américaine.

L’autre sujet scabreux ce sont les femmes. On site souvent les Drôles De Dames (1976), pourtant les dramatiques (à cette seule exception faite) sont toujours dominées par les hommes. Non, ce sont au sein des sitcoms que les femmes s’émancipent. Le Mary Tyler Moore Show débute en 1970 et met en scène une célibataire. Le projet initial prévoyait une femme divorcée, mais ça, c’est définitivement too much pour l’époque. Ce qui change surtout, c’est que Mary n’est pas filmée chez elle. La série se déroule principalement sur son lieu de travail. La fée du logis souriante est démodée. Mais c’est de nouveau Norman Lear qui prend une longueur d’avance avec Maude. Maude a la quarantaine bien sonnée, mais elle n’a pas des idées rétrogrades. Elle se lance dans la politique, elle se fait faire un lifting, subit un avortement, doit faire face à la ménopause et à l’impuissance de son mari. Et nous ne sommes alors qu’en 1972… Le seul tabou qu’elle ne brise pas, c’est l’homosexualité.

La France ne diffuse pas la plupart des séries que je viens d’évoquer. Mais elle ne sera pas à l’abris pour autant. La télévision française aussi change, jusque dans ses structures d’ailleurs puisque Valéry Giscard d’Estaing s’attaque en 1974 au démantèlement de l’ORTF. TF1, Antenne 2 et France Régions 3 naissent des cendres des première, deuxième et troisième chaînes.

Cette même année, les Européens apprennent qu’on peut éduquer autrement, je veux dire en amusant. Et quoi de plus différent ou amusant, c’est selon, qu’un dinosaure jaune? Et oui, le 16 septembre 1974, Casimir débarque à la télévision. Il est accompagné des marionnettes de Sesame Street. Christophe Izard, le créateur de L’Île Aux Enfants, a fait ses gammes à New York dans l’équipe du Children Television Workshop de Jim Henson, le papa du Muppet Show.

Dans la fiction pour plus grands, c’est dans son genre favori que la France sera touchée. Les dirigeants de TF1 sont en mal de policiers. Pierre Sabbagh est passé sur Antenne 2 avec Les Enquêtes du Commissaire Maigret et Les Cinq Dernières Minutes sous le bras. Claude Boissol, chargé de créer le nouveau succès, invente un commissaire plus jeune et plus moderne que ce que la télévision française a l’habitude de produire. Si le premier épisode s’intitule “L’enquête est ouverte”, le deuxième s’appellera Le Commissaire Moulin. Attention, on est loin de l’image que l’on a maintenant de Moulin. Il porte encore costume et cravate. Mais une production américaine qui vient de débarquer fait de l’oeil à Yves Rénier et l’acteur insiste pour faire évoluer son personnage vers le jeans, les baskets et les cheveux longs. La production américaine en question, c’est Starsky et Hutch (1975). Les enquêtes psychologiques, les interrogatoires et les dénouement en huis clos du policier classique seront bientôt obsolètes. Les fusillades, l’action, l’argot et la violence seront bientôt la norme.

En attendant, la télévision hésite entre tradition et modernité. Malgré leurs qualités indéniables, des séries comme Les Brigades Du Tigre (1974), Oum le dauphin (1971), Prince noir (1972) Racines (1977), Amicalement Vôtre (1971) sont du côté de la tradition. Chapeau Melon Et Bottes De Cuir (The New Avengers, 1976), MASH (1972), Drôles De Dames, Starsky et Hutch tendent irrésistiblement vers la nouveauté…

Mais un phénomène neuf (et qui sera massif dans les années ’80) s’infiltre déjà dans les grilles de programmes. Il prend le visage de Gundizer. En mélangeant les syllabes de Goldfinger et Mandrake, les français le rebaptise Goldorak (1978). Le succès se traduit dans les chiffres d’audiences, mais aussi dans les chiffres de ventes. Les produits dérivés inondent le marché. L’ère de la japanimation s’inaugure. Mais la décennie se referme sur la nostalgie et le souvenir guimauve des années ’50 et ’60 avec Richie, Fonzie et leurs jours heureux (Happy Days). Les années ’80 commenceront sur une question intenable: qui a tiré sur JR?

1980-1989

Soap opera, sitcom et révolution dans l’ombre… Voilà en quelques mots le portrait des années ’80. Elles paraissent insignifiantes avec leur lot de séries anodines comme L’Agence Tous Risques (1983), Madame Est Servie (1984) ou Miami Vice (1984). C’est parce qu’on ne les a pas bien regardées!

Les années ’80 sont incommensurablement celles de Dallas. Le feuilleton existe depuis 1978, mais ne débarque qu’en 1981 de ce côté-ci de l’Atlantique. A l’image de JR, la série est celle qu’on aime détester. Mais le programme est un succès phénoménal. Larry Hagman, qui incarne le détestable JR, prétendait recevoir 3.000 lettres par semaines, majoritairement des déclarations d’amour. Dallas sera aussi à la base de copies plus ou moins avouées et plus ou moins chanceuses, Dynastie en tête.

La France n’est pas en reste. TF1 diffuse, dès janvier 1985 (mais le feuilleton est en chantier depuis 1983), Chateauvallon. La fiction française est plus sage que Dallas (il n’y a pas d’alcool, pas de sexe), mais les amours impossibles, les luttes entre les clans Berg et Kovalic, les intrigues politiques passionnent les foules. L’aventure se termine avec l’accident de voiture de l’actrice Chantal Nobel, qui mettra longtemps à se rétablir.

Dallas ouvre l’ère du soap opera roi, du feuilleton tellement fleuve qu’il semble avoir toujours été là. Avec Dallas, les Européens découvrent qu’ils peuvent être complètement dépendants d’une fiction.

Et oui, selon une enquête du Centre d’études d’opinion (citées par Jacques Mousseau et Christian Brochard), “Les Français passent 18 heures par semaine devant leur poste (la plus longue activité de loisirs à laquelle ils se sont jamais consacrés). […]. 56 % des Français affirment ne jamais prévoir leurs sorties en fonction du programme”. Une personne sur deux vérifie d’abord les programmes télés avant de choisir ce qu’elle fera de sa soirée. Il aura fallu à la télévision seulement trois décennies pour devenir centrale dans la vie des êtres humains.

La télévision peut donc largement étendre l’offre de ses programmes. Canal + est créée le 4 novembre 1984 et parvient à fidéliser un public malgré les difficultés techniques nombreuses au démarrage. La Cinq puis la sixième et la septième chaîne (elle deviendra Arte) se mettent en place. TF1 est privatisée. TV5 fête ses trois ans dans un relatif anonymat (la plupart des Français ne la captent pas parce qu’ils ne sont pas abonnés au câble). Sans compter que la télévision complète sa grille. Désormais, les chaînes diffusent aussi en journée et le matin comme c’était le cas depuis longtemps aux Etats-Unis et au Japon.

Les années ’80 souffrent d’une mauvaise réputation. On en retient le plus souvent les fictions faciles comme K2000 (1982), Les Routes du Paradis (1984), Buck Rogers (1985) ou 21 Jump Street (1987). Des séries qui versent parfois dans un simplisme et un manichéisme édifiant. Peut-être un effet secondaire de la Guerre Froide… Les Etats-Unis sont dirigées par Reagan et il a besoin d’une Amérique traditionaliste.

Les sitcoms familiales fleurissent: Madame Est Servie, La Fête A La Maison (1987), Quoi De Neuf Docteur ? (1985)… Il faudra attendre 1988 et Roseanne pour que la télévision filme des familles moins policées. La France n’est pas plus originale: Maguy (1985) et Marc et Sophie (1987) sont créées à cette époque. Le vent de féminisme qui a soufflé sur les Etats-Unis la décennie précédente arrive en France. Mais, même les Dames De La Côte, qui ont marqué les esprits, ne relèvent pas franchement le niveau.

Ceci dit, la production française peut parfois se révéler plus intéressante. Téléchat, une parodie du monde des journaux télévisés et de la vacuité des médias, fait sont apparition en 1983, simultanément en France et en Belgique. De son côté, Jean Chalopin parvient à rivaliser avec la vague des dessins animés japonais. Il est français et créateur à succès de Ulysse 31 (1981), des Minipouss, de L’Inspecteur Gadget (1983) et des Bisounours (1987).

Jean Cosmos crée Julien Fontanes, magistrat (1980) qui s’inspire du travail des juges de la Direction des Affaires Criminelles. En France, ils sont le dernier espoir des condamnés puisqu’ils mènent les enquêtes sur les recours en grâce. La série aborde des faits de société comme l’abrogation de la peine de mort, une affaire de pollution à la dioxine du type Seveso, la légitime défense, les réseaux de proxénètes, les prises d’otages, les bavures policières ou le terrorisme. Elle dérange et est retirée de l’antenne en 1987.

Dénigrées les années ’80? Elles vont pourtant faire passer la fiction télé dans l’époque de la maturité. Dallas, tout le monde n’avait que ce mot à la bouche, mais dans l’ombre naissait Hill Street Blues/Capitaine Furillo (1981) de Steven Bochco et Michael Kozoll. Les personnages sont innombrables et ne sont pas des saints. Les plans sont filmés à l’épaule, le montage saute d’une trame narrative à l’autre dans un rythme effréné. Les scénaristes mêlent série et feuilleton. Les scénarios sont truffés d’humour noir et de provocation. Toutes des nouveautés à l’époque. Les chiffres d’audience sont catastrophiques. Mais les critiques sont spectaculaires. La série ne survivra à sa première saison que grâce à ça. Elle gagnera huit Emmy Awards l’année suivante! Elles sont loin, les séries reaganniennes. A la suite de Steven Bochco, on arrête de prendre les téléspectateurs pour des cons. Les années ’90 créeront les fictions les plus intelligentes qu’on ait jamais vu à la télévision.

1990-1999

Plusieurs séries osent la carte de la qualité au début des années ’90. Twin Peaks (1990), La Ville Du Grand Secret (1992), Homicide (1993) pour les dramas ; Dream On (1990), Seinfeld (1990) du côté des comédies, ont toutes été créés dans les trois premières années de la décennie. Mais ont-elles réellement un impact? Twin Peaks défraie la chronique, mais est annulée faute d’audience. Seinfeld mise à part, les autres fictions ne sont pas les blockbusters de l’époque. Pourtant les chaînes persistent. Ces séries remportent un succès critique important et les programmateurs se rendent compte que ça redore leur blason. Et puis, ces productions drainent le public qui intéresse les annonceurs. Le profil type? Il a entre 25 et 35 ans, il est cadre, urbain et est celui qui achète télévisions, ordinateurs et gadgets high tech. L’audience téléphile est encore marginale, mais le ver est dans le fruit…

10 septembre 1993. Dana Scully entre dans le bureau de Fox Mulder… Cet événement est loin d’être anodin. Aux Frontières Du Réel va récolter des chiffres d’audience astronomiques. C’est une histoire d’OVNI, d’enlèvements, de complots qui tombe à point nommé dans un monde post-Guerre Froide à la recherche d’un coupable aux dysfonctionnements de la société. Le gouvernement semble tout indiqué. Mais X-Files ne réjouit pas que les paranos et ufologues à deux balles. La série est aussi mondialement louée pour la qualité de ses intrigues, des personnages, de l’image. On lit fréquemment qu’Aux Frontières Du Réel équivaut un film de cinéma. La série est aussi à l’origine d’un phénomène neuf et sur lequel elle n’a aucune prise. C’est la rencontre entre internet et les fans. Non seulement, ils discutent pendant et après l’épisode hebdomadaire, mais ils s’approprient totalement la fiction. L’autopsiant, relevant les moindres détails, alimentant les rumeurs, voire les scénaristes eux-mêmes. Désormais les téléspectateurs ont une influence, limitée certes, mais réelle sur ceux qui font les séries et ceux qui les diffusent. Plus que les chiffres d’audiences ou les critiques dans la presse, ce sont les internautes qui sauvent ou condamnent les fictions.

En deux ans, la messe est dite. En effet, trois séries sont incontournables dans les années ’90 et elles voient toutes le jour en 1993 et 1994. Aux Frontières Du Réel est la première, Friends (1994) est la deuxième. Elle réhabilite complètement la sitcom qui était tombée dans un bavardage familial moralisateur dans la décennie précédente. Elle met aussi en évidence un fait de société: l’augmentation du nombre de personnes seules dans les grandes villes. En quelques épisodes, les célibataires deviennent des gens super cool qui s’amusent à longueur d’année. La manière Friends marche tellement bien qu’il est bientôt impossible de penser une sitcom ou une comédie sans un groupe d’amis très proches dont on examine les déboires amoureux et la vie quotidienne. Les Dessous de Véronica (1997), Ally McBeal (1997), Will & Grace (1998), Six Sexy/Coupling (2000) plagient le moule avec plus ou moins de bonheur.

La troisième série joue sur les mêmes éléments que les fictions de Bochco. Un groupe de personnages qui sont à la fois des héros des temps modernes et des êtres humains remplis de failles, un métier emblématique, un quotidien qui se déroule devant les yeux du téléspectateur. Urgences (1994) a en plus ce “je ne sais quoi” qui la rend unique et qui fait qu’avec les mêmes matériaux de départ elle engendre un succès alors que Chicago Hope (ou La Vie à tout prix, 1994) se vautre. Capitaine Furillo a fait aimer les flics, Urgences fera comprendre au public pourquoi il poireaute parfois des heures dans la salle d’attente d’un hôpital. Les séries de la fin du siècle sont effectivement très réalistes. Auraient-elles la capacité de dire le réel mieux que le réel? C’est ce que certains prétendent… Ce souci de vraisemblance annonce la télé-réalité qui deviendra majeure dans les années 2000.

A elles trois, ces séries résument les courants qui traversent la télévision de la décennie. Elles ne sont évidemment pas seules à occuper l’écran. On aurait pu citer Beverly Hills 90210 (1990), Parker Lewis Ne Perd Jamais (1990), la franchise Star Trek (Deep Space Nine en 1993, Voyager en 1995), Loïs & Clark (1993), Babylon 5 (1994), Cadfael (1994), La Vie A Cinq (1994), Xena, Princesse Guerrière (1995), Dark Skies (1996), Millennium (1996), Profiler (1996), Brooklyn South (1997), Buffy Contre Les Vampires (1997) ou First Wave (1998).

En France, après un inexplicable succès de Hélène Et Les Garçons (1992) et avec quelques années de retard, PJ (1997), Police District (2002), Meurtres En Séries (2001) prouvent que les scénariste francophones sont aussi capables du meilleur.

Face à leurs succès, face à leurs qualités, difficile de continuer à dire que les feuilletons sont débiles. La presse prend plus de temps que les producteurs, que les fans, qu’internet, que le Génération Séries mais elle finit quand même par célébrer le genre. Aux Frontières Du Réel, c’est certain, à ouvert la brèche. Les people envahissent les couvertures et les critiques dithyrambiques les pages télés. Les années 2000, fortes de cet héritage, oseront carrément détrôner Hollywood.

2000-2005

Bizarrement, c’est à ce moment-là que Hollywood, justement, s’est emparé des fictions télé pour remplir les cinémas. Les adaptations se suivent et se ressemblent: jusque maintenant aucune d’entre elles n’a pu convaincre. Le lieu de la création c’est bel et bien la télévision.

Et HBO, la chaîne câblée américaine, n’est pas étrangère à cette évolution. Créée dans les années ’70 son slogan publicitaire clame: “It’s not TV. It’s HBO” (ce n’est pas de la télé, c’est HBO). Fin du siècle passé, c’est elle qui a lancé les hostilités avec des séries comme Sex & The City (1998) et les Soprano (1999). Des scène sexuellement explicites, des corps nus à l’écran, un langage cru caractérise la première fiction. Une vision des femmes aussi à laquelle la télévision américaine (et la télévision européenne non plus d’ailleurs) ne nous avait pas habitués. Les Soprano sont dans la lignée des films de gangsters que Quentin Tarantino a réveillée. Mais c’est totalement à contre-pied que la série se positionne. Le chef local, Tony Soprano, est coincé entre son métier, les traîtrises de ses subordonnés, sa femmes et ses enfants adolescents. Alors, comme tout bon citoyen américain, il consulte. Il fallait oser aller à contre courant du mythe lancé par la trilogie des Parrain. Depuis, HBO ne s’est pas franchement calmée. Sans ligne de conduite, sans genre favori, sans personnage fétiche, elle tire un coup à gauche vers l’histoire (Frères d’Armes, 2001), un coup à droite dans la fantasy (Carnivàle, 2003), un coup ailleurs et elle se joue du tabou de la mort avec Six Feet Under (2001). HBO fait toujours un carton.

La télévision lieu de création, ce n’est en fait pas moi qui le dit mais Joel Surnow, le co-créateur d’une série choc des année 2000 (dans le numéro de juillet et août 2003 des Cahiers du Cinéma). On sait déjà qu’à la télévision, et au sein des fictions audiovisuelles en général, il y aura un avant 24 Heures Chrono (2001) et un après. La série n’est pas finalement si révolutionnaire en terme de scénario. Elle ne redéfinit pas les règles d’un genre comme les Soprano l’ont fait, par exemple. Mais elle s’attaque au temps réel. Or ce temps réel, on en parle beaucoup sans qu’aucune fiction ait jamais réussi à le faire. On en aura calculé les minutes, les pauses pipi, le nombre d’heures de sommeil de Jack Bauer. Le succès est venu de ce tour de force annoncé des scénaristes. On a tous regardé en attendant le moment où ils allaient se planter. Mais ils ont tenu le coup. Pourtant le temps réel ne suffit pas à expliquer le plus qu’apporte cette série. Je crois que 24, c’est surtout une accélération, une complexification de la narration, une nouveauté esthétique que recherchaient les fans. Un peu comme on lit un nouveau roman juste pour le plaisir de la virtuosité. 24 Heures Chrono ne survivra probablement pas aux années. Mais on retiendra qu’elle fut la première à prendre les téléspectateurs pour des amateurs d’exercices de style.

Depuis, les innovations formelles, on ne s’en lasse plus. Boomtown (2002) a joué avec la focalisation et l’ordre de la narration. On suit la même enquête du point de vue de plusieurs personnages et donc parfois on revoit des scènes en flashback ou on en voit d’autres en flash-forward. Après s’être attaquée aux stéréotypes des genres, aux rôles traditionnels hommes-femmes, à l’esthétique visuelle, au temps, la télévision tente maintenant de briser le carcan narratif qui fait la nature même des séries télés: la sérialité.

On les trouvait trop répétitives, trop prévisibles. Les scénaristes sont devenus les spécialistes des rebondissements à grands spectacles. On développe une série et après quelques saisons, on renverse tout. Aux Frontières Du Réel (1994) avait commencé, inter-changeant les places selon l’humeur: Smoking Man était méchant, il devient gentil et la mythologie obsolète en l’espace de 50 minutes. Le Caméléon (1996) ne révèle pas grand chose, se laissant le luxe de distiller les informations chocs. Buffy Contre Les Vampires (1997) de fiction pour ado s’est transformée en série plus mature, passant des blagues saupoudrées de surnaturel à une héroïne morte, ressuscitée et écharpée vive. Alias (2001) pour finir, décide, début de troisième saison, de faire carrément table rase du passé, remplaçant des agents doubles par des agents triples traîtres et parfois trompés. Le tout servi avec un zeste d’ésotérisme. Bref, on casse les histoires qu’on avait développées. Quand on commence à regarder une série aujourd’hui, on ne sait pas si le héros sera toujours là dans trois épisodes, si les rôles seront toujours les mêmes et si le genre n’aura pas muté. Les repères ont disparus.

Et on parlait, il a quelques lignes d’ésotérisme. Les séries années 2000 ont aussi un goût de divin de plus en plus prononcé. Millenium (1996) à la charnière du siècle a subtilement joué avec l’idée de fin du monde qui a plané aussi sur le cinéma. Mais depuis, le bug n’a pas eu lieu, Mir ne s’est pas écrasée sur Paris et les quatre anges de l’apocalypse roupillent toujours. Alors, on réinvente les dieux. Carnivàle, par exemple, parle de Bien, de Mal, parle de Bible et d’élus. Buffy utilise le même vocabulaire. Alias se tourne vers les prophéties d’un obscur italien qu’on n’a quand même pas osé nommer Nostradamus. Et je ne vous ferai pas l’affront de vous parler de Sept A La Maison (1996). Serions-nous tous en quête de vérité? Sauf qu’on veut maintenant nos 15 minutes de célébrité et donc l’élu c’est nous, enfin quelqu’un comme nous. Buffy Summer, Sidney Bristow, Ben Hawkins ne se sont pas préparés, ils ne sont ni mieux, ni moins bien, pas particulièrement plus beaux, plus sportifs, plus forts que vous et moi. Finalement, on pourrait être eux. On pourrait même le rester malgré les incidents de parcourt éventuels. A l’image de ce Monk (2002), faible, apeuré, prisonnier de lui-même qui reste cependant le plus fin limier de San Francisco.

Côté européen, on est resté scotché sur les policiers. PJ (1997) a semble-t-il trouvé une vitesse de croisière moins innovante mais probablement plus rentable. Police District (1999) a duré ce que durent les étoiles filantes. Les vieilles formules comme Julie Lescaut (1992) ou Navarro (1989) ont la peau dure. La nouveauté est arrivée avec les nouveaux formats courts d’Un Gars, Une Fille (1997) ou de Caméra Café (2001). Mais là aussi, la veine semble épuisée…

À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.
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