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Guy Williams

Cheveux gominés, moustache et costume ajusté. Dans les années ’50, cette description peut finalement coller avec beaucoup d’acteurs. Par contre, si j’ajoute “chapeau, cape noirs et masque sur les yeux”, cela réduit le champ. Je parle de Zorro évidemment. Ou plutôt Guy Williams. Ou encore, Armando Guido Catalano, le nom que ses parents d’origine sicilienne lui ont donné. C’est d’ailleurs celui qu’il utilise quand il débute comme mannequin.

Il approche ensuite le milieu de la télévision. De fil en aiguille, il obtient son premier rôle dans un film sur le bombardement d’Hiroshima (The Beginning Or The End) en 1947. Il n’est pas crédité au générique, mais cette expérience lui donne envie de continuer. Malheureusement, les propositions n’arrivent pas et il reprend le chemin des studios photo pour ne pas mourir de faim. Il est d’ailleurs bien inspiré puisqu’il y rencontrera Janice Cooper. Un top model qui deviendra sa femme en 1948 et qui fera presque toute sa vie avec lui. Ils divorcent en 1984, soit seulement cinq ans avant le décès de l’acteur.

C’est son agent qui lui conseille de changer de nom quand il signe un contrat pour Universal en 1952. Armando devient donc Guy Williams. Il est grand, brun, athlétique. Hollywood n’avait aucune raison de ne pas le remarquer. Il joue dans des westerns, notamment aux côtés de Ronald Reagan. Son film le plus connu est I Was A Teenage Werewolf aux côtés de Michael Landon, mais il n’avait qu’un petit rôle. Il apparaît également dans des séries télévisées. Mais rien de bien marquant. C’est alors qu’il apprend que Walt Disney cherche un acteur pour une série centrée sur le personnage populaire de Zorro.

Il a 33 ans quand il passe le masque du justicier, en 1957. Guy est étonné de décrocher le contrat. Il avait effectivement pas mal d’adversaires en face de lui, notamment Michael Landon qu’il ne peut décidément s’empêcher de croiser. Ce n’est peut-être pas un hasard s’il est engagé. Il a appris les bases de l’escrime durant son adolescence. Son habilité à ce sport se révèle précieuse puisque les acteurs utilisaient de véritables épées, sans mouche au bout des lames et simplement équipées d’un pommeau modifié pour protéger leurs mains.

La série est un hit et Guy Williams n’y est pas étranger. Les femmes ne sont pas insensibles à son charme et les hommes admirent son style. Certains épisodes sont remontés pour être diffusés en salle. Si le programme est annulé, c’est uniquement en raison d’un différend financier entre Disney et ABC.

Quand la série s’arrête en 1959, il voyage en Europe avec sa famille pour tourner quelques films: notamment Le Prince Et Le Pauvre produit par Disney (1962), Capitaine Sinbad (1963), Damon & Pythias. A son retour aux Etats-Unis, il retrouve encore une fois Michael Landon sur le tournage de Bonanza (1964). Il participe uniquement à cinq épisodes, mais c’est suffisant pour qu’il soit remarqué par Irvin Allen, le futur producteur de Perdu Dans L’Espace. Il lui donne le rôle de John Robinson de 1965 à 1968. Mais le rôle est loin d’offrir le challenge qu’espérait Guy. Bien avant que la série ne soit arrêtée, il n’en espérait plus rien.

Perdu dans l’espace marque la fin de sa carrière d’acteur. Après cela, il ne fera plus que des apparitions occasionnelles dans des jeux télévisés. Dans des interviews qu’il donnera plus tard, il avouera qu’il était plutôt dégoûté par Hollywood. Il semble qu’il n’ait jamais vraiment apprécié le fait d’être célèbre, même du temps où il multipliait les apparitions costumées à Disneyland.

Il préférait la musique classique, la voile, l’astronomie et la cuisine gastronomique. Son goût pour les plaisirs de la vie expliquent-ils la fin prématurée de sa carrière? Certains favorisent une autre explication: Guy Williams n’était pas politiquement correct. Il s’est très tôt prononcé contre la guerre du Vietnam, pour la légalisation de l’avortement, la marijuana et le jeu. Mais il n’est pas certain que ses opinions aient défavorisé sa carrière.

Zorro aura été le rôle de sa vie. Finalement, c’est logique, il termine sa vie dans un environnement latino-américain, en Argentine. Il y voyage la première fois dans les années ’70 pour participer à une émission pour une chaîne locale qui diffuse Zorro. Il est bluffé par l’accueil qu’il y reçoit: les Argentins adorent le feuilleton. En retour, il tombe sous le charme de ce pays, de sa culture et de ses habitants. Il fait des allers-retours pendant plusieurs années avant de s’installer définitivement à Buenos Aires où il terminera ses jours.

À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.
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