Yogi L’Ours

yogibearmovieimage

Parmi tous les personnages de l’écurie Hanna Barbera, Yogi L’Ours est probablement l’un des héros d’animé dont tout le monde se souvient bien de l’apparence mais finalement très peu des aventures.

Le Yogi Bear Show, série animée de 1961-1962, n’a en effet de ce côté de l’Atlantique qu’une faible aura comparativement aux Flinstones, Scooby-Doo et Fous du Volants.

Il faut dire que ce grand ours brun prétentieux, gaffeur et lourdingue, passant ses journées à élaborer des plans pour chaparder de la nourriture, n’était pas le héros le plus attachant ni le plus drôle qui soit.

Flairant néanmoins le filon après les succès relativement satisfaisants des précédentes adaptations cinématographiques du vivier de la Hanna Barbera, la Warner Bros casse la tirelire en 2010 et finance à coup de 80 millions de dollars, un film dédié à l’ours voleur de paniers pic-nic.

Surfant sur le procédé de Scooby-Doo, Garfield, des Schtroumpfs et autres Chipmunks, c’est à un film live avec incrustations de personnages en images de synthèse que l’on aura droit. La recette a fait ses preuves précédemment, mais force est à nouveau de constater que question poésie ou esthétisme, on est à des années lumières d’un chef-d’oeuvre tel que “Qui Veut La Peau De Roger Rabbit?”.

Si l’on fait l’impasse sur la forme, pourra-t-on se rattraper sur le fond, à savoir sur une historiette un tant soit peu maligne? Eh bien là aussi le bas blesse. Pourtant écrit par 3 scénaristes, le scénario peut se résumer en deux lignes. Lieu de vie de Yogi et de son fidèle acolyte Boo-boo, le parc naturel de Jellystone se voit menacé de fermeture par un politicien véreux, prêt à tout pour se faire de l’argent facile et devenir gouverneur.

Bien aidés par le Ranger Smith, responsable du domaine forestier, et par Rachel, une jeune réalisatrice de film documentaire, nos deux ours mal léchés vont se lancer dans une série de péripéties souvent foireuses afin de sauver leur habitat naturel.

Égrainé d’un humour potache qui n’évite pas les gags à base de pipi, prout et danse hip-hop (cherchez l’erreur), le film s’adresse avant tout, et probablement uniquement, à un public très jeune et pas trop regardant sur le contenu.

Un programme donc par forcément léger-léger, également plombé par la love-story inutile entre le ranger et la documentariste, complètement surjouée par les très à côté de la plaque Tom Cavanagh et Anna Faris.

C’est plutôt du côté du casting voix que Yogi L’Ours fait enfin mouche, Dan Aykroyd et Justin Timberlake, prêtant leur voix à Yogi et Boo-boo avec un amusant et impressionnant travail de mimétisme par rapport aux voix d’origine du cartoon. C’est bien peu, mais cela à suffit pour que le film soit un gros succès au USA, et ce malgré des critiques désastreuses dans l’ensemble.

Un moment envisagée au vu du box-office, c’est avec un certain soulagement, que l’on peut remarquer que le film n’a pas jusqu’ici de suite.

Mais attention mes chers parents, ne vendez pas la peau de l’ours trop rapidement…

À propos de Tilman Villette

Tilman Villette est gestionnaire de dossiers auprès du Fonds du Logement de la Région Bruxelles Capitale. Après sa licence en communication, option journalisme obtenue à l’UCLouvain durant laquelle il a réalisé ses stages au magazine "Télémoustique" et à la RTBF Radio, il a également été enseignant pendant une année.
x

Regardez aussi

Max La Menace

Reprenant avec gourmandise le côté décalé et gaffeur du personnage originel, Max La Menace, le film n’a d’autre ambition que la grosse comédie décomplexée. Dans de nombreux cas, l’abattage des acteurs principaux, se faisant semble-t-il véritablement plaisir, sauve les meubles.

Misfits

Misfits, ce sont 5 délinquants dans un programme de réinsertion qui se retrouvent dotés de super pouvoirs après un étrange et violent orage. Pour ces 5 bras cassés, il va falloir gérer au mieux ces nouveaux dons, avec toutes les difficultés et tous les pièges qui vont forcément avec.