Séries Craignos

Painkiller Jane

Une belle et jeune blonde quasiment invincible qui fout des coups de tatanes dans les gencives de méchants pas beaux aux pouvoirs paranormaux! Non, je vous jure, je ne vais pas vous parler de Buffy. Mais de Painkiller Jane, alias Jane Vasko.

Imaginée par Jimmy Palmiotti et Joe Quesada en 1995, cette superhéroine a d’abord aiguisé ses premières armes sur le papier glacé des comics. La donzelle s’était ensuite faite remarquer dans des crossovers avec d’autres figures importantes du genre comme Hellboy, Vampirella et Punisher.

En 2005, elle a même eu droit à son propre film… pardon téléfilm diffusé par la chaîne Sci Fi. Une bonne petite bousinette interprétée par la constipée des émotions Emmanuelle Vaugier qui, Ô sacrilège, se payait le luxe de modifier la genèse de l’histoire et de renommer l’héroïne. Jane Vasko devenait ainsi Jane Browning. De plus, la chaîne américaine, légèrement ambitieuse et opportuniste sur les bords, espérait que ce téléfilm devienne le pilote d’une série. Suite à la levée de boucliers des fans et des critiques assassines face à l’indigence de la bouillie télévisuelle, les producteurs ont dû mettre leurs ambitions au placard… momentanément. Car 2 ans plus tard, Painkiller Jane renaît de ses cendres et devient enfin une série à part entière.

Et pour marquer la différence avec le pouilleux téléfilm, Painkiller Jane redevient Jane Vasco, mais avec un C cette fois-ci. Ne me demandez pas pourquoi cet entêtement à modifier le nom de l’héroïne, je n’en sais rien. Comme le dit si bien Catherine Ringer, c’est comme çaaaaaa lalalalala ! C’est à l’inconnu Gil Grant que revient l’honneur de mettre en image cette série canado-américaine de 22 épisodes, toujours pour la chaîne Sci-Fi Channel.

Il fait alors appel à une nouvelle actrice pour interpréter Jane. Ce sera la très blonde et très inexpressive Kristinna Loken de s’y coller. Son seul fait d’arme marquant aura été de mettre la main au paquet d’Arnold Schwarzenegger dans Terminator 3. La Terminatrix, c’était elle! La voilà à nouveau dans le rôle d’une dure à cuire. Car Painkiller Jane tient son surnom de sa capacité hors norme: elle peut s’auto-régénérer quasiment instantanément. Une chute de 40 mètres? Toujours vivante. Criblée de balles? Toujours vivante! Brûlée vive? Toujours vivante. Toutefois, son étonnant pouvoir ne la protège pas de la souffrance. Elle ne peut pas mourir, mais elle morfle sévèrement à chaque blessure ! D’où son surnom de Painkiller.

Elle mettra son talent au service d’une agence gouvernementale top secrète dont la mission est de neutraliser les Neutros, des êtres génétiquement modifiés qui utilisent leurs pouvoirs paranormaux à des fins discutables. L’on passera outre l’a priori de la série de faire automatiquement de ces êtres « anormaux » de dangereux psychopathes à éliminer jusqu’au dernier sans jugement, pour se focaliser sur les nombreux ratés de cette série pénible.

A commencer par le traditionnel “je t’aime, moi non plus” entre Jane et le chef de l’agence gouvernementale. Jane est une tête-brulée et monsieur est très à cheval sur le protocole. Leur relation fait des étincelles, mais peut-être cache-t-elle d’autres sentiments? Déjà vu! Et la série d’enfiler les clichés en dessinant les personnages secondaires de l’équipe de choc: l’informaticien un peu nerd sur les bords (déjà vu), le musclé de service mentalement déficient (déjà vu), la bonne copine de l’héroïne qui sert de faire-valoir (déjà vu!).

Si au moins le réalisateur sauvait les meubles en proposant un visuel de qualité. Mais manifestement atteint de la maladie de Parkinson, Gil Grant se contente de secouer la caméra jusqu’à la nausée lors des scènes d’action pour donner une impression de chaos. Ca pique, ça fait mal aux yeux.

En définitive, Painkiller Jane porte bien son nom. Ce n’est pas tant l’héroïne qui souffre, mais le téléspectateur obligé de regarder ce sous-produit opportuniste et dénué d’intérêt. Une aspirine, vite!

En quelques mots...

Nathanaël Picas

Painkiller Jane

Intrigues, romances, personnages, situations déjà vu des centaines de fois. Si Painkiller Jane est immortelle, c'est surtout le téléspectateur qui souffre en regardant la série...

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Nathanaël Picas

Nathanaël Picas a suivi des études de journalisme à l’Université Catholique de Louvain. Sa formation terminée, il a travaillé en tant que journaliste free lance pour la presse écrite et télévisée. Il a également été animateur sur Musiq’3. C’est à cette époque qu’il a rejoint l’équipe d’AFDS. En 2005, il devient attaché de presse dans une agence de communication.

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