Au Nom De La Loi

Wanted Dead Or Alive est le titre original de la série Au Nom De La Loi. La série a été diffusée entre septembre 1958 et mars 1961 sur CBS. Steve McQueen joue le personnage central, Josh Randall, qui sera secondé par Jason Nichols durant neuf épisodes de la deuxième saison (Wright King incarnait ce personnage). C’est la seule série à laquelle Steve McQueen ait accepté de participer.

A l’époque, la série est la première à choisir un chasseur de prime comme héros. Malgré la mauvaise réputation de ces personnages, le public adore. Sa réputation est connue jusqu’en France où elle sera la première série à être diffusée le samedi soir à 20h30. Les directeurs de cinéma se sont d’ailleurs plaint de la baisse de fréquentation des salles et ont demandé qu’elle soit déplacée dans la grille des programmes.

La série ne semble pas avoir perdu de son aura. En 1987, le cinéma rend un bel hommage à la série. Le film Mort Ou Vif raconte les aventures de Nicholas Randall, l’arrière petit-fils de Josh Randall. Cela justifie peut-être qu’elle ait été colorisée en 1990. Ce sont les coloristes qui ont choisi de teindre la chemise de Josh Randall en bleu. En réalité, elle était beige, mais cette couleur ressortait mal sur le décor désertique. C’est un peu bizarre de voir un chasseur de primes, pourtant avide de camouflage et de discrétion, porter ce type de couleur!

La série a été à la fois bénéfique et dramatique pour Steve McQueen. Elle a littéralement lancé sa carrière puisque c’est grâce à la renommée qu’il y a acquise qu’il a tourné Les Sept Mercenaires. Mais, malheureusement pour lui, la série était sponsorisée par les cigarettes Viceroy et la marque exigeait qu’il fume ses produits. Il est mort d’un cancer du poumon en 1980…

Si aujourd’hui les plus jeunes ne se souviennent pas de la série et ne savent même pas qui est Steve McQueen, ils sont pourtant conscients qu’une carabine au canon scié, c’est le top du top comme arme. Et ça, c’est un héritage d’Au Nom De La Loi!

Le chasseur de primes

Au Nom De La Loi est centrée sur le personnage de Josh Randall, un chasseur de prime. Ça a l’air tout naturel et pourtant, à l’époque, ce choix semblait être une gageure. Jacques Viallon et Fabrice Rendé nous apprennent, dans le Guide Du Téléfan qu’ils ont consacré à la série, que: “Dans l’esprit commun, `un homme qui en recherche un autre pour de l’argent ne vaut pas mieux que celui qu’il poursuit´. Tous les grands shérifs et marshals qui ont risqué leur vie pour une poignée de dollars sont devenus des héros aux yeux des citoyens. A travers le temps, leur nom est resté. Le chasseur de primes est un être que l’on méprise car ce n’est que pour l’appât du gain qu’il se transforme en justicier”. Cet appât du gain est ce qui fait la différence entre un justicier au grand coeur et un chasseur de primes méprisé.

Dans l’Ouest américain, durant la période de la conquête, les shérifs n’avaient pas la possibilité de contrôler un territoire aussi immense. Ils recourraient donc aux services des chasseurs de primes. Ils placardaient sur les murs de leur bureau les photos des bandits recherchés ainsi que le montant de la prime offerte. N’importe quel citoyen pouvait donc se changer en chasseur de primes. Les chasseurs de primes professionnels étaient très rares. La plupart du temps, ceux qui s’acquittaient de cette tâche ne le faisaient qu’occasionnellement. Des privés pouvaient également lancer des avis de recherche.

Les compagnies de chemin de fer, de diligences, de transport de courrier payaient souvent pour l’arrestation des criminels qui attaquaient leurs employés. Les affiches proclamaient que le criminel pouvait être ramené mort ou vif. La plupart du temps, les chasseurs de primes les tuaient pour ne pas avoir trop de difficultés à les ramener. En plus, certains d’entre eux n’hésitaient pas à utiliser des méthodes répréhensibles pour retrouver leurs proies. C’est pour ces raisons que les chasseurs de primes ont aussi mauvaise réputation. A noter qu’il existe toujours des chasseurs de primes aujourd’hui. Ils recherchent les criminels qui ont filé pendant leur liberté sous caution (Au Nom De La Loi. La Légende D’un Anti-héros, pp. 7-10).

Voilà pourquoi on qualifie souvent Josh Randall d’antihéros. “Le héros devient soudain antihéros. Il a choisi un métier dur et dangereux où il est plus facile de ramasser du plomb que de l’argent. Il ne fait triompher la justice que par appât du gain. Si une affaire est trop dangereuse ou ne rapporte rien, sa première réaction est de la refuser tout net” (Au Nom De La Loi. La Légende D’un Anti-héros, p. 13).

En effet, Josh Randall est d’abord quelqu’un de pragmatique qui demande le montant de la prime avant de s’engager. Il ne travaille d’ailleurs que quand il est fauché et que le poker ne lui a pas permis de renflouer ses caisses. Et il est plutôt fâché quand on lui fait perdre son temps. Quand, par exemple, il cherche un homme qui a été innocenté entre temps. Dans ce cas, il négocie pour être payé malgré tout (épisode 77, “Le Voleur”).

Il n’est pas spécialement sensible aux valeurs morales. Son seul principe est de ramener les criminels vifs plutôt que morts. Il s’éclipse si ses adversaires sont trop nombreux. Mais malgré tout, il a une réputation bien établie et il fait peur (voir le début de l’épisode 1 “Les deux sinon rien”). Il joue d’ailleurs énormément là-dessus. Sa réputation lui permet souvent de ne pas devoir se battre. “Par son jeu ironique et distancié, il permet à Josh Randall d’ouvrir la voie aux héros modernes qui refusent le combat contre plus forts qu’eux pour vaincre ensuite par la ruse. C’est un anti-héros qui devient héros malgré lui” (Au Nom De La Loi. La Légende D’un Anti-héros, p. 35).

Josh Randall est un héros solitaire. “Je préfère être seul”, dit-il à Estralita qui s’étonne de le voir à l’écart lors d’un bivouac (épisode 41 “Estralita”). On ne lui connaît pas de famille, pas de petite amie fixe (il tombe amoureux une fois, mais la fille meurt à la fin de l’épisode), pas d’amis, pas de compagnon de route. A l’exception de Jason Nichols durant la deuxième saison avec qui une relation “maître-élève” s’établit. Ce personnage sera cependant évacué après 9 épisodes. Steve McQueen considérait que Josh Randall devait rester un solitaire.

On apprend au détour d’une aventure qu’il a un domicile fixe où il reçoit du courrier, mais on ne le voit jamais. Il n’a pas non plus d’ennemi juré qui lui en voudrait de l’avoir mis sous les verrous. Les criminels n’apparaissent d’ailleurs jamais deux fois de suite.

Non seulement il est solitaire, mais il est aussi taciturne et secret, ce qui signifie qu’on ne sait pas grand chose de lui. “Il n’a pas de lourd secret derrière lui, son enfance était pratiquement sans histoire, il a servi dans l’armée à un petit niveau avant de devenir l’employé d’une banque qui l’a accusé de complicité dans un hold-up. On peut dire que Randall n’existait tout simplement pas avant d’être chasseur de primes” (Au Nom De La Loi. La Légende D’un Anti-héros, p. 43). Josh Randall lui-même donne ces éléments dans un dialogue rapide. Il évacue tout son passé en moins d’une minute presque (épisode 11 “Service Rendu”).

Vous l’aurez compris toute la série tourne sur le retour du même: la traque d’un homme. Il n’y a aucun élément feuilletonesque. Le retour du même est cependant brisé par les histoires de ces criminels. Parfois il est mandaté par un shérif, parfois par des privés. Parfois, il traque un homme, mais il lui arrive de chercher après une brebis ou le Père Noël. Parfois, on lui demande de protéger un diamant durant son transport ou de retrouver l’identité d’un homme amnésique. Les variations sont donc plutôt ténues. Les séries des premières décennies étaient structurées de manière plus simple qu’actuellement. Ceci explique probablement cela…

Premières apparitions de Josh Randall

Josh Randall n’en est pas à sa première apparition télévisuelle quand débute Au Nom De La Loi. Le personnage a été testé dans un épisode de la série Trackdown, avec Robert Culp, intitulé “The Bounty Hunter” (“Le Chasseur De Primes”). Le public ne rejette pas ce personnage pourtant un peu rébarbatif, et la prestation de Steve McQueen dans un autre épisode de la série (où il interprète des frères jumeaux) achève de convaincre les producteurs de lancer la série.

Steve McQueen

C’est un inconnu quand il signe pour le rôle de Josh Randall. Ce n’est donc pas sa renommé qui a joué dans le choix des producteurs. Un choix un peu bizarre d’ailleurs puisqu’on ne peut pas vraiment dire qu’il a le physique de l’emploi (tel que le public se représentait les chasseurs de primes à l’époque). Il a un physique de jeune premier, presque adolescent. Ses yeux bleus ne l’orientent pas nécessairement vers le western! Et c’était apparemment fait exprès. Les auteurs du Guide Du Téléfan nous apprennent que Vincent Fennely recherchait justement un acteur avec un physique qui ne collait pas au rôle.

“J’avais besoin d’un `petit mec´ donnant l’air d’être assez dur pour faire ce job, mais avec une espèce de vulnérabilité afin que le public prenne fait et cause pour lui contre les méchants. McQueen était exactement ce que je cherchais. Je l’ai choisi parce qu’il était un homme ordinaire. Vous savez, un chasseur de primes est un pauvre type. Tout le monde est contre lui, sauf le spectateur. Et Steve McQueen n’était pas une beauté, mais il avait une espèce d’instinct animal, il pouvait ronronner et montrer ses griffes en même temps” (Au Nom De La Loi. La Légende D’un Anti-héros, p. 17).

McQueen signe sans grande joie. Il semble ne penser qu’au cinéma et la routine de la télévision l’effraie. En plus, il n’apprécie pas particulièrement le western et les chevaux! Mais il n’a pas le loisir de se passer du salaire. Une fois qu’il est dans le rôle, il s’en empare littéralement. Il contribue à sa création en lui choisissant son chapeau élimé et en sciant le canon de la Winchester. “L’engin obtenu est parfaitement illégal et constitue une aberration balistique, mais il trouve sa place dans l’Ouest américain du siècle dernier au coeur des aventures fictives de Josh Randall” (Au Nom De La Loi. La Légende D’un Anti-héros, p. 21).

Il s’entraîne même au tir et devient l’un des meilleurs tireurs de la côte Ouest. C’est également lui qui déniche le chapeau de Josh Randall. Il lui a été donné par un ancien cow-boy et Steve McQueen considérait qu’un chasseur de primes doit porter un couvre-chef qui a vécu et non un Stetson flambant neuf.

Comme il se sent proche du personnage, il semble qu’il ait aussi de plus en plus d’exigences à son propos. Il commence par virer le cheval qui lui était attribué parce qu’il le considère trop lent. Il en acquiert un nouveau, à peine dressé qui restera indomptable. La bête tente de le mordre, rue dans le matériel d’éclairage… Il s’entraîne également pour devenir un cavalier émérite (alors qu’il n’aimait pas les chevaux!).

Au fil des épisodes, il considère qu’il connaît assez le personnage pour refuser certains choix posés par les scénaristes. Ces derniers voulaient faire de Randall un héros invincible et plus idéaliste. McQueen considère que sa fragilité et son goût pour l’argent font la force et l’originalité du héros. Il bataillera ferme pour obtenir gain de cause.

Steve McQueen a des désirs de star, pourrait-on dire. C’est normal puisqu’il en est devenu une. Il pouvait tourner des films à côté de la série tant que les tournages n’en étaient pas perturbé. Il décroche un second rôle dans La Proie Des Vautours avec Frank Sinatra et Gina Lollobrigida en 1959. Sa prestation est saluée par la critique. John Sturges le choisit de nouveau pour un film en 1960: Les Sept Mercenaires, qui a autant de succès.

Le rôle qu’il tient dans Les Sept Mercenaires est proche de celui de Josh Randall, encore plus silencieux, rapide et adroit. Par la suite, Steve McQueen ne tournera plus jamais dans une série télévisée, mais il incarnera deux fois encore un chasseur de primes. Dans The Hunter (Le Chasseur) de Buzz Kulik et dans son dernier film: Tom Hornn de William Wiard.

Aujourd’hui, c’est probablement plus par ses films que par Au Nom De La Loi qu’il est connu. Outre les films déjà cités, il a joué dans La Grande Evasion, Le Kid De Cincinnati, L’Affaire Thomas Crown, Le Mans, Bullitt, La Tour Infernale… Pour ceux qui sont intéressés par Steve McQueen, notamment son passé tumultueux, sa carrière d’acteur et sa maladie, je vous recommande la lecture du site suivant: stevemcqueenweb.free.fr.

Le western à la télévision

Josh Randall est le premier chasseur de primes à la télévision, peut-on lire ici et là. Et c’est vrai. Mais le western était présent dès les débuts de la télévision. Et nous percevons assez mal le phénomène puisque beaucoup de séries restent inédites en Europe.

Christian Gonzalez, auteur du Que Sais-je? sur le western, prétend que la télévision a racheté le stock de film de séries B avant de passer à sa propre production de western. Il porte également un regard assez critique sur les séries télévisées. “Ces productions hâtives rabâchent, d’une série à l’autre, les mêmes situations archi-conventionnelles et les mêmes péripéties malgré un effort de renouvellement et les prestations d’authentique stars du grand écran: Henry Fonda, Joël Mac Crea, Barbara Stanwick notamment” (Le Western, Que Sais-je ?, p. 121. Christian Gonzalez, PUF, Paris, 1979. Numéro 1760).

Je ne suis pas certaine que les choses soient aussi simples que cela. Vous pourrez le constater en parcourant la liste ci-dessous, la télévision a déjà ses propres productions dès les années ’50. Il n’est pas non plus certains que tout soit à jeter dans le western télévisé, même si effectivement ce n’est pas là qu’il faut chercher les grandes innovations télévisuelles.

L’auteur remarque enfin que les séries et les téléfilms prennent le relais d’un genre en recul au cinéma. “L’avènement du téléfilm semble annoncer que le western traditionnel pourrait bien trouver un ultime refuge à la télévision à mesure qu’il déserte le grand écran” (Le Western, Que sais-je ?, p. 121).

La liste qui suit a été établie avec l’aide du dictionnaire de Jean-Jacques Jelot-Blanc, Télé-feuilletons. Elle n’est probablement pas parfaite, mais elle recense, à mon avis, les grands westerns de la télévision (du moins ceux qui ont été diffusés en Europe).

On remarque assez vite que le western apparaît dans une époque assez limitée qui couvre principalement les années ’50 et ’60 (avec respectivement 17 et 19 séries). Ensuite, le nombre de westerns télévisés ne cesse de décroître pour disparaître quasiment dans les années ’90 et 2000 (7 dans les années ’70, 3 dans les années ’80, 1 dans les années ’90 et 1 dans les années 2000). Nous reviendrons sur ces avatars tardifs du genre dans un prochain dossier sur Deadwood.

Le constat formulé pour le cinéma est donc identique pour la télévision: le western semble être un genre du passé quantitativement et qualitativement puisque les westerns actuels ont bien changés (le site imdb.com ne classe d’ailleurs pas Le Rebelle dans la catégorie “western”, mais “action”). Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’une coupure énorme s’installe entre les western des années 70 et 80. Diligence Express, Les Deux Font La Loi et L’équipée Du Poney Express n’apparaissent qu’à la fin de la décennie.

Années 50

  • Cisco Kid (1950): Cisco Kid, mexicain et accompagné de Pancho, sillonne le sud à la recherche des vilains de tout poil.
  • Les Aventures De Roy Rogers (1951): Roy Rogers est un ranger. Il doit maintenir l’ordre à Mineral City avec l’aide de son partenaire, Dale Evans.
  • Les Aventuries Du Far-West (1952): On suit les pionniers entre le Nevada et la Californie dans les seconde moitié du XIXème siècle. Ronald reagan était du casting. La saga raconte tous les grands épisodes de la conquête de l’Ouest.
  • David Crockett (1954): les aventures du célèbre trappeur.
  • Les Aventures De Rintintin (1954): Rintintin est un chien, le fidèle compagnon de Rusty, un jeune caporal du 101ème de cavalerie.
  • Aigle Noir (1955): Aigle Noir, le chef de la tribu des cheyennes, tente de nouer une paix durable avec les blancs, mais des membres de sa tribu ne sont pas d’accord. Aigle Noir était le cousin de Crazy Horse et a réellement existé.
  • Frontières (1955): Histoires vécues par les pionniers américains.
  • Gunsmoke (1955): Les aventures du célèbre héros de l’Ouest, le marshal Matt Dillon.
  • La Flèche Brisée (1956): Tom Jeffords, un ex-capitaine de l’armée, et Cochise s’affrontent tout en se respectant en 1870 alors que la guerre entre les colons et les Apaches fait rage.
  • La Grande Caravane (1957): La saga d’une famille de pionniers partis vers la Californie.
  • L’Homme A La Carabine (1958): L’histoire d’un tireur d’élite et de son fils.
  • Texas John Slaughter (1958): Les aventures du héros populaire de l’Ouest.
  • Au Nom De La Loi (1958): Les aventures de Josh Randall, chasseur de primes.
  • Aventures Dans Les Iles (1959): On suit les aventures du capitaine Troy, tombeur de ces dames.
  • Bonanza (1959): La saga des Cartwright, une famille de fermiers du Nevada composée du père et de ses trois fils.
  • Laramie (1959): Les aventures de Slim et Jess deux amis qui vivent au ranch de Laramie.
  • Rawhide (1959): L’odyssée de ranchers partis de San Antoni pour convoyer du bétail vers Sedalia. Clint Eastwood incarnait l’un des personnages principaux.

Années 60

  • Les Aventures De Kit Carson (1960): Les exploits du fameux ranger, une figure célèbre de l’Ouest américain.
  • Le Courrier Du Désert (1961): Chris Cobb est propriétaire d’une compagnie de diligences. Il est chargé de transporter le courrier, mais aussi de l’or…
  • Histoire Du Siècle (1962): Matt Clark et son assistant déjouent les intrigues autour d’une importante compagnie de chemin de fer.
  • La Route Des Rodéos (1962): Mitch et Andy remettent en question leur titre de champion entre le Texas et la Californie.
  • Le Virginien (1962): Le juge Garth possède un ranch qu’il gère avec sa fille Betsy et trois jeunes cowboys.
  • Les Voyages De Jaime Mac Pheeters (1963): L’odyssée d’une caravane de colons vue par les yeux d’un jeune garçon de douze ans.
  • Daniel Boone (1964): On suit les traces du légendaire trappeur Daniel Boone.
  • Laredo (1965): Non loin du Rio Grande, une poignée de rangers tentent de faire régner la justice.
  • Les Mystères De L’Ouest (1965): Les investigations de James West et Artemus Gordon, des agents d’état dans un monde de western.
  • Le Proscrit (1965): Jason McCord est dégradé. Il doit prouver son innocence.
  • Les Monroes (1966): Le couple Monroe et ses cinq enfants s’installent dans les montagnes du Wyoming.
  • Le Cheval De Fer (1966): Un cowboy installé dans son train traverse mille aventures afin d’assouvir sa passion du jeu.
  • Chaparral ou Le Grand Chaparral (1967): Des éleveurs, les Cannon, doivent faire face aux indiens et aux trafiquants de bétail.
  • Cimarron (1967): Jim Crown est le marshal de la ville de Cimarron où il tente de faire régner l’ordre.
  • Hondo (1967): Les exploits d’un soldat médiateur de la cavalerie américaine.
  • Les Bannis (1968): Un esclave devenu libre et un aristocrate virginien, fils d’exclavagiste, doivent faire route ensemble. Ils étaient chasseurs de primes.
  • La Grande Vallée (1968): Saga familiale autour d’un ranch dans la vallée de San Joaquin.
  • L’Ouest Aux Deux Visages (1968): Deux jumeaux, un marshal et un docteur, qui tentent de maintenir l’ordre dans une ville.
  • Ranch L (1968): L’histoire d’une famille de pionniers.

Années 70

  • Opération Danger (1971): Deux anciens voyous font amende honorable et décident de servir la loi. Ils sont surveillés par un ami shérif.
  • Sam Cade (1971): Sam Cade, le shérif, a du mal à faire respecter la loi, surtout par les indiens.
  • La Petite Maison Dans La Prairie (1974): La famille Ingalls s’installe à Walnut Grove.
  • La Côte Sauvage (1975): Jeff Cable était policier à Sacramento et muté à San Francisco pour faire régner l’ordre. Il se déguise pour intégrer la pègre. Il est accompagné de Cash Conover. William Shatner incarne Jeff Cable.
  • Sur La Piste Des Cheyennes (1976): Morgan et son frère Quentin partent à la recherche de leur soeur enlevée par des indiens.
  • Colorado (1978): On vit les histoires de la descendance de Pasquinel, un trappeur, installé à Centennial dans le Colorado. Ce feuilleton montre les évolutions survenues en 200 ans d’histoire américaine.
  • La Conquête De L’Ouest (1978): On suit la saga des Macahan, une famille de Virginiens à travers la conquête de l’Ouest.

Années 80

  • Diligence Express (1988): L’épopée de quelques Américains qui s’exilent en Australie pour faire fortune.
  • Les Deux Font La Loi (1989): Clive, de la police montée canadienne, et Jack, un ancien shérif, font régner la loi à Bordertown, une ville frontière.
  • L’équipée Du Poney Express (1989): Six jeunes cavaliers fondent la messagerie postale la plus rapide de l’Ouest.

Années 90

  • Le Rebelle (1992): Reno Raines est un chasseur de primes qui tente, en parallèle, de prouver son innocence dans le meurtre de sa femme.

Années 2000

  • Deadwood (2004): Dans les semaines qui suivent le massacre de Custer, le Dakota devient une région sans foi ni loi. Will Bill Hickok et Seth Bullock s’opposeront à Al Swearengen, tenancier de saloon à Deadwood.

Toutes les catégories de personnages qui apparaissent dans les westerns sont présents sur le petit écran: les trappeurs, les shérifs, les compagnies de chemin de fer, les compagnies de diligences, les pionniers, les fermiers, les soldats, les indiens, les chasseurs de primes et les cowboy solitaires (qui ont chacun des statuts différents d’ailleurs).

La catégorie la plus représentée est celle des représentants de la loi, shérifs, marshals ou autre rangers, qui comptabilisent 11 séries en tout (qui s’étalent sur toutes les décennies). Les pionniers et les fermiers (deux catégories qui se regroupent d’ailleurs allègrement) sont également très présents avec 8 et 7 séries respectivement. Les compagnies de diligences ou de courrier, les Indiens rassemblent chacun trois séries. Les soldats, les trappeurs et les chasseurs de primes apparaissent chacun deux fois. Enfin, les compagnies de chemin de fer sont les moins populaires puisqu’on ne leur consacre qu’une série.

Pour le reste, on trouve des personnages plus divers comme un tireur d’élite, un aventurier, des artistes de rodéo, des agents gouvernementaux… On remarque que pratiquement toutes les catégories sont représentées dans les années ’50 et ’60 et qu’ensuite le paysage se simplifie. Il ne reste que les trois grands pôles: shérifs, pionniers, Indiens dans les années ’80. Au-delà, les producteurs s’intéressent à des choses plus marginales ou plus particulières. Les postes frontières et les rapports entre les systèmes de loi du Canada et des Etats-Unis ; l’entreprise du Poney Express, les fugitifs modernes ou une série qui semble plus à la marge comme Deadwood.

Il est difficile, à partir de ce constat, de faire des comparaisons avec le traitement cinématographique du western par exemple. On peut simplement remarquer que la catégorie “forces de l’ordre”, la plus représentée, renforce ce qui existe avec le policier actuel. La télévision aime particulièrement ce genre. Walker Texas Ranger, qui ne figure d’ailleurs pas dans notre classement, probablement parce qu’il est reconnu comme un policier par Jean-Jacques Jelot Blanc, serait en quelque sorte le symbole de cet état de fait. On y retrouve également la propension de la télévision de suivre des sagas familiales. Les intrigues attachées aux pionniers et aux familles de fermiers étant très proches de celles des soap opera.

On le sait le cow-boy est l’une des figures mythiques du western (voir le dossier Deadwood pour la discussion sur le genre du western). Le genre a évolué, c’était particulièrement visible au cinéma, d’histoires manichéennes vers des intrigues où le cow-boy et l’idéal blanc sont remis en question. Ce dernier avatar du western, après la Seconde guerre mondiale, est appelée le sur-western (Le Western, Que sais-je ?, p. 74).

Quand on relit le héros de Josh Randall face à toute cette évolution du western cinématographique qui est évidemment le grand frère du western télévisuel et qui l’influence, on se rend compte qu’il allie à la fois certaines caractéristiques du héros classique et du sur-western. On ne remet pas vraiment en question l’univers, les mythes, les valeurs de l’Ouest dans la série. Mais par le fait qu’il soit peureux, vénal et pathétiquement solitaire, Josh Randall n’est pas non plus totalement un héros traditionnel.

On peut donc dire que Josh Randall est un héros original vis-à-vis du cinéma et surtout pour la télévision. Non seulement il est l’un des rares chasseurs de primes du petit écran, mais il en est effectivement le premier. Il aussi un héros un peu “limite”. Aujourd’hui, c’est vrai, on a un peu de mal à le considérer comme un anti-héros. Depuis on a vu des personnages racistes, alcooliques, complètement antipathiques. Andy Sipowiz en était le meilleur exemple jusqu’à l’arrivée du détestable Vic Mackey en 2002. Mais bon, il faut pouvoir remettre les choses dans leur contexte aussi. On est quand même loin de Charles Ingalls (pourtant postérieur)!

La série paraît parfois un peu légère, les intrigues sont rapides, pas toujours approfondies, parfois prévisibles. De nouveau, n’oublions pas que ce qui nous paraît bateau venait d’être inventé à l’époque. Il faut aussi admettre que développer des intrigues complexes sur 25 minutes, ce n’est pas toujours évident. A l’heure actuelle, une série de ce genre bénéficierait sans doute d’un format d’une heure.

Les premiers à subir les conséquences de la rapidité sont évidemment les personnages secondaires qui sont très stéréotypés. Le traitement des femmes fait aussi hurler la femme indépendante que je suis, mais bon… Enfin, pour un spectateur du 21ème siècle, les morts qui ne saignent pas alors qu’ils ont été criblés de balles, cela paraît toujours bizarre. Quoique je ne suis pas certaine que les litres d’hémoglobine que nous “avalons” soient toujours nécessaires, intelligents, voire sains pour notre cerveau. C’est là qu’on se rend compte que la télévision est bel et bien un média de son temps, qui évolue avec la technologie, les capacités de “lecture” du public, les mentalités. Il est de plus en plus difficile de regarder une vieille série. Du moins sans être averti. C’est dommage, mais c’est la nature même du médias.

Ceci étant dit, le western fait partie, qu’on le veuille ou non, de notre culture et Au Nom De La Loi aussi. Comme je l’ai dit plus haut, on sait tous qu’une carabine au canon scié c’est le nec plus ultra. Je pense donc qu’il est toujours intéressant de se replonger dans ces vieilles fictions.

À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.
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