Wild Wild West

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Bien qu’elle fut mal comprise, la série Les Mystères De L’Ouest se situe certainement parmi les séries cultes telles que Chapeau Melon Et Bottes De Cuir, Mission: Impossible ou encore Les Envahisseurs.

Tout comme ses illustres consoeurs, cette série se démarque du lot par son style et son ton qui lui sont totalement propres. Mélange improbable mais détonnant de western, de fantastique et d’espionnage, cette fiction américaine ne ressemble à aucune autre.

Et pour cause, il s’agit à l’époque de la première série “gay” jamais diffusée sur un écran de télévision. En effet, tout dans l’imagerie de la série renvoie à la symbolique, souvent auto-parodique, de l’homosexualité.

A commencer par le héros: bien que macho, il porte des vêtements souvent moulants et se montre généralement insensible aux femmes. De plus, les aventures dans lesquelles il se lance l’amènent souvent à se retrouver torse nu (qu’il a fort joli d’ailleurs). D’un autre côté, son acolyte se déguise invariablement en homme ou en femme.

Créée par Michael Garrison, ouvertement homosexuel, la série fut diffusée par la chaîne CBS entre 1965 et 1969 (et diffusée en France pour la première fois en 1967). Quatre ans, soit 104 épisodes de 50 minutes, qui suffirent à la série pour laisser sa marque indélébile dans le paysage télévisuel.

L’histoire prend place dans les Etats-Unis vers la fin du 19ème siècle. D’un côté James West interprété par Robert Conrad et de l’autre Artemus Gordon joué par Ross Martin. Ces deux agents du gouvernement fédéral déjouent chaque semaine les complots machiavéliques d’un nain diabolique et hargneux: le docteur Loveless.

Pour cela, ils mettent à profit leurs qualités et capacités respectives. James est un homme d’action, un athlète qui se lance à corps perdu dans la bagarre. Il aime utiliser bon nombre de gadgets: les filins d’acier, des plastics explosifs, des mini-revolvers ou des santiags à double fond. Quant à Artemus, il s’est forgé une spécialité dans l’art du déguisement mais répugne à la violence.

Autre élément particulier: le moyen de locomotion des 2 agents. Si le cheval ne paraît pas farfelu en cette fin du 19ème siècle aux Etats-Unis, la locomotive personnalisée l’est un peu plus.

Habile mélange de genres, la série a su durant ses 4 saisons se renouveler et développer des intrigues suffisamment insolites pour devenir l’objet d’un culte. Elle fut malheureusement interrompue pour une raison qui aujourd’hui plus que jamais nous semble aberrante: des directives contre la violence à la télévision entrèrent en vigueur en avril 1969.

La série fut jugée trop violente et fut purement et simplement retirée des écrans. Et bien qu’un nombre important de fans réclama son retour durant des années, ils durent abandonner tout espoir de voir leur série préférée renaître: Ross Martin, son principal interprète, meurt en 1981.

Pourtant, lorsque la rumeur d’une adaptation cinématographique de leur série préférée commence à circuler à Hollywood, les fans se mettent à trembler. D’excitation et de peur. D’excitation, lorsque l’on apprend que ce sera Barry Sonnenfeld, auteur du déjanté Men In Black, qui s’attaquera à la réalisation. Et de peur lorsqu’il annonce que ce sera Will Smith qui tiendra le rôle principal.

Et là, tout est dit: ce n’est pas un film adapté des Mystères De L’Ouest auquel nous avons droit mais plutôt un film de et avec Will Smith. Pourtant, le film rassemble un bon nombre d’éléments de la série: les accessoires déjantés, les machines infernales, la locomotive et même le docteur Loveless (joué par Kenneth Brannagh)…

Mais l’esprit, le double sens de la série (à savoir, l’homosexualité latente) y est totalement absent. Tout sonne faux dans le film. Ca se veut fou et déjanté, mais ça n’est en réalité qu’une grosse production américaine de l’été. Politiquement correcte et ciblée pour plaire uniquement aux ados.

Ajoutez à cela un scénario et des dialogues d’une bêtise abyssale et vous comprendrez pourquoi le film est loin d’être une réussite. Pour une fois, le public ne s’y est pas trompé: le film programmé pour cartonner ne réussit pas à percer au box-office.

En résumé, encore une adaptation cinématographique d’une série à oublier… D’urgence.

Bien qu'elle fut mal comprise, la série Les Mystères De L'Ouest se situe certainement parmi les séries cultes telles que Chapeau Melon Et Bottes De Cuir, Mission: Impossible ou encore Les Envahisseurs. Tout comme ses illustres consoeurs, cette série se démarque du lot par son style et son ton qui lui sont totalement propres. Mélange improbable mais détonnant de western, de fantastique et d'espionnage, cette fiction américaine ne ressemble à aucune autre. Et pour cause, il s'agit à l'époque de la première série "gay" jamais diffusée sur un écran de télévision. En effet, tout dans l'imagerie de la…

En quelques mots...

Nathanaël Picas
Alexandre Marlier
Sarah Sepulchre
Tilman Villette

Wild Wild West

Critique de l'auteur: Accident industriel pour ce nanar entièrement tourné pour Will Smith, cabotin. Et une vraie trahison de la série originelle. A fuir!

Note des auditeurs/lecteurs Soyez le premier ou la première !

À propos de Nathanaël Picas

Nathanaël Picas a suivi des études de journalisme à l’Université Catholique de Louvain. Sa formation terminée, il a travaillé en tant que journaliste free lance pour la presse écrite et télévisée. Il a également été animateur sur Musiq’3. C’est à cette époque qu’il a rejoint l’équipe d’AFDS. En 2005, il devient attaché de presse dans une agence de communication.

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