True Blood

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C’est sur l’un des génériques les plus travaillés des dix dernières années que nous nous penchons aujourd’hui. True Blood, créée en 2008 pour HBO par Alan Ball, scénariste de American Beauty et créateur de Six Feet Under, tente avec cette série, d’insuffler une bulle d’oxygène dans la mythologie des vampires.

L’action se déroule à Bon Temps, une petite ville du nord de la Louisiane. Suite à l’invention et la commercialisation, sous le nom de True Blood, du sang synthétique, les vampires ont maintenant intégré la société, partageant la vie des êtres humains. Mais le tableau n’est pas aussi rose qu’on voudrait bien nous le faire croire puisque les vampires sont généralement traités comme des citoyens de seconde zone.

Allan Ball injecte dans sa série de multiples références culturelles et historiques, plus ou moins subtiles, à la société américaine. Ainsi, le rejet de l’autre, de par sa couleur, sa sexualité ou sa religion, est bien entendu le sous-texte de True Blood. Et évidemment, cela se reflète dans le générique d’ouverture, réalisé par la société Digital Kitchen (derrière les génériques de Six Feet Under, Dexter ou encore Nip/Tuck).

L’idée de base est de confronter le sacré et le profane afin de créer des images puissantes, le tout dans un montage au style visuel proche du documentaire. Avec en plus une chronologie marquée. En effet, si vous êtes attentif au déroulé de ce générique, vous remarquerez qu’il débute sur des image de l’aube et se termine dans la nuit profonde.

Par ailleurs, le rythme de défilement des images s’amplifie à mesure que la journée se déroule. Enfin, il se termine sur un baptême, ce qui pourrait sous entendre que peu importe le bien ou le mal que vous ayez fait la journée, à minuit, la rédemption vient toujours afin de pouvoir redémarrer un autre jour.

Les images qui sont distillées tout au long du générique sont parfois en totale contradiction. Ainsi, une scène durant laquelle un prédicateur blanc tente une guérison nous montre l’homme de Dieu envelopper sa main autour de la gorge d’une femme noire. Les instantanés de corps nus se tordants peuvent être autant associés à une scène d’amour qu’à une scène de viol ou de mort. Le générique entier est parsemé d’images de ce type, qui, en fonction de la perception de chacun, provoqueront un sentiment différent.

Autre thématique présente largement dans ce générique: la nature comme prédateur. A plusieurs reprises, des scènes accélérées de nuages, d’animaux en décomposition, de plantes carnivores sont mises en exergue et amènent une impression malsaine. Et renvoient bien évidemment à l’animalité de l’homme.

Mais rappelez vous du thème principal de True Blood: les vampires. Et bien paradoxalement, ils ne sont que très peu présents dans ce générique, et en tous cas n’y sont pas directement montrés. La seule évocation des vampires durant le générique est le panneau d’une église indiquant “God hates fangs”. Autrement dit, Dieu déteste les crocs. Mais évidemment, ceci nous renvoie au sous-texte de la série: si on retire une lettre à “fangs”, on obtient “fags”, soit une injure envers les homosexuels.

A noter aussi que l’ensemble des scénettes diffusées semble avoir été pris ici et là, dans des stock footage. Hors la quasi-totalité des scènes (exception faite de celles concernant des animaux) ont été tournées sur place en Louisiane durant 4 jours, ainsi qu’à Seattle et à Chicago.

A noter que True Blood a été nommé en 2009 pour l’Emmy Award du meilleur générique, mais s’est incliné face à celui de United States Of Tara.

Excessivement complexe de par le nombre de références qu’il contient, le générique de True Blood est un must seen. Dommage que la série qu’il illustre se soit définitivement perdue après sa deuxième ou sa troisième saison, ça se discute.

C'est sur l'un des génériques les plus travaillés des dix dernières années que nous nous penchons aujourd'hui. True Blood, créée en 2008 pour HBO par Alan Ball, scénariste de American Beauty et créateur de Six Feet Under, tente avec cette série, d'insuffler une bulle d'oxygène dans la mythologie des vampires. L'action se déroule à Bon Temps, une petite ville du nord de la Louisiane. Suite à l'invention et la commercialisation, sous le nom de True Blood, du sang synthétique, les vampires ont maintenant intégré la société, partageant la vie des êtres humains. Mais le tableau n'est pas…

En quelques mots...

Alexandre Marlier

True Blood, le générique

Critique de l'auteur: Générique aux références multiples qui fait se mélanger le bien et le mal. Le but étant bien entendu de faire tomber les frontières entre les deux. Une réussite.

Note des auditeurs/lecteurs Soyez le premier ou la première !

À propos de Alexandre Marlier

Alexandre Marlier est journaliste et animateur radio. Il a notamment travaillé pour les réseaux belges « Nostalgie » et « Sud Radio ». Il travaille également en presse écrite. Il a ainsi écrit, entre autres, plusieurs articles pour le défunt « Génération Séries ». Il est également membre de l'A.C.S., l'Association des Critiques de Séries. Enfin, Alex est « Casting Voix » ou « Voix Off » pour des documentaires, films d’entreprises, ...

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