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Séries Mania 2018: Episode 2

 

Séries Mania 2018 se poursuit au fil des projections et rencontres. De belles surprises, mais aussi parfois de moins bonnes…

Au rayon des très jolies découvertes, la série russe inédite “An Ordinary Woman” présentée ce dimanche au Nouveau Siècle, dans la compétition officielle. Créée par Valery Fedorovich et Evgeny Nikishov, elle met en scène l’actrice internationale Anna Mikhalkova dans le rôle de Marina, une mère de famille de 39 ans, fleuriste de son état, mais qui cache à tous, même à son mari, son vrai travail: mère maquerelle.

Une activité lucrative qui risque de basculer lorsque l’une de ses escorts est retrouvée morte étranglée dans une chambre d’hôtel. S’ajoute à cela une fille aînée en pleine crise d’adolescence, sa petite soeur qui s’automutile, un mari médecin peu présent et dont la maîtresse est enceinte, une belle-mère plus qu’envahissante… Bref, le petit monde de Marina n’est pas assez compliqué que pour encore y ajouter une grossesse qui se passe mal avec un diagnostic vital engagé pour l’enfant à naître.

Une plongée très perturbante dans l’univers de la fiction russe. Ce résumé peut paraître too much, mais au final, tous les problèmes des personnages évoqués plus haut coulent finalement de source. Une fiction tout en finesse donc, où la culture russe du jeu d’acteur sobre, tout en retenue, est mise à profit pour faire passer les émotions par d’autres biais: gestes, regards, silences… sont les marques de nombreuses émotions que les expressions faciales des comédiens ne laissent pas passer.

Reste à savoir si un diffuseur européen aura l’audace et l’envie d’acheter “An Ordinary Woman” et fera découvrir cette culture sérielle russe qui est peu ou pas présente sur nos écrans jusqu’à présent.

Du côté des moins bonnes surprises était diffusée dimanche soir en avant première mondiale “American Woman”. Cette dramédie douce amère de Warner Horizon créée par John Wells (Urgences, A La Maison Blanche) et John Riggi (30Rock, Mon Comeback) pour Paramount Channel est basée sur l’enfance de l’actrice Kyle Richards. Nous sommes en plein dans les années ’70 à Los Angeles. On y découvre Bonnie, une quadragénaire qui a abandonné toute ambition ou carrière professionnelle pour son mari et l’éducation de ses filles, comme c’est généralement le cas à cette époque.

Alors qu’une nouvelle vague de féminisme atteint les Etats-Unis, Bonnie se rend compte que son mari la trompe, mais qu’en plus, c’est un escroc et qu’ils ont tout perdu. Commence son combat pour conserver sa maison et sa vie avec ses filles à Beverly Hills, de l’ouverture de son premier compte en banque à la recherche de son premier emploi sans qualification, en passant par la vente de ses bijoux chez un prêteur sur gage pour tenter de survivre.

Passée la surprise de découvrir Alicia Silverstone en mère quadra dans un rôle que n’aurait pas renié la Kathleen Turner enchoucroutée de la fin des années ’80, l’actrice de Clueless semble bien, malgré tous ses efforts louables, ne pas avoir la carrure pour un tel rôle. Et c’est bien là tout le problème de cette série.

Les seconds rôles sont impeccables: Jennifer Bartels en self-made woman, Mena Suvari en riche héritière potiche et Cheyenne Jackson en gigolo gay de cette dernière. Les décors et la réalisation sont eux aussi plutôt réussi.

L’intrigue féministe qui évoque la condition de la femme à cette époque est nécessaire (même si un peu trop dans l’air du temps pour ne pas être un peu opportuniste). Mais l’actrice principale n’est absolument pas crédible malgré ses nombreux efforts. Sans compter que la dramédie, si elle n’émeut pas, ne fait que peu sourire, et lorsque c’est le cas, c’est souvent à ses dépends. Les spectateurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, une partie de la salle étant sortie avant la diffusion du 3ème épisode proposé.

Enfin, Séries Mania, ce sont aussi des rencontres avec les professionnels, et l’occasion d’une discussion entre le Président du jury Chris Brancato et notre confrère de Télérama Pierre Langlais. L’occasion pour le réalisateur et scénariste de revenir sur sa riche carrière, de ses début sur Beverly Hills 90210 à ses dernières créations comme Narcos ou The Godfather Of Harlem, actuellement en pré-production.

Une rencontre durant laquelle il a avoué que scénariste de série était au départ un choix non pas artistique mais bien financier, avant que la passion ne l’emporte. Ce fût également l’occasion de revenir sur sa participation en tant que scénariste sur X-Files ou sur sa première création: First Wave.

Pour cette dernière, une série produite par Francis Ford Coppola, l’idée lui est venue du constat que dans les fictions mettant en scène des aliens envahisseurs, les petits hommes verts sont toujours vainqueurs jusqu’aux toutes dernières minutes où le héros vient sauver l’humanité. Son idée a alors été de se poser la question: et si les extra-terrestre qui venaient nous coloniser n’étaient pas certains de gagner? S’ils doutaient de leurs facultés à nous éliminer? De là est venu le postulat de départ de la série: des tests faits sur un panel d’êtres humains qui vont mourir dans des conditions absolument horribles, mais l’un d’entre-eux est le grain de poussière qui pourrait enrayer la machine.Tout cela prédit par des prophéties de Nostradamus au sein de ses célèbres quatrains énoncés au début de chaque épisode… Des quatrains imaginés pour l’occasion par Chris Brancato lui-même!

Pour l’heure, Séries Mania Saison 9 Lille Haut-de-France se poursuit et nous aurons encore quelques belles découvertes à vous faire partager dans les prochaines heures.

À propos de Alexandre Marlier

Alexandre Marlier est journaliste et animateur radio. Il a notamment travaillé pour les réseaux belges « Nostalgie » et « Sud Radio ». Il travaille également en presse écrite. Il a ainsi écrit, entre autres, plusieurs articles pour le défunt « Génération Séries ». Il est également membre de l'A.C.S., l'Association des Critiques de Séries. Enfin, Alex est « Casting Voix » ou « Voix Off » pour des documentaires, films d’entreprises, ...
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