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Quatrième Dimension (la)

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“Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais surtout d’esprits. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination. Un voyage au bout des ténèbres, où il n’y a qu’une seule destination : La Quatrième Dimension”.

Rod Serling

Les chefs-d’oeuvre sont souvent d’un seul homme. C’est le cas de La Quatrième Dimension. Il y a fort à parier que cette série ne serait pas ce qu’elle est sans son créateur. Selon la tradition de l’époque, un présentateur ouvre chaque épisode. Rod Serling fut désigné comme intermédiaire entre les spectateurs et l’histoire (parce qu’Orson Welles demandait trop cher). Ce qui ne le réjouit pas. La plupart des séquences que nous voyons ont été tournées à son insu. Les techniciens laissaient la caméra en service pendant qu’il répétait. Il souffrait, en effet, d’un stress terrible quand il se savait à l’antenne.

Il représente donc l’intermédiaire entre la réalité et le monde de l’étrange. Il intervient dans le décor dans lequel évoluent les personnages ou sur un fond neutre. (Parfois, seules ses paroles sont présentes en voix off, ce qui donne un effet de dieu omniscient). C’est sous ce visage qu’il nous est le plus connu, pourtant il ne s’agit que de la partie visible de l’iceberg. La voix off durant l’épisode (en V.O.) est aussi la sienne. il est également le créateur et le principal scénariste de La Quatrième Dimension.

Rodman Edward Serling travaille pour la télévision dès 1951 sur des émissions anthologiques comme “Hallmark Hall of Fame”, “Suspence” ou “Studio One”. L’idée de vendre des scripts pour la télévision lui est venue à la suite d’un concours de nouvelles radiophoniques en 1949. Il avait remporté le deuxième prix. Patterns, un épisode de “The Kraft Television Theater”, lui vaut la reconnaissance du public et le respect des professionnels (1955). La première dramatique de 90 minutes jamais tournée aux Etats-Unis est de lui: “Requiem For A Heavyweight” (Requiem Pour Un Boxeur) fut diffusée dans le cadre de l’anthologie “Playhouse ’90”.

Le succès de “The Time Element”, dans l’anthologie “Desilu Playhouse” en ’58, lui permet de se lancer dans sa propre aventure: “The Twilight Zone”. Le contrat le liant à CBS stipule qu’il devait produire 80 % des scénarios et écrire les autres 20 %. Avec Charles Beaumont (auteur de nouvelles et de scénarios) et Richard Matheson (auteur de nouvelles et de romans fantastiques et de science-fiction), il est à l’origine de presque tous les scénarios de la série. Ils ont chacun leur style et leurs thèmes favoris, on aurait pu craindre un éclatement du sujet mais tous travaillent sous la direction de Rod Serling qui a su préserver la cohérence de l’anthologie.

Après “La Quatrième Dimension” (en 1965), Rod Serling fut engagé sur “The Loner”, une “série western anticonformiste”, selon les termes de Martin Winckler. En 1969, il enchaine avec “The New People”, une série sociale représentant de jeunes étudiants isolés sur une île déserte. “The Night Gallery”, une série tirée d’un téléfilm du même nom, sera sa dernière collaboration avant son décès. Il y était cependant beaucoup moins impliqué que pour “La Quatrième Dimension”. Il ne s’occupait que de la présentation d’histoires surnaturelles la nuit depuis une galerie d’art.

Les séries ne sont pas ses seules occupations. Il est nommé président de l’Académie Nationale des Arts et des Sciences de la Télévision, l’organisme chargé de préparer la remise des Emmy Awards. Il présente le “Rod Serling’s Wonderful World Of…”. Il fait de la radio et écrit pour le cinéma, notamment “La Planète Des Singes” de Franklin J. Schaffner. Il décède des suites d’une opération à coeur ouvert le 28 juin 1975. Il était alors âgé de 51 ans.

Le team de l’étrange

  • Producteurs: Buck Houghson, Del Reusman, Herbert Hirschman, William Froug (qui produira plus tard “Ma Sorcière Bien Aimée“) et Bert Granet.
  • Guest Stars: Robert Redford, Burt Reynolds, Elizabeth Montgomery, James Coburn, Anne Francis, Jackie Cooper, Robert Duvall, Peter Falk, Ross Martin, Buster Keaton, Dick York, Lee Marvin, Ron Howard, Dennis Hopper, Martin Landau, William Shatner, Sydney Pollack, Agnes Moorehead, Burgess Meredith, …
  • Scénaristes: Richard Matheson: il est l’auteur du célèbre “Journal D’un Monstre” (1950) et d’une multitudes d’autres romans SF et fantastiques. Il s’est illustré au cinéma, mais aussi pour la télévision: “Star Trek”, “Alfred Hitchcock’s Hour”, “Annie, Agent Très Spécial”, “Thriller”, “Au Nom De La Loi“, “Cheyenne”, “The Night Stalker”, “Night Gallery”,… Charles Beaumont: il s’agit du pseudonyme du romancier Charles Nutt, qui collabora à plusieurs séries: “Alfred Hitchcock Presents”, “Naked City”, “Thriller”, “Au Nom De La Loi“. il écrira aussi pour le cinéma: “Queen Of Outer Space”, “Burn Witch”, “Burn”, “The Premature Burail”, “The Masque Of The Red Death”. En France, un recueil de ses nouvelles fut publié sous le titre “Là-bas Et Ailleurs”. Ray Bradbury: lui aussi est un auteur de nouvelles. Il est le père des fameuses “Chroniques Martiennes” en 1950. Pour le cinéma, il écrivit le scénario du “Moby Dick” de John Huston. Son oeuvre fut transposée en série TV “The Ray Bradbury Theater”/”Ray Bradbury Présente”. On pourrait encore citer Earl Hammer Jr, George Clayton Jonhson, Henry Slesar.
  • Réalisateurs: John Brahm, Hamont Johnson, Mitchel Leisen, Norman Z. McLeod, Douglas Heyes, Robert Parrish, Jack Smight, Richard Donner, Buzz Kulk et Robert Enrico.
  • Compositeurs: Bernard Herrmann (le compositeur fétiche d’Alfred Hitchcock), Marius Constant (pour le générique le plus connu), Leonard Rosenman, Jerry Goldsmith et Nathan Van Cleave.
  • Récompenses: dès la première saison, la série récolte les honneurs. Le plus notable des prix qu’elle remporta est l’Hugo de la science-fiction, décerné à trois reprises. Serling fut décoré d’un Emmy Award du meilleur scénariste. George T. Clemens a reçu celui de meilleur directeur de la photographie.

Du normal au… bizarre

Les débuts de la série ressemblent à un épisode écrit de la main de Serling. Le 2 octobre 1959, le public, et surtout les dirigeants de CBS, pensent que commence une anthologie comme les autres. “The Kraft Suspense Theater”, “Desilu Playhouse”, “Studio One” ou “Alfred Hitchcock Présente” sont alors à la mode. Chaque semaine, les téléspectateurs découvrent une nouvelle dramatique. Très peu de programmes mettaient en scène des personnages réguliers.

Le pilote de “Twilight Zone”, intitulé “Where Is Everybody”, se termine sur une fin plausible et logique. Rod Serling n’a pas voulu choquer les sensibilités dès le départ. En 9 jours de répétition et de tournage, 3 de montage et 6 heures de négociations, le créateur de génie avait les mains libres pour fabriquer l’une des séries les plus imaginatives de tous les temps.

Car dès le second épisode, la série tombe le masque et prend la forme que nous connaissons. L’anthologie devient alors un échantillon d’histoires issues des veines du fantastiques, de la science-fiction, des contes d’enfants. “Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais aussi d’esprits. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination. Un voyage au bout des ténèbres où il n’y a qu’une destination: la quatrième dimension”.

Le téléspectateur américain entendra encore 156 fois cette introduction (et ses variantes). De 1959 à 1964, 138 épisodes de 26 minutes et 18 de 50 forment les cinq saisons de Twilight Zone sur CBS. Rod Serling affirmait ne pas accorder la moindre importance aux chiffres d’audience. Il décrochait cependant le téléphone assez régulièrement pour s’informer de la progression du programme dans les charts. Au terme de sa première saison, la série réuni 20 millions de téléspectateurs. Plus qu’il n’en faut à CBS pour envisager une deuxième saison. 26 épisodes (contre 36 pour la première) sont signés: la chaîne souhaitant faire quelques économies. Six épisodes seront d’ailleurs tournés sur vidéo (un procédé bien meilleur marché).

Quelques changements radicaux se produisent à la fin de la troisième saison. CBS décide d’abord de laisser tomber le programme de Rod Serling. Finalement 18 épisodes de 50 minutes prennent le chemin du petit écran. “The Twilight Zone” devint alors “Twilight Zone”. Le but de la manoeuvre est de brasser un plus large public. Et, surtout, Rod Serling accepte alors un poste d’enseignant. Il abandonne donc son rôle de superviseur. Même s’il continue à présenter chaque épisode, certains considèrent que la qualité des scénarios s’en ressent (la réalisation, quant à elle, reste exceptionnelle). Ces épisodes de 50 minutes ne convainquent pas… CBS en revient donc au format d’une demi-heure pour une cinquième saison qui sera la dernière… Jusqu’au revival en 1985.

Genre

Les influences de la série sont multiples. Elle flirte constamment avec la science-fiction, l’humour noir, le conte pour enfant, la comédie. Mais le point commun de chaque histoire est la construction invariable: une situation étrange, parfois très proche de la réalité, et une chute surprenante. Par cette caractéristique, l’anthologie s’apparente donc surtout au fantastique.

Ce genre est surtout connu en littérature avec des auteurs tels que Jean Ray ou Thomas Owen. Comès en BD provient également de cette veine très spéciale de l’imaginaire. “La Quatrième Dimension” offre des intrigues digne d’un classique. Dans l’épisode “Tous Les Gens Sont Partout Semblables”, un astronaute est royalement accueilli par des Martiens qui iront jusqu’à lui offrir le confort d’une jolie maison, en fait une cage dans un zoo. Dans “Un Monde A Soi”, un écrivain peut donner vie à ses personnages ou les rendre au néant. Tel est le sort qu’il réserve d’ailleurs à la fin de l’épisode à Rod Serling.

Les héros de l’anthologie sont des individus sans histoire, des quidams sans don particulier. Le décor est celui du quotidien. Une jeune femme attend un autocar, un jeune homme prend son train comme tous les jours, un père de famille voit rentrer sa femme et sa fille des courses. Ces “vous et moi” passent par la quatrième dimension. Sans raison particulière, ils basculent dans l’étrange et parfois ils y restent, au sens propre comme au figuré. Même s’ils en réchappent, leur séjour dans l’étrange les marque à jamais. Rod Serling nous fait explorer des univers incroyables et effroyablement proches. C’est pourquoi, nous ressentons une impression de malaise à la fin de certains épisodes.

Martin Winckler considère qu’on peut comparer “La Quatrième Dimension” au genre littéraire de la fable: “court récit allégorique, en vers ou en prose, contenant une moralité”. Parce qu’il s’agit, non pas de nous faire la morale, mais de nous faire réfléchir. Des voisins se persécutent pour savoir lequel d’entre eux est un monstre. Dans cette rue, la peur s’est installée suite à une rumeur peut-être sans fondement. Comment aurions-nous réagi?

Rod Serling clôt chaque épisode, mais il ne nous livre jamais de solution. La série laisse toute liberté au téléspectateur en ce qui concerne l’interprétation. Qu’elle soit ironique, macabre, heureuse, énigmatique, effrayante ou drôle, la chute clôt la narration, relance la réflexion et l’imaginaire du téléspectateur.

Séduire, intriguer, surprendre, le tout rapidement (le format de 26 minute est celui qui fonctionnait le mieux), telle est la formule magique que Serling avait trouvé d’emblée. Et surtout, telle est la formule qu’il a su préserver… L’anthologie fut d’une qualité constante et elle n’a pas pris une ride. Serling fut aidé dans cette tâche par Matheson et Beaumont (surtout). Le noir et blanc, incontournable à l’époque, donne aujourd’hui une valeur intemporelle à la série.

Entre 4 et 5 reste le crépuscule

“The Twilight Zone” signifie en français la “zone crépusculaire”. Les français l’ont traduit par “La Quatrième Dimension”. Selon la théorie de la relativité d’Einstein, la quatrième dimension désigne le temps… L’allusion semblera claire aux fans de la série. Pourtant, le terme qu’emploie Rod Serling est bien plus vaste que cela. “Je crois l’avoir moi-même inventé, mais j’ai entendu dire depuis qu’il s’agit d’un terme utilisé dans l’U.S. Air Force pour désigner le moment précis où le pilote d’un avion en phase d’atterrissage ne peut plus voir la ligne d’horizon”, explique le créateur. On pourrait aussi y voir la “zone crépusculaire” qui sépare le jour de la nuit dans le ciel.

Quand La 5 programma les nouveaux épisodes en 1986, elle les intitula “La Cinquième Dimension”. Ce titre était plus proche de l’esprit de Rod Serling parce qu’il jouait sur autre chose que le temps. Dans un des discours d’introduction, Rod Serling employa ce concept: “There is a fifth dimension beyond that which is known to man…”. Certains y ont vu un coup de pub: la chaîne en était alors dans sa prime jeunesse.

Si le titre français n’est pas parfait, il reflète, sinon l’esprit complet de la série, son thème principal et favori: le temps. Le temps s’arrête pour un personnage qui possède un montre “magique”. Le temps n’existe plus pour Henry Bimes qui se retrouve seul survivant d’une attaque atomique. Le temps recule pour un homme qui se retrouve face à lui-même enfant alors qu’il revenait dans son village natal. Le temps s’emballe pour un cowboy qui saute de l’année 1846 à 1962. Le temps n’a jamais existé pour ce mannequin de grand magasin qui se réveille chaque nuit pour une existence toujours identique. L’enfer c’est l’éternité pour cet ancien capitaine de sous-marin allemand qui revit chaque jour le calvaire qu’il a imposé aux gens qu’il a tués.

Face à ces bizarreries, nous assistons à une “variation sur les sentiments humains, la fragilité de l’individu et l’angoisse proprement existentielle de l’écoulement du temps” (Martin Winckler). Ce qui fait qu’un homme est un homme, c’est justement ce rapport au temps et donc, à la mort (et accessoirement ses repères quotidiens). Quand on change la donne temporelle (surtout ajouté à une déconstruction des repères), on explore la condition humaine: ses grandeurs, ses craintes, ses petitesses.

Suites et télésuites

Stephen King rend hommage à Rod Serling dans son recueil de nouvelles “Danse Macabre. “La série de Serling est, de toutes les séries américaines de télévision, la seule à défier l’analyse absolue”. Selon l’auteur, “The Twilight Zone n’est réductible à aucun genre, mais elle les contient tous en germe”. Propos que l’on peut tenir pour les séries réellement “cultes” et non pas pour les productions “célèbres”. De là à affirmer que le roi de l’horreur a été influencé par “La Quatrième Dimension”…

Steven Spielberg fut à l’origine de la version grand écran de l’anthologie: “Twilight Zone – The Movie“. Preuve s’il en est que les adaptations du petit au grand écran ne datent pas d’aujourd’hui. Le coup était d’ailleurs lui aussi dans l’eau. Selon Christophe Petit, le film manque singulièrement de corps et ne se résume finalement qu’à un bel objet techniquement réussi. Les effets spéciaux et les créatures y sont, en effet, en tous points remarquables.

Rod Serling lui-même avait pensé transposer son bébé au cinéma. En 1963, Kirk Douglas fut contacté pour un rôle. L’entreprise n’aboutit pas. L’auteur pensa alors à un deuxième scénario d’après l’épisode “C’est Une Belle Vie”. Nada! En ’82, Spielberg annonce son projet de film. Le long métrage allait être composé de 4 intrigues. Spielberg était accompagné de Joe Dante, George Miller et John Landis à la réalisation. Le futur papa d’ET avait demandé l’appui de Richard Matheson, George Clayton Johnson pour les scénarios et de Jerry Goldsmith à la musique. John Landis réalisa un épisode original. Les trois autres se contentèrent de remakes: “C’est Une Belle Vie”, “Cauchemar à 20.000 Pieds” et “Jeu d’Enfants”.

L’accueil réservé au film fut plutôt léger. Cela était probablement dû en partie à un accident survenu durant le tournage. Trois personnes y trouvèrent la mort. Le fait divers fit scandale.

Le Remake

“The Twilight Zone” est devenue culte durant les années ’70. Les dirigeants décident donc de la sortir des archives et de lui donner une nouvelle mouture. La délicate tâche est confiée à Philip DeGuere. Il se targue de garder le même esprit que Rod Serling. Pourtant, le concept déjà est différent. Chaque épisode comporte à présent 2 ou 3 histoires. Retour donc au format d’une heure.

Ici encore l’équipe est composée de maîtres du genre. Les scénarios sont péchés dans les textes d’auteurs: Harlan Ellison, Henry Slesar, Ray Bradbury, Arthur C. Clarke, Stephen King, Theodore Sturgeon, et d’autres. Les adaptateurs ont pour nom Alan Brennert (auteur de romans), Rockne S. O’Bannon, Steven Bochco, ou encore George R. R. Martin (qui travaillera plus tard sur “La Belle Et La Bête”). Dans les rangs des réalisateurs ont aperçoit Wes Craven (Scream), Tommy Lee Wallace (Halloween 3), Peter Medak (La Grande Zorro), Joe Dante (Gremlins), John Milius (Conan Le Barbare) ou Jeannot Szwarc (Les Dents De La Mer 2).

La série fut présentée sur CBS en 1985. Les premiers épisodes ont rassemblés les foules, mais l’audience diminua rapidement. Tous les épisodes de ce revival n’étaient pas de même qualité. La composition en plusieurs parties désarçonna le public. Et puis, il semble que l’anthologie ne faisait plus l’unanimité à l’époque. Plusieurs nouveautés de l’époque ont été des échecs: “Amazing Stories” et le remake d'”Alfred Hitchcock Présente”, par exemple.

Pour la deuxième saison, Harlan Ellison, James Crocker et Alan Brennert quittent la production. Quelques tentatives de retour à des épisodes de 30 minutes composés d’une seule intrigue sont menées. Echec! La troisième saison ne verra jamais le jour. C’est ce programme que la jeune 5 programma en 86 sous le titre de “La Cinquième Dimension”. Il passa pratiquement inaperçu et ne bénéficia d’aucune promotion.

En 1987, CBS passe un accord avec MGM-United Artists pour produire 30 épisodes supplémentaires de 26 minutes. ils étaient destinés à la syndication. Ils sont vendus avec les épisodes de la “Deuxième Twilight Zone”. Pour donner une cohérence à l’ensemble, le voix de l’acteur Charles Aidman, qui figurait en introduction dans le générique, est effacée et remplacée par celle de Robin Ward. Une seule saison voit le jour. Seulement quelques épisodes ont été diffusés par la 5 de façon anarchique. La “Deuxième” et la “Troisième Twilight Zone” comprennent en tout 65 épisodes.

La série et l’Europe

La première chaîne de l’ORTF programme 12 épisodes de “La Quatrième Dimension” en 1965. Les introductions et conclusions de Rod Serling sont retirées. La France est partagée, les “contre” crient le plus fort et la série disparaît des ondes jusqu’en 1984. L’excellentissime émission Temps X (sur TF1, mais si, souvenez vous des frères Bogdanoff, Alain Carrazé y a eu une grande influence) fait redécouvrir 66, puis 40 épisodes au public français et belge. “La Quatrième Dimension” remplace “Le Prisonnier” qui vient de se terminer. TF1 achète alors les droits des 138 épisodes de trente minutes (les 50 minutes sont restés longtemps inédits). La plupart d’entre-nous se souvient probablement plus de la nouvelle diffusion dans le cadre de la “Une Est A Vous” (1991-1992 toujours sur TF1). La Cinq et TMC ont aussi placé le programme dans leurs grilles.

La Quatrième Dimension et le reste

La femme de Rod Serling, Carole, a fondé un magazine consacré à l’oeuvre maîtresse de son mari. “The Rod Sterling’s Twilight Zone Magazine” voit le jour en 1981. On y trouve des articles sur la série (et ses revivals) et sur son auteur ainsi que ses collaborateurs et leur nouvelles productions. L’endroit est aussi mis à profit pour publier des nouvelles illustrant les mêmes genres que l’anthologie, soit la science-fiction, le fantastique, l’étrange et l’insolite. Enfin, les journalistes y suivaient l’actualité du fantastique, notamment au cinéma. Le bimensuel a disparu en 1989.

Plusieurs anthologies reprennent des scripts de “La Quatrième Dimension” adapté à l’écrit par Rod Serling: “Stories From The Twilight Zone” (1960), “More Stories From The Twilight Zone” (61), “New Stories From The Twilight Zone” (1962), “Night Gallery” (1971) et “Nigth Gallery 2” (1972). En France, le recueil “New Stories From The Twilight Zone” a fait l’objet d’une traduction dans la collection “Superlights” aux Presses de la Cité. “La Quatrième Dimension”, “Nouvelles Histoires De La Quatrième Dimension”, “Les Meilleures Histoires De La Quatrième Dimension” contiennent des nouvelles basées sur les scripts de la série.

"Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais surtout d’esprits. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination. Un voyage au bout des ténèbres, où il n’y a qu’une seule destination : La Quatrième Dimension". Rod Serling Les chefs-d'oeuvre sont souvent d'un seul homme. C'est le cas de La Quatrième Dimension. Il y a fort à parier que cette série ne serait pas ce qu'elle est sans son créateur. Selon la tradition de l'époque, un présentateur ouvre chaque épisode. Rod Serling fut désigné…

En quelques mots...

Sarah Sepulchre
Alexandre Marlier

La Quatrième Dimension

Critique de l'auteur: La Quatrième Dimension a forcément des airs d'un autre temps puisqu'elle date de 1959. Mais elle est magistrale. Les histoires, les acteurs, les ambiances, les décors... Tout est superbe dans cette série parfois flippante.

Note des auditeurs/lecteurs 4.8 ( 1 votes)

À propos de Sarah Sepulchre

Sarah Sepulchre est professeure à l’Université de Louvain (UCL, Belgique). Ses recherches portent sur les médias, les fictions, les cultures populaires, les gender studies et particulièrement sur les représentations, les liens entre réalité et fiction. Sa thèse de doctorat était centrée sur les personnages de séries télévisées.

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