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Batman (Trilogie de Christopher Nolan)

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S’il y a bien un super-héros qui a pu être décliné sur une multitude de formats, c’est bien l’homme chauve-souris, à savoir l’iconique Batman. Héros emblématique de l’écurie DC Comics, aux côtés de Superman, le gardien de Gotham City a d’abord vu ses aventures déclinées dans les cases des Comics américains.

Après un passage par le feuilleton radiophonique et les serials dans les années ’40 et ’50, c’est dans les années ’60 que Bruce Wayne et son alter ego masqué auront droit aux honneurs d’une série télévisées et d’un premier film.

Il faudra ensuite patienter plus de 30 ans et quelques séries animées, pour retrouver sur grand écran le justicier. C’est en 1989, et sous la direction de Tim Burton que Batman renaît et prend les traits de Michael Keaton le temps de deux films devenus depuis lors cultes.

Le papa de Beetlejuice passe ensuite la main à Joel Schumacher pour les deux films suivants, considérés par beaucoup comme d’affreux bousins fluos crypto-gays avec dans le rôle-titre Val Kilmer et George Clooney. Echaudés par le résultat plus que médiocre et un box-office en net recul du dernier épisode, les studios mettront un terme à cette tétralogie bancale.

L’heure étant aux reboot de toutes sortes, plusieurs projets dont ceux des Wachowsky, de Frank Miller et de Darren Aronofsky ont émergés avant de rapidement se casser les dents et de sombrer dans la fosse des idées avortées. Toutefois, en 2005, tout auréolé des succès critiques de “Memento” et d’”Insomnia”, Christopher Nolan reçoit les fonds nécessaires de la Warner afin de réaliser sa vision du super-héros.

Un temps évoqués pour le rôle de Batman, Ashton Kutcher, Guy Pearce, Jake Gyllenhaal et Joshua Jackson, c’est finalement Christian Bale qui leur sera préféré et décrochera la timbale. Avec Liam Neeson en Ra’s Al Ghul, Cillian Murphy en Epouvantail, Michael Caine en Alfred, Gary Oldman en Commissaire Jim Gordon, Morgan Freeman en Lucius Fox l’armurier et l’endive Katie Holmes en love interest Rachel Dawes, autant dire que le casting aura de la gueule.

Comme son nom l’indique “Batman Begins” reviendra à nouveau sur les origines torturées de Bruce Wayne et sur la naissance du super-héros qui sommeillait en lui.

Prenant des liberté avec le Comics, Nolan narre l’enfance de Bruce Wayne mais également la formation guerrière du Batman auprès de ninjas menés par le ténébreux Ra’s Al Ghul. Revenu vivre à Gotham, Bruce Wayne dirige l’entreprise familiale dont il est l’héritier, tout en luttant contre le crime, épaulé par son fidèle majordome Alfred et essayant de contrecarrer les exactions d’un dément nommé l’Epouvantail.

Si l’ensemble souffre d’un manque certain de rythme et s’avère avare en scènes d’action, on louera l’approche très réaliste de Christopher Nolan et son humanisation du Batman, si bien que le véritable héros du film apparaît être en fait plutôt Bruce Wayne. Si le film est un succès et est accueilli avec bienveillance, il n’affolera pour autant pas les cimes du box-office. C’est que la renaissance, même d’un super-héros, ça peut prendre du temps!

La satisfaction est toutefois suffisante pour mettre en chantier en une suite intitulée “The Dark Knight”, toujours avec le duo Nolan-Bale au turbin. Débarrassé cette fois de l’obligation des présentations, Nolan entre directement dans le vif du sujet par le biais d’un braquage de banque musclé et parfaitement maîtrisé en guise d’ouverture de film.

Ce sera également l’occasion d’introduire, celui qui se révélera l’antagoniste principal de notre héros dans cette séquelle, à savoir le célèbre Joker, interprété avec fièvre par le regretté Heath Ledger, qui succède ainsi à Jack Nicholson dans le rôle. Sans foi, ni loi, sans passé et sans espoir, le Joker de Nolan est un criminel intelligent, effrayant sous son maquillage de dément et doté un humour aussi sordide qu’inattendu. Si puissamment terrifiant dans sa volonté à faire régner la peur et le chaos qui vole aisément la vedette à l’homme chauve-souris et entrera directement au panthéon des super-vilains d’anthologie.

Pour compléter le casting, Aaron Eckhart prête ses traits à Harvey Dent qui deviendra par la suite le sinistre Double-Face, Gary Oldman, Morgan Freeman et Michael Caine rempilent, tandis que Maggie Gyllenhaal remplace avantageusement Katie Holmes.

Brillante allégorie du terrorisme actuel et film sombre aux allures de tragédie moderne, cette suite est un succès triomphal, unissant critique et public autour d’une même liesse aux forts arômes de billets verts. 1 milliard de dollars plus loin et un Oscar attribué à titre posthume pour Heath Ledger, la voie royale est ouverte à Nolan pour clore en beauté sa trilogie.

C’est ce qu’il fera en 2012 avec “The Dark Knight Rises”, final attendu comme le messie et pourtant légèrement boursouflé comme si Nolan avait voulu gaver son bébé quitte à frôler l’indigestion. Souvent trop long et retrouvant les problèmes rythmiques du premier film, ce troisième épisode n’en présente pas moins d’indéniables qualités.

Après un retrait de la vie publique de 8 ans, suite aux événements dramatiques du précédent opus, Batman revient sur le devant de la scène pour affronter le terrible Bane, ancien criminel de guerre et terroriste, prêt à mettre Gotham à feu et à sang afin de faire régner l’anarchie, ainsi que la féline Catwoman, personnage trouble et voleuse de haut vol.

Alors que Tom Hardy convainc sans trop d’étincelles en Bane, Anne Hattaway surprend par son aisance à interpréter une Catwoman mutine qui ne fera pourtant pas oublier l’iconique version de Michelle Pfeiffer. Les habituels rempilent pour un dernier tour de piste tandis que Marion Cotillard, dont l’une des scènes sera moquée durant des mois et Joseph Gordon-Levitt complètent le casting. Si certaines polémiques ont évoqué un dérangeant sous-texte réactionnaire ou conservateur, Nolan s’en est ouvertement défendu et le public a porté à nouveau aux nues cet épisode, qui entrera de fait dans le top 10 des plus grosses recettes mondiales.

En perdant en cours de route l’ambiance gothique et poétique de Tim Burton et en abandonnant heureusement le mauvais goût de Schumacher, offrant au passage une humanisation bienvenue et une psychologie complexe du personnage de Batman, Christopher Nolan a signé au final une trilogie cohérente et pertinente qui reste à ce jour une des grandes réussites d’adaptation de super-héros au cinéma.

Si l’on pourra toujours lui reprocher son manque de scènes d’action inoubliables ou son sérieux presque papal, force est de reconnaître que le pari risqué est hautement remporté et aura fait renaître sur grand écran un héros qui ne saurait tarder à revenir tôt au tard…

S’il y a bien un super-héros qui a pu être décliné sur une multitude de formats, c’est bien l’homme chauve-souris, à savoir l’iconique Batman. Héros emblématique de l’écurie DC Comics, aux côtés de Superman, le gardien de Gotham City a d’abord vu ses aventures déclinées dans les cases des Comics américains. Après un passage par le feuilleton radiophonique et les serials dans les années '40 et '50, c’est dans les années '60 que Bruce Wayne et son alter ego masqué auront droit aux honneurs d’une série télévisées et d’un premier film. Il faudra ensuite patienter plus de…

En quelques mots...

Tilman Villette

Trilogie Batman de Christopher Nolan

Critique de l'auteur: Trilogie cohérente et pertinente sur l’une des plus grandes figures de super-héros moderne, ce reboot humanise Batman tout en offrant aux spectateurs un spectacle de qualité hautement divertissant.

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À propos de Tilman Villette

Tilman Villette est gestionnaire de dossiers auprès du Fonds du Logement de la Région Bruxelles Capitale. Après sa licence en communication, option journalisme obtenue à l’UCLouvain durant laquelle il a réalisé ses stages au magazine "Télémoustique" et à la RTBF Radio, il a également été enseignant pendant une année.

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