Fred Dryer


Au moment de choisir un acteur dans la décennie ’80, j’avais un peu le choix: Richard Dean Anderson qui incarnait McGyver, un des quatre membres de L’Agence Tous Risques, Roger Hanin le Navarro de service, Larry Hagman l’abominable JR Ewing. Ce dernier était d’ailleurs un candidat de choix.

Pourtant, je vais vous parler de Fred Dryer, alias Rick Hunter. J’imagine que j’aurai l’occasion de vous parler des autres dans le futur.

Fred Dryer a un point commun avec Richard Dean Anderson et pas mal d’acteurs de sa génération: il était d’abord un sportif. Son rayon à lui, c’est le football. Et évidemment, quand on parle de football aux Etats-Unis, il s’agit bien de football américain.

Je ne vais pas vous faire la liste des équipes où il s’est illustré durant 14 ans. Sachez simplement qu’il était défenseur. Et ma science du football américain m’empêche de vous en dire une ligne de plus. J’ajouterai uniquement qu’il était bel et bien professionnel, même s’il a commencé dans des équipes scolaires. Il a notamment joué avec les Giants de New York.

Mais ce n’est pas totalement par hasard qu’il est devenu acteur. Quand il a arrêté le football en 1981. Cela faisait déjà plusieurs années qu’il prenait des cours de comédie. Sans compter, qu’apparemment, il s’entraînait à faire rire les foules depuis un petit temps en faisant le clown sur les terrains de football. Mais c’est évidemment une autre histoire…

Il débute dans un film intitulé Gus And Prime Time et son premier rôle important est dans Starmaker où il joue le beau-père de Melanie Griffith. En 1982, il auditionne pour Cheers, la série avec Kirstie Alley. Il fait partie des trois finalistes pour le rôle de Sam Malone que Ted Danson décroche. Il fera plusieurs apparitions dans la série en tant que Dave Richards, un ami de Sam.

Ce n’est évidemment pas ce personnage, mais celui de Rick Hunter qui le rend célèbre.

Richard Hunter est le fils d’un mafieux qui ne suit pas les traces de son père. Il a choisi de devenir flic à Los Angeles. La série créée par Frank Lupo et Stephen J. Cannell est en fait une adaptation de Dirty Harry. Un film où Clint Eastwood incarnait un flic violent, icône des antihéros de l’époque.

La série reprend d’ailleurs le côté noir du personnage avant de s’assagir dès la seconde saison pour devenir une fiction relativement consensuelle… A part peut-être les coups de feu, les coups de freins et les coups de poing qui de toutes façons parsèment les séquences de tous les feuilletons policiers de cette décennie.

Rick Hunter tient l’audience de 1984 à 1991. Pourtant, un peu comme Starsky & Hutch, la reconnaissance ne vient pas tant des Etats-Unis que de l’étranger. Si Fred Dryer est une véritable star en Chine, voire en France où il a été reçu dans “Champs Elysées” de Michel Drucker, l’industrie américaine le boude.

Elle le boude si bien qu’il monte sa propre boite qui produit ses propres séries à savoir: le retour de Rick Hunter (The Return Of Hunter: Everybody Walks In LA) et Land’s End. Je n’en ai personnellement jamais entendu parlé, mais ça ne semble pas être très grave.

En fait, Fred Dryer n’a pas dû être dépaysé étant donné que Mike Land est un policier de Los Angeles qui démissionne quand sa femme meurt à sa place dans l’explosion d’une voiture. Il se rend alors au Mexique pour aider un de ses amis et fini par y devenir détective privé. C’est ce qui s’appelle une reconversion.

L’acteur a aussi joué dans quelques films et quelques séries… avant de reprendre le rôle de Rick Hunter une deuxième fois dans Hunter: Return To Justice et une troisième fois dans Hunter: Back In Force. Seulement trois des cinq épisodes de cette dernière seront diffusés faute d’audience.

Puis, plus rien. Et ça aussi, c’est typique des acteurs des années ’80: ils connaissent la célébrité dans une série, mais ne parviennent pas vraiment à se renouveler et finissent par disparaître de l’écran.

Apparemment, ça n’a pas été une catastrophe pour Fred Dryer qui semble avoir une troisième passion, après le football et la télévision, il s’agit de la construction. Il aurait déclaré que s’il ne jouait pas ou ne produisait pas des fictions, il serait certainement entrepreneur.

J’imagine qu’il a dû avoir un peu de temps pour superviser des travaux étant donné le peu de films qui s’alignent dans sa filmographie ces dernières années…

À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.

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