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Beau Bridges

Un peu à l’instar de 1990 qui voit l’apparition de Twin Peaks ou de 1993 année de diffusion de Wild Palms, l’année 1998 connaîtra aussi un ovni télévisuel: Maximum Bob. Et un rôle mi-sympathique, mi-malsain pour l’acteur Beau Bridges.

Le personnage du juge Gibbs relance sa carrière télévisuelle. Mais l’air de rien, ce type au visage un peu rond aura non seulement accumulés des rôles intéressants, mais on a aussi l’impression qu’il a fait plus qu’une carrière tellement les décennies se succèdent sans se ressembler.

La première époque, les années ’40 et ’50, est celle des apparitions dans les films ou les séries comme ceux que tournent son père. Lloyd Bridges, d’ailleurs décédé durant cette année 1998, a eu deux spécialités dans sa carrière: les westerns (Fureur Sur La Ville, Le Fils Du Pendu ou Le Passage Du Canyon) puis les comédies un peu graveleuses comme Hot Shot ou la série des Y A-T-Il…?

Quand il débute à la fin des années ’40, Beau Bridges a à peine 8 ans. Il est à l’affiche de deux films de Lewis Milestone: No Minor Vices (1948) et Le Poney Rouge (1949).

Après quelques années de discrétion, au début des années ’60, il revient sur le petit écran en commençant par deux épisodes de la série du paternel : The Lloyd Bridges Show (1962-1963). Puis il enchaîne avec Rawhide, Gunsmoke et Bonanza.

Durant la deuxième époque, de la fin des années ’60 à la fin des années ’80, il se consacre surtout au cinéma. Il est à l’affiche de For Love Of Ivy (1968), Gaily, Gaily (1969), Le Propriétaire (1970), Hammersmith Is Out (1972), Les Yeux De Satan (1972) et Swashbuckler (1976).

Puis il décroche l’un de ses plus grands succès public aux côtés de Michelle Pfeiffer dans Susie Et Les Baker Boys où il donne aussi la réplique à son frère Jeff (1989).

Quelques mots du frangin. Si Beau ne s’illustre plus guère au cinéma, à part dans Jerry Maguire en 1996, Jeff continue sur sa lancée. Il aligne d’ailleurs plus de films intéressants que son grand frère: The Big Lebowski, Arlington Road, K-Pax, L’Homme Qui Vient De Loin. Il sera d’ailleurs nommé quatre fois aux Oscar pour La Dernière Séance (1971), Le Carnardeur (1974), Starman (1984) et Manipulations (2000).

Mais revenons-en à Beau Bridges. La troisième période, celle des années ’90, signe un retour aux sources. Ces rôles décrochés pour le petit écran sont véritablement les plus connus. Et c’est le celui du juge Gibbs qui le relance.

Il fera ensuite des apparitions dans Will & Grace (2001), Everwood (2003), Stargate Atlantis (6 épisodes durant la saison 2005-2006) ou My Name Is Earl (6 épisodes entre 2005 et 2008).

En 2002, Beau Bridges décroche le rôle du sénateur Tom Gage dans The Agency (Espions D’Etat). C’est la série dans laquelle Gil Bellows, le premier amour d’Ally McBeal, a tenté de se reconvertir à l’arrêt de la comédie. Espions D’Etat est d’abord une série d’espionnage durant la première saison.

Puis, un peu à l’instar de A la Maison Blanche, elle se recentre sur les coulisses du pouvoir quand Gloria Reuben et Gil Bellows, qui incarnaient deux des personnages principaux, quittent le programme.

Beau Bridges participe ensuite à une mini-série: Into The West. Le show, produit par Steven Spielberg, s’intéresse aux destins de deux familles de l’Ouest. Les Wheeler, originaires de Virgine et des indiens Lakota qui devront cohabiter dans les grandes plaines de Californie. Into The West glanera les récompenses et le succès critique à sa diffusion en 2005.

Enfin, Beau Bridges entre dans la peau et dans l’uniforme du Général Hank Landry qui dirige l’équipe de Stargate SG-1. Il succède ainsi au général George Hammond (qui était incarné par Don S. Davis) et à Jack O’Neill (Richard Dean Anderson). Le personnage de Hank Landry est également présent dans les adaptations téléfilm de Stargate: Stargate, L’Arche De Vérité (2008) et Stargate Continuum (2008).

Le site allociné considère que Beau Bridges est à l’aise dans tous les registres. Ce n’est pas faux. Il a réussi à passer les décennies, sans trop de casse en tout cas.

En 2008, il renouera d’ailleurs avec un rôle proche de celui du juge Gibbs de Maximum Bob. Pour Lifetime, il incarne dans l’unitaire “Family Practice” un avocat machiavélique qui n’hésite pas à prendre la défense des clients les plus controversés…

À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.
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