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Septième Ciel Belgique

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“Supplément belge d’un grand magazine français d’astrologie cherche journaliste mode et tendances pour étoffer sa rédaction!”. Et qui c’est qui s’y colle? C’est la gentille Juliette Laloux. La jeune journaliste de 28 ans peut enfin accéder à un emploi stable. Elle se retrouve donc engagée par le magazine d’astrologie “Septième Ciel Belgique”.

Il faut dire que la rédaction ne se compose que de 4 personnes, et se trouve dans un grand appartement du centre de Tournai. Principal intérêt de cette rédaction, une salle de bain/toilette mixte où les personnages se retrouvent régulièrement pour discuter de leurs problèmes de cul et de coeur. Tiens, cela me rappelle quelque chose çà, pas vous? On en reparlera un peu plus tard.

L’histoire

Revenons-en à notre nouvelle amie Juliette. Présentée à ses collègues, peu nombreux il est vrai, quels ne sont pas son étonnement et sa surprise, le hasard faisant bien les chose, de se retrouver face à Hugo, avec qui elle avait vécu une relation amoureuse aussi rapide que ratée. Et lui, bien entendu, ne semble pas du tout se souvenir d’elle. Vous l’aurez donc compris, l’astrologue et conseiller du magazine avec lequel elle va faire équipe, c’est ce gars dont elle est toujours secrètement amoureuse… Et qui en plus est le frère de la rédactrice en chef, Delphine.

Après s’être enfin souvenu de Juliette et de leur “histoire” passée (ils étaient sortis ensemble lors d’une soirée d’étudiants, et il était tellement beurré qu’il s’est endormi sur le canapé), Hugo s’excuse pour sa conduite passée, il est même prêt à reprendre leur histoire là où elle s’était arrêtée. Mais Juliette, qui pourtant semble toujours amoureuse du jeune homme, le décourage. Il faut dire qu’Hugo est un coureur de jupon invétéré qui ne peut s’empêcher de se retourner lorsqu’une jolie jeune fille passe dans le rue.

Animé par cet esprit de dragueur, il est bien décidé à reconquérir Juliette, la jeune vierge effarouchée. Et attention, scoop. Quant je vous parle de vierge effarouchée, il faut le prendre dans le premier sens. Car oui, Juliette est née en septembre et est donc du signe de la vierge. Mais, avec un grand M, elle n’a jamais connu… Comment dire… Pour reprendre les termes de Monica dans Friends, elle n’a jamais perdu sa “petite fleur”… Et se réserve pour l’amour de sa vie.

Autour d’eux, Delphine, rédactrice en chef du magazine. Dynamique, parfois jusqu’à l’excès, elle gère entre deux escapades amoureuses, les destinées de la rédaction du petit supplément belge. Principale préoccupation de la donzelle: sa vie amoureuse. Divorcée depuis deux ans de Selim, elle entretient une aventure avec un mystérieux amant… qui s’avérera finalement être son ex-mari.

Autre personnage récurrent, Annemie, la secrétaire de 7ème Ciel Belgique. Elle pourrait être un peu comparée à la maman de l’équipe. Annemie se révèle être une personne fidèle, constante, patiente et obstinée jusqu’à l’acharnement. Son caractère facile a cependant ses mauvais côtés. Elle n’aime pas se mettre en colère et préfère la bouderie, ce qui peut à terme s’avérer être une bombe à retardement.

Annemie est dévouée corps et âme à la bonne gestion de Septième Ciel. Elle gère à la fois l’administratif, le contact avec les clients, les rapports avec la société d’édition et enfin tout ce qui concerne l’entretien des locaux. Mais si Annemie donne de sa personne, elle attend en contrepartie un minimum d’attention, ce que le reste de l’équipe aurait tendance à oublier.

Passionnée d’herboristerie, elle n’hésite pas à préparer des décoctions pour soigner les angoisses des uns ou les poussées d’urticaire des autres. Ces breuvages ne sont pas tout le temps couronnées de succès. Les tasses de tisanes aux couleurs douteuses et aux goûts bizarres deviendront l’un des gimmick de la série.

Enfin, on citera pour la forme l’exaspérant grand patron de 7ème Ciel Belgique, Bernard Grand, qui passe son temps à draguer Annemie et à parler de sa femme, une artiste peintre douée pour les croûtes. On remarquera aussi le gentil couple (parfois en crise) formé par Dimitri et Barbara, gérants du snack proche de la rédaction et nommé “le bistrot” (ça c’est de l’imagination). Une alliance qui fait parfois des étincelles, en mettant face à face le tempérament slave de Dimitri et celui méditerranéen de Barbara.

Le casting

Coup d’oeil tout d’abord sur le personnage central, pour ne pas dire principal, Juliette Laloux, qui est interprété par Stéphanie Van Vyve. Quasi inconnue avant la diffusion de la série, la jeune actrice est donc quelque peu sortie de l’anonymat suite à la diffusion de la série sur la Une. C’était, bien entendu une première expérience pour elle à la télévision, mais elle n’en était pas à son galon d’essai de comédienne. Elle dispose ainsi d’une licence en Art Dramatique du Conservation Royal de Bruxelles, diplôme obtenu après une agrégation en philologie romane. Elle est donc loin d’être une imbécile.

Elle a surtout l’habitude des planches, puisqu’elle a joué dans plusieurs pièces de théâtre sur des scènes prestigieuses. Mais elle a également une autre corde à son arc: l’interprète de la vierge Juliette est maîtresse… D’école, oui, je sais, c’était facile. Au niveau de son jeu, si l’on peut facilement dire qu’il est forcé et mécanique dans les premiers épisodes, on se rend progressivement compte que la comédienne trouve peu à peu ses marques et finit (enfin, diront certains) par se sentir à l’aise dans les baskets de Juliette.

Face à Stéphanie Van Vyve, le rôle d’Hugo est attribué à Yannick Renier. Si son nom ne vous est pas totalement inconnu, c’est normal puisqu’il s’agit du frère de Jérémie, égérie d’autres frères, les Dardenne, dans les films “La Promesse” et “l’Enfant”, mais qu’on a pu également apercevoir dans le “Pacte des Loups”. Sachez que Yannick et Jérémie ont tourné ensembles dans le film “Nue Propriété”. Bref, maintenant que vous avez un peu situé l’acteur, sachez que 7ème Ciel Belgique n’est pas sa première prestation dans un feuilleton télévisé puisqu’on avait déjà pu le voir à l’oeuvre dans la mini-série “Les Maîtres De L’Orge”.

Que dire sur son interprétation, si ce n’est qu’il n’est pas le plus convainquant de la troupe. Outre l’exaspérant Antoine Vanden Berghe qui interprète Bernard Grand (et qui soit dit en passant aurait mieux fait de rester à la présentation de la call TV Golden-Ice diffusée sur AB3 et NT1), aucun autre acteur de 7ème Ciel Belgique n’a si peu d’évolution de son jeu sur les 12 épisodes de la saison une. On ne sera donc pas trop déçu que le playboy de service parte enseigner l’astrologie au Québec à la fin de la première saison.

La perle de cette série reste l’excellente Gudule. Connue des petits belges pour ses participations régulières à l’émission jeunesse “Ici Bla-Bla”, cette sociétaire de l’équipe nationale belge d’impro en fait parfois un peu trop avec son personnage de Delphine, mais reste toujours dans le registre de la sincérité.

Et puis, joli coup de la production que de nous proposer pour une fois autre chose qu’une pin-up de service qui se dénude. Ici, c’est une actrice de plus de 40 ans, avec déjà quelques (jolies) rides, qui se trouve être la folle de sexe de la série. Et ce n’est pas plus mal. Cela nous change des Pamela Anderson et autre Tiffany Amber Thiessen à la plastique irréprochable. Vous avez pu déjà entre-apercevoir cette excellente actrice dans un épisode de “Crimes en Série” ou de “Sauveur Giordano”.

Analyse… Et deux questions

La première: 7ème Ciel Belgique est-elle le renouveau des séries TV Belges?

Ben oui, depuis le calamiteux “Affaires De Familles” sur RTL TVi, on n’avait plus eu droit à une production maison pour les chaines francophones belges. Et il faut dire que le dernier “grand succès” remonte à 1988 sur la RTBF. Il s’agissait de la SitCom “Le Bonheur D’en Face” avec l’ inénarrable Annie Cordy.

Petite parenthèse en passant, si le Sud de la Belgique est jusque là pauvre en production propre de séries, le Nord par contre ressemble plus à l’eldorado. Nombreuses sont les productions de la télévision, tant publique que privée, en Flandre. Et celles-ci remportent un vif succès. Des co-productions et des synergies existent également avec les Pays-Bas.

Bref, si la Belgique francophone continue depuis des années à co-produire des épisodes de séries et de feuilletons avec la France (citons, notamment, l’un ou l’autre Maigret, version Cremer, quelques Joséphine Ange Gardien, ou des participations dans diverses séries de l’été), plus rien de neuf, n’avait vu le jour depuis belle lurette. Et voilà-t-y pas que la RTBF décide de réinstaurer une case fiction sérielle belge et crée Septième Ciel Belgique. Avec l’espoir qu’en cas de réussite, le créneau puisse à nouveau être exploité.

Et bien finalement, le pari semble gagné. Malgré certaines faiblesse, 7ème Ciel Belgique a réussi à fidéliser l’audimat minimum qu’avait imposé la direction de la RTBF. La série aura donc droit à une seconde saison. Mais ce n’est pas tout, grâce au succès de 7ème Ciel Belgique, d’autres séries maisons vont pouvoir être produite. La première d’entre-elle a d’ailleurs été diffusée, avec grand succès. Son titre, typiquement belge: Melting Pot Café, en fait le nom du plus vieux café de Bruxelles. Le format est un peu différent puisqu’il s’agit ici de 3 saisons de 6 épisodes chacune.

Bref, on peut effectivement parler de renouveau de la série Belge francophone, même si l’on s’attendait à plus d’audace et d’ambitions.

La seconde question qui me vient à l’esprit en évoquant 7ème Ciel Belgique, c’est de savoir si trop de références ne tue pas dans l’oeuf une oeuvre qui sera d’office moins originale et moins drôle que sa principale inspiration?

Je m’explique: les principaux ingrédients de Septième Ciel Belgique sont: Une héroïne gaffeuse qui passe son temps à tomber ou à faire des lapsus au plus mauvais moments. Cette même héroïne qui passe son temps à avoir des conversations intérieures avec elle-même. Des toilettes mixtes (ou plutôt une salle de bains mixte) ou les confidences les plus importantes sont dites. Une secrétaire et une patronne des plus excentriques. Une héroïne (à nouveau) qui retrouve son amour d’enfance et va travailler avec lui, et donc retomber amoureuse de lui.

J’arrête là ma démonstration, si vous n’avez pas encore fait le rapprochement, c’est que vous n’avez jamais vu un épisode d’Ally McBeal. Pourquoi avoir tant voulu imiter la série de la jeune avocates aux jupes courtes? D’autant que la production avait alloué à la série un budget relativement confortable, qui aurait pu lui permettre d’être un peu moins consensuelle. Mais bon, peut-être les créateurs, à tort ou à raison, ont préféré démarrer avec une série très très grand public pour permettre ensuite la production d’oeuvres un peu plus décalées. L’avenir nous le dira.

Conclusion

Septième Ciel Belgique n’est donc pas la série du siècle, mais reste tout de même un moment rafraîchissant dans le Paysage Audiovisuel Belge. Enfin autre chose qu’une ennième rediffusion de Julie Lescaut ou de Navarro. Alors oui, les acteurs ne sont pas toujours très à l’aise (surtout au début); oui, certaines scènes comme celle du rendez-vous romantique sur le pont-levis sont d’un mièvre et d’un kitsch sans nom; oui toujours, 7ème Ciel Belgique est une pale resucée d’Ally McBeal version Tournaisiène.

Mais bon, la série se bonifie au fil des épisodes et les 4 derniers sont d’ailleurs bien meilleurs que leurs prédécesseurs. Dommage qu’il ait fallu attendre jusque là, et perdre au passage de nombreux téléspectateurs en route.

On notera que le tournage de la seconde saison a eu lieu. Que l’ensemble du casting, excepté Yannick Regnier a resigné pour un tour. Que le nouvel astrologue s’appelle Gaspard. Et qu’au niveau des intrigues, on surfe toujours sur le “Ally McBeal Style” (intrigues amoureuses, amours lesbiens, tromperies, quiproquos) matinées d’une touche de Desperate Housewives (avec une intrigue policière). Cette seconde salve est dans la droite lignée de la première. Elle se termine par un cliffhanger autour du personnage d’Annemie… Cliffhanger qui n’aura jamais de résolution puisque la RTBF a décidé de passer (probablement à raison) à d’autres choses et de stopper la production de 7ème Ciel Belgique au terme de sa seconde saison. On gardera d’elle surtout le souvenir d’une série pionnière pour le petit écran belge.

"Supplément belge d’un grand magazine français d’astrologie cherche journaliste mode et tendances pour étoffer sa rédaction!". Et qui c'est qui s'y colle? C'est la gentille Juliette Laloux. La jeune journaliste de 28 ans peut enfin accéder à un emploi stable. Elle se retrouve donc engagée par le magazine d’astrologie "Septième Ciel Belgique". Il faut dire que la rédaction ne se compose que de 4 personnes, et se trouve dans un grand appartement du centre de Tournai. Principal intérêt de cette rédaction, une salle de bain/toilette mixte où les personnages se retrouvent régulièrement pour discuter de leurs problèmes…

En quelques mots...

Alexandre Marlier
Sarah Sepulchre
Sophie Sourdiaucourt

Septième Ciel Belgique

Critique de l'auteur: Un premier essai de renouveau de série belge pas totalement concluant, mais qui ouvre la voie...

Note des auditeurs/lecteurs Soyez le premier ou la première !

À propos de Alexandre Marlier

Alexandre Marlier est journaliste et animateur radio. Il a notamment travaillé pour les réseaux belges « Nostalgie » et « Sud Radio ». Il travaille également en presse écrite. Il a ainsi écrit, entre autres, plusieurs articles pour le défunt « Génération Séries ». Il est également membre de l’A.C.S., l’Association des Critiques de Séries. Enfin, Alex est « Casting Voix » ou « Voix Off » pour des documentaires, films d’entreprises, …

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