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RoboCop – La Série

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RoboCop, c’est de la mécanique. Le héros lui-même est mécanique puisqu’il est mi-homme, mi-machine, mais qu’il ne reste finalement plus grand chose de l’humain dans cette créature. D’ailleurs on l’affirme dans un flash-back: “C’est un robot, il n’a pas de souvenirs, ce n’est qu’un programme”.

Il est mécanique parce qu’il bouge comme un androïde, de manière saccadé, qu’il parle comme une machine. Bref, les scénaristes ont fait tout ce qu’ils ont pu pour nous faire comprendre qu’il était un robot. On est dans les années ’90 et les androïdes sont encore un peu préhistoriques à cette époque-là.

Mécanique est également ce qui caractérise les scénarios. On a un méchant très méchant, applaudi sans cesse par ses sbires, mesquin avec sa secrétaire, à la gueule de vilain qui engage le type qui déteste le plus RoboCop car il l’a mis en taule.

RoboCop c’est le robot gentil, comprenez qu’il ne tue pas ses adversaires, mais les neutralise (ce qui a le suprême désavantage de leur permettre de revenir sans cesse nous emmerder dans les épisodes) et que les enfants l’aiment bien. D’ailleurs le générique se termine par une main d’enfant qui prend la main de RoboCop en gros plan. Si ce n’est pas un indice, je ne m’y connais plus.

Il y a Madigan, la flic au grand coeur, qui fait son travail de manière zélée et qui s’inquiète de la disparition de sans abris, mais qui commet la grande bêtise d’intervenir seule contre un groupe nombreux de voyous sans demander des renforts.

Il y a les gamins de rue, à la Mad Max, qui sont embrigadés par des fascistes au discours simpliste et qui menace les réfractaires: “Soit tu es avec nous, soit tu es contre nous”. Ils se battent d’ailleurs sur des skateboards, des motos, des side-cars, probablement pour faire encore plus Mad Max.

Il y a les directeurs d’entreprise de cosmétiques, prêts à tout pour faire des sous, y compris inventer des procédés d’éternelle jeunesse qui ne durent que trois heures afin qu’on en achète tout le temps.

Pour couronner le tout, le fils de RoboCop est à deux doigts de se laisser embarquer par les loubards, dans l’épisode suivant il est sur le lieu d’un attentat contre un juge. Bref, il a l’art d’être au mauvais endroit au mauvais moment et RoboCop ne peut pas lui dire qui il est car “il vaut mieux qu’il me croit mort”. Heu oui, Robocop n’est pas censé se souvenir de son ancienne vie, mais évidemment il se souvient.

Les épisodes de RoboCop ressemblent à tout plein de trucs que vous avez déjà vus quelque part, le tout présenté en une soupe réductrice et surtout sans le moindre aspect accrocheur. On ne s’intéresse ni à la boite de conserve qui sert de héros à la série, ni à la flic un peu trop neuneu, ni aux enfants des rues un peu trop Oliver Twisté, ni à l’ancienne famille de la conserve car on ne la voit pas assez.

Ajoutez à cela une tonne de valeurs moralisatrices pas du tout cachées. RoboCop dit à une petite fille que personne ne la croit car elle ment tout le temps et “qu’un bon citoyen ne ment pas”. Ou bien RoboCop fait des pubs pour dire aux enfants qu’ils doivent aller à l’école et rester sages. C’est Nadine de Rotschild, en fait, RoboCop. Vous commencez à comprendre pourquoi je n’ai tenu que deux épisodes.

On aurait dû se douter dès le début que ça n’allait pas voler très haut. Orion Pictures cède les droits sur le personnage après l’échec du troisième film RoboCop. Il y avait peut-être un indice dans ce score au box office.

La série se veut familiale, deuxième problème à mon avis, ce qui signifie moins de violence (d’où l’idée que RoboCop neutralise et ne tue pas ses adversaires probablement) et des personnages en plus (la flic neuneu notamment).

Autre indice de plantage en bonne et due forme, le pilote est basé sur un scénario qui n’avait PAS été retenu pour le deuxième film. Faut croire qu’il y avait une raison.

Et pourtant, la série a quand même duré 22 épisodes et a été éditée en DVD dix ans après son annulation, comme si c’était un culte dont on ne pouvait se passer. Il se trouve même des internautes pour la défendre, mais je pense que c’est l’ancien gamin qu’ils étaient qui a momentanément pris le contrôle de leur cerveau.

Ils ne seront probablement ni d’accord ni content de ce que je vais ajouter: ne l’achetez pas, ne la téléchargez pas, mais fuyez! Même au 36ème degré ou imbibé de spiritueux, RoboCop ne parvient pas à faire rire. Je dois avoir un circuit imprimé qui bug dans mon cerveau…

RoboCop, c’est de la mécanique. Le héros lui-même est mécanique puisqu'il est mi-homme, mi-machine, mais qu’il ne reste finalement plus grand chose de l’humain dans cette créature. D’ailleurs on l’affirme dans un flash-back: "C’est un robot, il n’a pas de souvenirs, ce n’est qu’un programme". Il est mécanique parce qu’il bouge comme un androïde, de manière saccadé, qu’il parle comme une machine. Bref, les scénaristes ont fait tout ce qu’ils ont pu pour nous faire comprendre qu’il était un robot. On est dans les années '90 et les androïdes sont encore un peu préhistoriques à cette époque-là. Mécanique…

En quelques mots...

Sarah Sepulchre

Robocop

Critique de l'auteur: Le corps d'un policier mourant est récupéré par l'état pour en faire un super soldat. Vous connaissez l'histoire de RoboCop. Là où un film peut tenir la route avec une super-boite de conserve dans le rôle du héros, une série a plus de mal. Sans sentiment humain, on a du mal à s'attacher et ce n'est pas l'apparition inopinée de son fiston à tout bout de champ qui fait l'affaire.

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À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.

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