Flash

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Serais-je la langue de pute la plus rapide du monde? Comment puis-je déjà faire une chronique craignos sur une série qui vient à peine de sortir?

Cher lecteur, je vois que tu t’es fait avoir… Je ne te parle pas ici du reboot de la CW, qui profite du succès de Arrow pour ressusciter The Flash, un super-héros de plus, en reprenant tous les codes des films du genre de notre époque.

Comprenez: adulescent orphelin amoureux d’une fille qui se découvre des super-pouvoirs suite à un accident et/ou une expérience qui a mal tourné et qui les expérimente avec un tas d’amis geeks qui trouvent ça super cool jusqu’au jour où un vilain pas beau pas beau débarque et que le jeune homme comprend qu’avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités. Et de responsabilités, il en sera question quand on ose faire appel à l’acteur mono-expressif tout juste sorti du placard Wentworth Miller pour jouer l’un des méchants de la série.

Là, je te parle plutôt de The Flash, la série de 22 épisodes diffusée entre 1990 et 1991 sur le réseau CBS. Créée par Paul DeMeo et Danny Bilson, cette série met en scène les aventures du héros éponyme de DC comics. On se demande bien quelle mouche a piqué les producteurs, même à l’époque, puisqu’il s’agit là d’un des super héros les plus grotesques de la galaxie.

Jugez plutôt: suite à un accident de laboratoire au cours duquel il est frappé par la foudre, Barry Allen se découvre la capacité de se déplacer à une vitesse supersonique. Ce jeune chercheur qui collabore avec la police scientifique va apprendre à maîtriser ses pouvoirs en compagnie de Tina McGee, la scientifique du laboratoire.

La mort de son frère Jay dans l’épisode pilote le persuade d’endosser le costume de super-héros. Car évidemment ce dernier vit dans une ville fictive (Central City) qui réunit en son sein toute la lie de la société: voleurs, mafia, trafiquants, magnats aux ambitions démesurées, ripoux, et vilains en tous genres dotés de super-pouvoirs… Bref, il aura fort à faire en tentant de faire régner l’ordre et la justice, tout en préservant son identité secrète.

Super-héros oblige, Barry Allen a choisi de se déguiser pour ne pas être reconnu. On remarquera au passage qu’il n’avait déjà pas beaucoup de goût pour s’habiller à la ville (pantalon en toile large remonté jusqu’au nombril et ceinture noire serrée sa race sur chemise ample… les années ’80 et ’90 ont été un vrai passage à vide niveau mode), mais sa tenue de super-héros dépasse tout entendement.

Une combinaison unique en latex bordeaux trèèèès seyante, amplifiant les muscles du poitrail et permettant de compter les clés dans la poche, avec un rendu molletonné donnant envie à toutes les donzelles de caresser le service trois pièces à chaque sauvetage. Le tout recouvrant le crâne du héros pour un style Kojak du plus bel effet, relevé par deux excroissances dorées au niveau des oreilles ressemblant vaguement à des ailes d’oiseau. Vous l’aurez compris, je préfère périr dans les flammes plutôt que d’être sauvé par cette véritable insulte au bon goût.

Et encore, le super-héros ne s’en sort pas si mal quant en face de lui les méchants enfilent des pyjamas bariolés jaune et mauve, tachetés de losanges vert fluo et rose, surmontés d’une cape volante bleue, d’une paire de lunettes vertes et de cheveux teintés de pourpre. Et, Oh Mon Dieu! Le jeune padawan que je suis reconnaît alors Mark Hamill dans cette tenue frisant l’indécence. Luke Skywalker en lycra bubblegum, ce sont des coups à vous asseoir sur un sabre laser jusqu’à ce que mort s’en suive.

Tout dans cette série repose sur une multitude de fausses bonnes idées. Véritable copy/paste de tous les succès télévisuels et cinématographiques des super-héros de l’époque, la série Flash ne semble dotée d’aucune identité propre. A commencer par la musique de son générique, plagiat à peine voilé du thème principal du Batman signé Danny Elfman. On me glisse dans l’oreillette que le compositeur de Flash est précisément Danny Elfman. Dans la mesure où il a composé la musique de ce générique un an à peine après le film de Tim Burton, il n’est pas improbable qu’il se soit servi de chutes de partitions non utilisées dans le film pour signer ce générique grandiloquent.

La suite est une accumulation de clichés des productions de super-héros de l’époque: le meilleur ami noir en sidekick insipide, la jeune et sexy scientifique qui aide Flash, des jeunes enfants ayant la fâcheuse tendance à se retrouver dans des immeubles en proie aux flammes d’un incendie, des procureurs ripoux ne rêvant que d’élections, des flics incapables qui courent après des méchants et qui déchargent leurs pistolets en direction d’une camionnette roulant à déjà plus de 500 mètres d’eux, un chien fidèle qui grogne à l’approche d’un méchant, …

Mais le pire reste le héros joué par John Wesley Shipp. Aussi charismatique qu’une poule en train de pondre un oeuf, il promène son air bovin et ses grands yeux étonnés aux quatre coins du décor en carton pâte.

Et il nous gratifie des scènes de combats les plus pathétiques jamais vues sur le petit écran: des accélérés dans lesquels le spectateur regarde atterré le héros se planter devant les méchants moulinant des bras dans tous les sens tandis qu’il évite leurs coups en faisant un pas de côté à gauche, puis à droite avant de leur donner un coup de poing effleurant leur visage d’une cinquantaine de centimètres. Et pourtant, la série a été annulée à cause de coûts de production trop importants dus aux effets spéciaux. Comment vous dire? Mouahahahahaha!

Pour tout vous dire, je crains le pire quant au reboot proposé par la CW: celui-ci arrive tout comme son aîné dans un contexte où le public frise l’overdose de super-héros, où l’hommage frise le plagiat, où le filon semble épuisé… et que l’on soit dans les années ’90 ou 2010, son costume est et restera l’un des plus craignos jamais imaginés.

Serais-je la langue de pute la plus rapide du monde? Comment puis-je déjà faire une chronique craignos sur une série qui vient à peine de sortir? Cher lecteur, je vois que tu t'es fait avoir... Je ne te parle pas ici du reboot de la CW, qui profite du succès de Arrow pour ressusciter The Flash, un super-héros de plus, en reprenant tous les codes des films du genre de notre époque. Comprenez: adulescent orphelin amoureux d'une fille qui se découvre des super-pouvoirs suite à un accident et/ou une expérience qui a mal tourné et qui les expérimente avec…

En quelques mots...

Nathanaël Pical
Alexandre Marlier

Flash

Critique de l'auteur: Des collants rouges, un torse bodybuildé, des éclairs sur les oreilles, un héros aussi supersonique que ringard... Flash ravira les nostalgiques des kitschissimes années '90. Les autres passeront leur chemin. Vite... Très vite!

Note des auditeurs/lecteurs 4.75 ( 1 votes)

À propos de Nathanaël Picas

Nathanaël Picas a suivi des études de journalisme à l’Université Catholique de Louvain. Sa formation terminée, il a travaillé en tant que journaliste free lance pour la presse écrite et télévisée. Il a également été animateur sur Musiq’3. C’est à cette époque qu’il a rejoint l’équipe d’AFDS. En 2005, il devient attaché de presse dans une agence de communication.

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