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Demoiselle D’Avignon (la)

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Koba est une princesse, une vraie. La petite fille de Kurlande (inspirée par la Suède et l’Islande). Chaque année, elle vient incognito avec un groupe d’étudiants faire un pèlerinage à Avignon où naquit la reine Adélaïde de Kurlande.

Koba rencontre François Fonsalette, un jeune diplomate passionné d’archéologie. Ensemble, ils participent à des fouilles. Ils tombent amoureux, mais Koba doit regagner son pays. Sous le charme, François n’a désormais qu’une idée en tête: être nommé en Kurlande pour retrouver celle dont il ne sait ni le nom, ni l’adresse. Mais alors que son rêve se réalise, il croise Koba à Orly: elle revient s’installer en France comme jeune fille au pair.

De retrouvailles passionnées en tristes malentendus, les deux tourtereaux nous font vivre au rythme de leurs émotions dans ce conte de fées des années ’70.

L’histoire de la télévision française regorge de feuilletons extraordinaires et palpitants. La palme revient sans doute à La Demoiselle d’Avignon, cette saga magnifique où l’amour est roi, où les sentiments, les cachotteries et autres quiproquos pimentent une intrigue on ne peut plus classique: un diplomate français tombe sous le charme d’une jeune étudiante sans le sous. Ce qu’il ignore, c’est qu’elle est la princesse du pays où il est muté.

Dès le départ on sent l’histoire d’amour se mettre en place. Et le spectateur est tout de suite mis au diapason. C’est bien à un feuilleton romantique qu’il a affaire.

Le mystère au début pèse sur Koba. On sent qu’elle cache quelque chose mais quoi? Même le téléspectateur n’est pas au courant que c’est une princesse. Elle brouille les pistes. Et ne dévoile pas grand-chose de sa vie.

Décors et paysages

On laisse beaucoup de place aux décors et aux paysages dans cette série, notamment en Avignon et au Kurlande. Très beaux décors d’un fort à Avignon, il s’agit en réalité du fort Saint-André près d’Avignon. C’est la maison de la maman de Koba. Magnifique vue aérienne sur les jardins, ensuite vue des paysages aux alentours du fort.

Pour la Kurlande, les lieux de tournage se trouvaient au Danemark pour le château de Koba et les alentours. Et pour toutes les vues des campagnes et des petits villages typiquement Kurlandais, ces plans ont été tourné en Norvège.

J’aime beaucoup la manière dont on nous présente la Kurlande dans la série. Il s’agit d’un film promotionnel envoyé par l’office du Tourisme kurlandais à la France. On découvre en même temps que François à quoi ressemble ce pays. On comprend vite qu’il s’agit d’un royaume proche de la Norvège, Finlande et Suède. D’ailleurs les petits Kurlandais sont tous des petits blondinets.

Marthe Keller, qui joue Koba, est parfaite. On tombe sous son charme. Koba est extrêmement gentille, vive, sympathique. On a envie de la prendre sous son aile. On se prend vraiment d’affection pour elle. Elle est très dévouée.

Louis Velle tient parfaitement son rôle. Il a un petit air de Jean-Luc Reichman (à moins que ce ne soit l’inverse). On pourrait rebaptiser la deuxième partie du feuilleton par “les mésaventures de François en Kurlande”. Il y a quelques situations cocasses. Et beaucoup d’humour.

Par contre un élément perturbateur dans le film, c’est la musique, qui me semble assez kitsch et alourdit le feuilleton.

Une grande difficulté pour Koba c’est d’être une princesse. Durant son séjour en France, ce qu’elle a apprécié le plus c’est qu’elle était comme tout le monde. Elle demande donc la permission à son grand-père de faire un voyage prolongé. Il accepte mais à certaines conditions qui vont rendre difficile ses retrouvailles avec François.

Démodé?

Je m’attendais à beaucoup plus de lenteurs, à des dialogues lourds et trop construits dans La Demoiselle d’Avignon. En fait, les dialogues sont très naturels. On pourrait toujours parler comme ça aujourd’hui.

Il n’y a pas de lenteur. Par contre, il y a quelques scènes trop romantiques. Par exemple, quand les enfants dressent la table à Avignon. On voit deux enfants courir en tenant une nappe par deux bouts et venir la déposer sur la table. Tout cela au ralenti avec une musique romantique. C’est assez kitsch et complètement décalé. Mais dans la globalité, on ne tombe pas dans la niaiserie.

La mise en place de l’histoire d’amour ne se fait pas de manière lourde. Tout se fait dans les jeux de regards entre les deux acteurs principaux. Il y a dans cette histoire d’amour beaucoup d’actes manqués. Lors de la diffusion du film promotionnel, par exemple: à deux moments, on voit Koba à l’écran puisqu’il s’agit d’une des princesses héritières de la couronne. Et c’est à ces deux moments que François se retourne vers son ami, une fois pour allumer une cigarette, la seconde pour discuter et dire que sa décision est prise de partir dans ce pays.

L’histoire d’amour se construit lentement dans des silences, des regards. Ils se comprennent sans se parler. On sent qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Il y a beaucoup de finesse dans l’approche de l’histoire d’amour.

Une autre invention de l’époque c’est le Ministère de la joie de vivre dont le ministre est une femme. Plutôt étonnant pour l’époque, mais en même temps, ça se passe quatre ans après mai ’68.

En conclusion, c’est un excellent feuilleton, de très bonne qualité pour l’époque. En le revoyant aujourd’hui, c’est effectivement un peu dépassé. Mais cela reste une jolie histoire d’amour, agréable à regarder.

Koba est une princesse, une vraie. La petite fille de Kurlande (inspirée par la Suède et l'Islande). Chaque année, elle vient incognito avec un groupe d'étudiants faire un pèlerinage à Avignon où naquit la reine Adélaïde de Kurlande. Koba rencontre François Fonsalette, un jeune diplomate passionné d'archéologie. Ensemble, ils participent à des fouilles. Ils tombent amoureux, mais Koba doit regagner son pays. Sous le charme, François n'a désormais qu'une idée en tête: être nommé en Kurlande pour retrouver celle dont il ne sait ni le nom, ni l'adresse. Mais alors que son rêve se réalise, il croise Koba à Orly:…

En quelques mots...

Lise-Marie Cassart
Alexandre Marlier
Sophie Sourdiaucourt

La Demoiselle D'Avignon

Critique de l'auteur: Une bluette rose bonbon, un souvenir sucré des années '60. A remettre dans son contexte.

Note des auditeurs/lecteurs 4.27 ( 3 votes)

À propos de Lise-Marie Cassart

Lise-Marie est journaliste. Elle travaille pour la presse écrite, et plus précisément pour le magazine féminin « Flair ». Lise-Marie a rejoint l’équipe en septembre 2004. Elle a, notamment, décortiqué durant 3 saisons les génériques de séries, tant niveau musical qu’au point de vue des images. Lise-Marie a quitté l'équipe d'AFDS en juin 2008.

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