Mystery Girls

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Mystery Girls, c’est une série sur le mode “What the Fuck”. Mais qu’est-ce qui leur a pris à Tory Spelling et Shepard Boucher de créer ce truc? Mais qu’est-ce qui leur a pris à Tory Spelling et Jennie Garth de jouer dans ce truc? Qu’est-ce qui leur a pris, aux dirigeants d’ABC Family, de diffuser ce truc? Et surtout, quelle drogue ont ingéré les concepteurs des décors et des costumes?

Mystery Girls, c’est l’histoire de deux anciennes stars de la télé, qui jouaient dans une série policière appelée Mystery Girls, qui décident de lancer vraiment une agence de détectives privées qu’elles appellent Mystery Girls.

En fait, les deux nanas ne se sont jamais remises de la fin de la série. Holly croit toujours qu’elle est une star et qu’on est toujours en 1995. Charlie (Charlie est un prénom féminin) est empêtrée dans une vie de banlieue avec mari bricoleur, adolescente ingrate et y voit un moyen de retrouver le pep’s de la vie.

Vous voyez un lien avec le vécu des deux actrices? C’est fait exprès. Vous l’aurez probablement déjà compris, Tory Spelling était la Donna de Beverly Hills 90210 et Jennie Garth, la célèbre Kelly. Dire que ces deux-là ne se sont jamais remises de la fin de Beverly Hills serait probablement exagéré, mais elles n’ont pas non plus totalement trouvé à se reconvertir.

Aujourd’hui, quand un acteur ne parvient pas à sortir d’un rôle ou vit une période de vache maigre, qu’est-ce qu’il fait? Il crée une série sur le sujet. Après Lisa Kudrow (Mon Comeback), Larry David (Larry Et Son Nombril) et Kirstie Alley (Fat Actress), voici donc les deux blondes de Beverly Hills.

Sauf que tout le monde n’a pas le talent de Larry David. Oh, je ne suis pas totalement stupide et j’ai bien compris que l’idée était de partir d’une exagération de la vie des deux actrices, de fournir une parodie des sitcoms des années 1990 et d’aller à fond dans le “Camp”. Mais c’est juste que ça ne marche pas du tout.

Quand on voit Tory Spelling se dandiner à petits pas dans ses robes colorées, Jennie Garth fait des “duck face” à chaque remarques rigolotes de ses acolytes, le type qui joue leur associé, Nick, lancer un énième “aaaaaah” so gay, on se dit juste que c’est surjoué, mal joué, mal écrit, qu’aucun gag de malade ne remplit le vide intersidéral des scénarios et qu’on a envie de vomir tellement il y a des couleurs différentes à l’image. Et surtout, surtout, surtout, on ne peut s’empêcher de remarquer que Jennie et Tory n’ont plus du tout l’âge de ce genre de séries.

Un signe que quelque chose ne va pas du tout: le pilote arrive au quatrième épisode. Je ne rigole pas, l’épisode 4 s’appelle “pilot” et il raconte comment Charlie et Holly se sont retrouvées 20 ans après la fin de leur série, se sont chamaillé, avant de créer leur agence. On a même droit à quelques images de l’ancienne série en prime, ce qui ne gâche rien, l’essentiel des dommages ayant déjà été faits.

Autant dire que les scénaristes admettent que personne n’a rien compris. Et c’est vrai qu’on atterrit dans le premier épisode comme un cheveu dans la soupe. On comprend plus ou moins ce qui se passe, mais on n’adhère à rien, surtout pas aux personnages et, honnêtement, c’est pas le reboot de l’épisode 4 qui change grand chose.

Je ne dis pas qu’aucune réplique n’est drôle, qu’aucune situation ne mérite quelque temps d’antenne. Quelques éléments sur les sex-tape des starlettes, sur les cassettes “cours de gym” en collant brillant qui leur ont permis d’arrondir les fins de mois jadis, quelques remarques sur Shannen Doherty ou d’autres rumeurs sur les stars bien exploitées pourraient même donner des choses intéressantes.

Mais, c’est le problème, ce n’est pas exploité du tout. Et c’est cher payer les dommages à notre rétine dus à l’abus de couleurs chatoyantes et de rouge à lèvre criard de la part de Tory Spelling. On doit de surcroît supporter un personnage gay totalement stéréotypé et un beau gosse aussi policier que je suis Lady Gaga.

Vous trouvez que ça fait beaucoup pour une seule et unique série? Et bien je vous le dis, c’est incroyable mais vrai. Au moins un mystère, qui n’en était pas un, est résolu. A l’avenir, Tory Spelling et Jenny Garth feraient mieux de s’abstenir. Top 5, “mystery solved”.

Mystery Girls, c’est une série sur le mode "What the Fuck". Mais qu’est-ce qui leur a pris à Tory Spelling et Shepard Boucher de créer ce truc? Mais qu’est-ce qui leur a pris à Tory Spelling et Jennie Garth de jouer dans ce truc? Qu’est-ce qui leur a pris, aux dirigeants d’ABC Family, de diffuser ce truc? Et surtout, quelle drogue ont ingéré les concepteurs des décors et des costumes? Mystery Girls, c’est l’histoire de deux anciennes stars de la télé, qui jouaient dans une série policière appelée Mystery Girls, qui décident de lancer vraiment une agence…

En quelques mots...

Sarah Sepulchre

Mystery Girls

Critique de l'auteur: C'est une série avec Tori Spelling et Jennie Garth et ce n'est pas Beverly Hills. Si je vous dis que j'aurais préféré, ça vous en dit long sur le niveau de cette série qui allie "comique" et "policier".

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À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.

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