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AES: 1.05 Redfern Now Ou L’Illusion De La Réalité

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Hé hooo auditeur! Comment ça va? Tout va bien chez toi? Pas la peine de répondre, je m’en fous!

En plus, c’est un podcast! Tu es donc obligé de m’écouter, dieu merci, pas l’inverse! Haaa tu vois que la nature est bien faite! Vu que je suis d’excellente humeur, je te propose de me suivre dans une nouvelle chronique un peu particulière!

J’ai décidé de me pencher sur Redfern Now qui nous plonge dans un univers presque 100 % aborigène: des personnages principaux aux producteurs en passant par les scénaristes et les réalisateurs. Redfern est d’ailleurs un véritable quartier de Sydney où vit une importante communauté aborigène. Ce projet est réalisé par Blackfella films, une compagnie fondée en 1992, dont l’objectif est de proposer des contenus de qualité centrés sur l’histoire des premiers hommes du continent océanien.

La série est projetée sur ABC1 et sa deuxième saison est actuellement en cours de diffusion. 5 nominations à l’AACTA en 2013, pour repartir en 2014 avec le prix du meilleur drama. Mais la série a également remporté d’autres prix dont le Logie Award en 2013.

Le propos de Redfern Now est simple: on suit le quotidien de six personnages évoluant dans le quartier de Redfern. Chaque épisode, non lié les uns aux autres, se focalise ces hommes et femmes face à un bouleversement dans leur vie quotidienne. La construction narrative reste assez simple: Le personnage rencontre un problème – c’est la perturbation initiale. Il cherche ensuite à résoudre le conflit jusqu’à la situation finale avec son lot de conséquences en tout genre.

En termes de scénario, on ne peut pas dire que les showrunners nous proposent quelque chose de particulièrement novateur. Si certains épisodes tirent leur force par un très bon acting et une tension dramatique excellente, ce n’est malheureusement pas le cas de toutes les histoires de la saison une.

Certains épisodes ont un véritable rapport avec la communauté aborigène, comme par exemple celui où Joël, un jeune étudiant d’un collège privé, refuse de se lever avec ses camarades pour chanter l’hymne national australien, mais on constate très vite que les histoires qu’on nous relate peuvent arriver à n’importe qui: problèmes familiaux, jalousie, délinquance, amour impossible…

Ce qui saute aux yeux, c’est la maîtrise des outils techniques et de la réalisation. Décidément, c’est une des caractéristiques qui semble de plus en plus se dégager des séries australiennes que j’ai pu voir. Elles possèdent toutes cette propension à vous émerveiller par la qualité de leur mise en scène et la manière de traiter leurs sujets techniquement parlant.

Le générique a lui seul m’avait déjà convaincu: une musique envoûtante, une image soignée, un montage dynamique et contemplatif. À ce niveau-là, Redfern Now ne déroge pas avec ce que j’ai pu voir dans l’excellente série The Slap. C’est très bien réalisé et c’est très bien monté.

Au final, on en vient à se poser cette question fatidique: que veut prouver la série? Redfern Now mérite une lecture plurielle: Premièrement, n’est-t-elle pas une tentative de réhabilitation de la communauté aborigène vis-à-vis de l’Australien moyen? Comme si, la série tentait de démontrer que les aborigènes sont comme leurs homologues blancs et font face aux mêmes problèmes. Comme si les scénaristes étaient partis à la pêche à l’empathie afin de s’assurer de plaire au plus grand nombre.

Deuxièmement, la série n’essaye-t-elle pas de se faire distributeur de contes modernes? Si on part du principe que la série veut s’adresser également, à un public aborigène, Redfern Now peut s’interpréter dès lors comme un conte. Dès les premières minutes de chaque épisode, un malaise survient et les complications s’enchaînent. Les téléspectateurs assistent alors à la résolution du conflit et l’on peut ressentir dans la conclusion, de manière plus que présente, une forme de morale bien pensante sur divers sujets tels que la famille, l’honneur, l’amour, les valeurs,…

Il est assez difficile pour moi de dire vraiment ce que je pense de Redfern Now. Si je trouve que l’idée de départ, à savoir mettre en lumière la communauté aborigène et leur quotidien, est très intéressante, je regrette qu’elle ne soit pas totalement réussie car on sent que la série a été pensée pour plaire avant tout aux non-aborigènes. Nous avons ici une version édulcorée de ce qu’on appelle en anglais l’aboriginalism, à savoir l’ensemble des attitudes, croyances et caractéristiques de l’identité aborigène. Non pas que je m’attendais à des groupes jouant du Djéridu en plein milieu des bois, mais à quelque chose de sans doute plus nuancé.

En dépit de ces remarques, Redfern Now pourrait être une bonne série si elle ne passait pas à côté de son but premier, comprenez offrir un regard neuf sur la communauté aborigène et non pas proposer une vision censée plaire à ceux qui ne le sont pas.

Voila qui conclut déjà cette nouvelle chronique! Je sais auditeur, c’est trop court! Mais sèche donc tes larmes, je reviens très bientôt pour te narrer la suite des mes découvertes. En attendant, n’hésite pas à partager ce podcast avec tes amis qui ont bon goût et tu auras droit à une dédicace! Pour cela envoie message perso par SMS au 3333, je répète message perso au 3333…! Et si je ne réponds pas tout de suite, renvoie-en un autre et encore un autre… et encore un autre!

A la prochaine auditeur!

Hé hooo auditeur! Comment ça va? Tout va bien chez toi? Pas la peine de répondre, je m’en fous! En plus, c’est un podcast! Tu es donc obligé de m’écouter, dieu merci, pas l’inverse! Haaa tu vois que la nature est bien faite! Vu que je suis d’excellente humeur, je te propose de me suivre dans une nouvelle chronique un peu particulière! J’ai décidé de me pencher sur Redfern Now qui nous plonge dans un univers presque 100 % aborigène: des personnages principaux aux producteurs en passant par les scénaristes et les réalisateurs. Redfern est d’ailleurs un…

En quelques mots...

Sébastien Porcu

Redfern Now

Critique de l'auteur: Cette fois-ci, Sébastien s'est intéressé à Redfern Now, une série made entièrement gérée par des aborigènes: de la réalisation à l'acting en passant par la production. Une petite déception, malgré quelques bons épisodes.

Note des auditeurs/lecteurs Soyez le premier ou la première !

À propos de Sébastien Porcu

En 2012, Sébastien Porcu est diplômé en journalisme à l'UCL. Fan de cinéma, il consacre son mémoire de fin d'études sur les drames sociaux belges en y comparant les approches francophones et flamandes. Sa venue dans AFDS va de paire avec son envie de partir en Australie. Une occasion de plus pour découvrir de nouvelles séries!
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