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Spartacus: Blood And Sand

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Si la télévision a beaucoup inspiré le cinéma, comme en témoignent les très nombreuses adaptations de séries ces dernières années au grand écran, l’inverse est vrai aussi.

Face au succès de films comme Gladiator, Troie ou encore 300, la télévision ne voulait pas rester les bras croisés. Et c’est le groupe audiovisuel américain Starz qui a été le plus rapide à saisir la balle au bond en diffusant en janvier 2010 Spartacus: Blood And Sand.

La série fait rapidement parler d’elle et réunit un public très nombreux derrière le petit écran dès son premier épisode. Il faut dire que Spartacus régale tous les amateurs d’hommes musclés et huilés, le torse rutilant et les dents bien blanches… Et qui portent des jupettes courtes certes mais pas vulgaires.

Point de strip-tease à l’horizon pour ces chippendales de l’antiquité puisqu’ils passent leur temps à se taper dessus. Gladiateurs oblige.

Ca sent donc la testostérone et la sueur à plein nez. Et les fans d’hémoglobine applaudiront des deux mains et des deux pieds devant la profusion d’éventrations, de têtes arrachées, de bras découpés, de jambes sectionnées, de cous tranchés et autres membres du corps humain massacrés. Le sang rouge vif gicle dans tous les sens.

La série n’est d’ailleurs pas avare en ralentis, zoom et effets graphiques pour nous en mettre plein la vue, quitte à asperger la caméra de gouttes du précieux liquide. Pas franchement du meilleur goût, mais pouvait-on réellement espérer autre chose des créateurs de la série?

A commencer par son producteur principal, Sam Raimi qui n’a jamais rechigné à déverser des torrents de sang dans ces films, Evil Dead en tête! Son ami de toujours Robert Tapert est également aux commandes de Spartacus. Pour ceux qui ne le connaissent pas, on lui doit la production de séries comme Xena, Princesse Guerrière, mais aussi de la majorité des films de Sam Raimi et de bouses infâmes comme Time Cop avec Jean-Claude Van Damme. Un boulet qu’il traînera sur son CV jusqu’à sa tombe.

Le troisième larron de l’équipe se nomme Steven S. DeKnight. Ce dernier s’est illustré à la télévision en signant les scénarios de plusieurs épisodes de Buffy Contre Les Vampires, Angel et Smallville.

Si sur le papier, l’association de ces 3 fortes personnalités pouvait laisser espérer une série de qualité, force est de constater que Spartacus: Blood And Sand n’est pas à la hauteur de sa paternité.

Les épisodes se contentent d’aligner les scènes de combats souvent trash et uber-stylisées. Et quand les gladiateurs ne se battent pas… Ils baisent! Et que je te filme des scènes d’orgies romaines suintant la caricature! Et que je te filme au ralenti les héros qui forniquent à la lueur d’une bougie.

Les femmes défilent la plupart du temps en petite tenue, pour ne pas dire complètement nues. Du “Full Monty” à la télévision américaine? Je connais des dentiers qui ont du se décrocher plus d’une fois dans les associations de foi chrétienne.

Et à part le sang et le liquide séminal, qu’avons-nous à nous mettre sous la dent? Une histoire de brave combattant trompé par les Romains. Devenu gladiateur malgré lui, il continue le combat dans l’espoir de retrouver sa femme.

Les intrigues pseudo-politiques entre Romains se succèdent, les Machiavels ricanent à chaque tour qu’ils jouent à leurs ennemis et soudain le téléspectateur se rend compte que l’actrice rousse de la série n’est personne d’autre que Lucy Lawless. Oui, Xena, Princesse Guerrière! Mais qui est donc le directeur de casting? Il mérite la fosse aux lions avec une branche de fougère comme seule arme de défense!

En guise de conclusion, je vous dirai que Spartacus: Blood And Sand est un bon gros nanar sanguinolent. L’histoire passe rapidement au second plan pour ne laisser place qu’au plaisir coupable de regarder les 1.001 façons de démembrer un corps!

Et je terminerai ma chronique sur une note plus dramatique en rappelant que le développement de la série a été grandement perturbé pendant sa deuxième saison puisque son acteur principal, Andy Whitfield, a dû lutter contre un cancer. Une bataille qu’il a malheureusement perdue le 11 septembre 2011.

Si la télévision a beaucoup inspiré le cinéma, comme en témoignent les très nombreuses adaptations de séries ces dernières années au grand écran, l’inverse est vrai aussi. Face au succès de films comme Gladiator, Troie ou encore 300, la télévision ne voulait pas rester les bras croisés. Et c’est le groupe audiovisuel américain Starz qui a été le plus rapide à saisir la balle au bond en diffusant en janvier 2010 Spartacus: Blood And Sand. La série fait rapidement parler d’elle et réunit un public très nombreux derrière le petit écran dès son premier épisode. Il faut…

En quelques mots...

Nathanaël Picas
Alexandre Marlier

Spartacus: Blood And Sand

Critique de l'auteur: Le film 300 version Gladiateur à la télévision, mais fauchée et kitsch. Une débauche de sang et de liquide séminal. Pas pour tous publics.

Note des auditeurs/lecteurs 2.9 ( 1 votes)

À propos de Nathanaël Picas

Nathanaël Picas a suivi des études de journalisme à l’Université Catholique de Louvain. Sa formation terminée, il a travaillé en tant que journaliste free lance pour la presse écrite et télévisée. Il a également été animateur sur Musiq’3. C’est à cette époque qu’il a rejoint l’équipe d’AFDS. En 2005, il devient attaché de presse dans une agence de communication.

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